Planification successorale pour un bénéficiaire ayant un handicap au Canada

Par Jose Salloum, Conseiller en sécurité financière  |  Juin 2026


Divulgation importante — Portée des conseils : Cet article est de l’information générale sur la planification successorale pour un bénéficiaire ayant un handicap au Canada et n’est pas un conseil juridique, financier ou fiscal. L’interaction entre un héritage et les prestations provinciales d’invalidité établies sous condition de ressources est technique et varie selon la province. Des outils comme les fiducies Henson et le Régime enregistré d’épargne-invalidité doivent être établis et coordonnés correctement pour atteindre la protection voulue. Cette planification ne peut être évaluée qu’individuellement. Consultez un avocat expérimenté dans la planification pour les bénéficiaires ayant un handicap et, au Québec, un notaire, en coordination avec des conseils financiers et fiscaux.


Points clés

  • Plusieurs soutiens provinciaux aux personnes handicapées sont établis sous condition de ressources, alors un héritage laissé directement peut réduire ou éliminer les prestations d’une personne — la laissant globalement dans une pire situation.
  • Une fiducie Henson correctement structurée — où le fiduciaire a une discrétion absolue — peut détenir l’héritage sans qu’il compte comme le propre actif du bénéficiaire.
  • Le Régime enregistré d’épargne-invalidité (REEI) est un puissant outil d’épargne à long terme soutenu par le gouvernement, souvent utilisé aux côtés d’une fiducie Henson plutôt qu’à sa place.
  • Les règles sont techniques et varient selon la province, et le cadre du Québec diffère — c’est une planification spécialisée qui doit être faite avec un avocat ou un notaire expérimenté.

Pour un parent ou un membre de la famille d’une personne ayant un handicap, peu de questions pèsent plus lourd que celle-ci : comment m’assurer qu’on pourvoira aux besoins de mon proche après mon départ? C’est une question posée par amour profond et par une préoccupation bien réelle — et c’est une question où l’approche ordinaire pour léguer un héritage peut, de façon déchirante, faire plus de mal que de bien. Voici la difficulté qui prend tant de familles au dépourvu : léguer de l’argent directement à un membre de la famille ayant un handicap, de la façon naturelle dont la plupart des gens laissent un héritage, peut en réalité compromettre les soutiens mêmes dont cette personne dépend. Plusieurs prestations provinciales d’invalidité sont établies sous condition de ressources, et un héritage direct peut les réduire ou même les éliminer, de sorte qu’un don destiné à améliorer la vie d’un proche peut involontairement miner sa stabilité. La bonne nouvelle — et c’est une nouvelle véritablement bonne — est que ce problème est bien compris, et que le droit canadien prévoit des outils établis et efficaces conçus précisément pour le résoudre. Avec la bonne planification, une famille peut pourvoir de façon significative aux besoins d’un membre ayant un handicap tout en protégeant pleinement ses prestations. Cet article explique le problème clairement, puis parcourt les principales solutions — la fiducie Henson et le Régime enregistré d’épargne-invalidité — comment elles fonctionnent ensemble, pourquoi les différences provinciales comptent, et comment le Québec s’y insère. Le but est de remplacer l’inquiétude par la compréhension, afin que ce plus important geste de soin puisse être fait correctement. Aucune famille ne devrait découvrir trop tard qu’un legs offert par amour a fragilisé celui qu’il devait protéger.


Le problème : pourquoi un héritage direct peut se retourner contre vous

Commençons par le problème, clairement énoncé, car le comprendre est ce qui donne un sens aux solutions. C’est un problème enraciné dans la façon dont les soutiens à l’invalidité sont structurés au Canada, et il est entièrement contre-intuitif pour la plupart des gens.

Plusieurs des programmes de soutien à l’invalidité sur lesquels les gens comptent sont provinciaux, et plusieurs d’entre eux sont établis sous condition de ressources — ce qui signifie que l’admissibilité dépend en partie des actifs et du revenu de la personne. Ces programmes sont conçus pour soutenir les personnes dont les ressources tombent sous certains seuils. Or, considérez ce qui arrive lorsque quelqu’un recevant ces soutiens hérite d’argent ou de biens de la manière ordinaire, laissés directement par testament. Cet héritage est généralement compté comme l’actif ou le revenu de la personne. S’il la pousse au-dessus des seuils du programme, il peut réduire ses prestations ou la disqualifier entièrement. Et de façon cruciale, la perte n’est souvent pas seulement le soutien du revenu mensuel — beaucoup de programmes viennent groupés avec d’autres soutiens importants, comme la couverture de certains médicaments, besoins médicaux, ou aide au logement, qui peuvent être perdus avec la prestation de revenu. Ainsi, la personne peut finir par perdre des soutiens stables et à vie et les prestations liées qui les accompagnent, remplacés par une somme forfaitaire qui, aussi généreuse soit-elle, finira par être dépensée — après quoi elle doit se requalifier pour les prestations, souvent un processus difficile. Le résultat est profondément injuste envers l’intention derrière le don : un parent qui a travaillé fort pour laisser quelque chose à son enfant ayant un handicap peut, sans le savoir, laisser cet enfant dans une pire situation que s’il n’avait rien laissé du tout. C’est ce déchirement que la planification adéquate existe pour prévenir. Ce n’est pas une raison de ne rien laisser — loin de là. C’est une raison de le laisser de la bonne façon. Et c’est précisément ce que les outils décrits ensuite sont conçus pour faire : permettre à une famille de pourvoir généreusement tout en gardant les prestations de la personne pleinement intactes. Comprendre le problème est la première étape; les solutions en découlent naturellement. Une fois qu’on saisit pourquoi le legs direct nuit, la logique des outils qui suivent devient limpide.


La fiducie Henson : l’outil central

L’outil le plus important pour cette situation est un type particulier de fiducie, communément appelée fiducie Henson. Comprendre comment elle fonctionne — et pourquoi elle fonctionne — est central à une bonne planification pour un bénéficiaire ayant un handicap.

Une fiducie Henson est une fiducie conçue pour bénéficier à une personne ayant un handicap sans que les actifs de la fiducie soient comptés comme les propres actifs du bénéficiaire aux fins de l’admissibilité aux prestations. La clé de la façon dont elle y parvient réside dans une caractéristique déterminante : le fiduciaire a une discrétion absolue quant à savoir si, quand et combien distribuer au bénéficiaire. Le bénéficiaire n’a aucun droit automatique d’exiger les fonds — il ne peut contraindre le fiduciaire à payer. Cela importe énormément, car c’est précisément l’absence de contrôle du bénéficiaire sur les actifs qui empêche généralement ces actifs d’être comptés comme les siens lorsque son admissibilité aux prestations est évaluée. Les fonds se trouvent dans la fiducie, gérés par le fiduciaire, et peuvent être utilisés à la discrétion du fiduciaire pour améliorer la qualité de vie du bénéficiaire de façons qui vont au-delà de ce que couvrent les prestations de base — des choses qui rendent la vie plus riche et plus confortable, tandis que les prestations essentielles et leurs soutiens liés demeurent intacts. C’est là l’élégance de l’arrangement : la personne garde ses prestations et a aussi accès, par l’entremise du fiduciaire, à des ressources supplémentaires qui améliorent sa vie. Quelques points importants méritent d’être soulignés. La fiducie tire son nom d’une cause juridique canadienne, et bien que le concept soit bien établi, son traitement n’est pas identique à travers le pays — certaines provinces reconnaissent et accommodent les fiducies Henson plus clairement que d’autres, et les détails des règles provinciales applicables comptent grandement. Le choix du fiduciaire est aussi crucial, car cette personne ou institution exercera son jugement au nom du bénéficiaire, potentiellement pendant des décennies. Et la fiducie doit être rédigée correctement — une fiducie mal structurée pourrait ne pas fournir la protection voulue, ce qui est tout l’objectif. Pour toutes ces raisons, une fiducie Henson n’est pas un projet à faire soi-même; elle doit être établie avec un avocat expérimenté dans ce domaine spécialisé. Faite correctement, cependant, c’est une façon véritablement puissante de prendre soin d’un proche ayant un handicap. C’est un instrument à la fois juridique et profondément humain, qui prolonge votre attention bien au-delà de votre présence.


Le REEI : un puissant outil complémentaire

Aux côtés de la fiducie Henson se trouve un autre outil important, créé spécifiquement pour aider à bâtir la sécurité financière des personnes handicapées : le Régime enregistré d’épargne-invalidité, ou REEI. Comprendre comment il complète une fiducie complète le portrait.

Le REEI est un régime d’épargne enregistré fédéral offert à une personne qui est admissible au crédit d’impôt pour personnes handicapées. Il est conçu pour bâtir une sécurité financière à long terme, et il possède quelques caractéristiques véritablement précieuses. Les cotisations croissent à l’abri de l’impôt de façon différée, et — de façon importante — le régime peut attirer des subventions gouvernementales qui s’ajoutent à ce que la famille cotise, et, dans les situations à revenu plus faible, des bons gouvernementaux qui ajoutent des fonds même sans cotisations familiales. Cela fait du REEI un véhicule d’épargne à long terme exceptionnellement puissant, car le soutien gouvernemental peut considérablement augmenter ce qui est mis de côté. Aux fins de l’admissibilité aux prestations, les actifs et les retraits du REEI sont, dans la plupart des provinces, traités favorablement et ne réduisent généralement pas les prestations provinciales d’invalidité — bien que, comme pour tout dans ce domaine, le traitement exact devrait être confirmé pour la province précise. En planification successorale, le REEI est typiquement utilisé avec une fiducie Henson plutôt que comme un remplacement de celle-ci, car les deux font des travaux différents. Le REEI est excellent pour l’accumulation à long terme soutenue par le gouvernement, mais il comporte des règles de cotisation, des règles régissant les subventions et bons, et des règles sur les retraits — y compris des dispositions sur ce qui arrive si de l’argent est retiré plus tôt que prévu, ce qui peut exiger de rembourser certaines contributions gouvernementales. Une fiducie Henson, en revanche, offre de la flexibilité, peut détenir une gamme plus large et un montant plus important d’actifs, et procure de la discrétion. Utilisés ensemble, ils peuvent être complémentaires : le REEI bâtissant une épargne soutenue par le gouvernement au fil du temps, la fiducie fournissant des ressources supplémentaires flexibles. Parce que coordonner un REEI avec une fiducie et avec le plan successoral global implique à la fois les règles fédérales du REEI et les règles provinciales de prestations, c’est un autre domaine pour des conseils professionnels de conseillers qui comprennent les deux. Compris et utilisé correctement, le REEI est une partie précieuse de la façon de pourvoir aux besoins d’un proche ayant un handicap. Le soutien gouvernemental qu’il attire en fait un allié rare : peu de véhicules d’épargne sont ainsi bonifiés de l’extérieur.


Coordonner les pièces — et choisir un fiduciaire

Ayant regardé les outils individuellement, il vaut la peine de prendre du recul pour voir comment ils s’assemblent en un plan coordonné, car les pièces fonctionnent le mieux de concert, et une décision en particulier — le choix du fiduciaire — mérite une réelle réflexion.

Un plan bien conçu pour un bénéficiaire ayant un handicap combine habituellement plusieurs éléments. Le testament ordonne que l’héritage prévu s’écoule dans une fiducie correctement structurée plutôt qu’au bénéficiaire directement. Cette fiducie — souvent une fiducie Henson avec discrétion absolue — détient et gère les fonds pour améliorer la vie du bénéficiaire sans déplacer ses prestations. Un REEI peut être établi et financé pour bâtir une épargne à long terme soutenue par le gouvernement. Et ceux-ci sont coordonnés afin qu’ils fonctionnent ensemble plutôt qu’à contre-courant, avec attention aux règles provinciales de prestations précises qui régissent les soutiens du bénéficiaire. L’assurance vie est parfois utilisée comme moyen de financer une telle fiducie, fournissant une somme au décès qui s’écoule dans la fiducie pour le bénéfice à long terme du bénéficiaire; savoir si cela convient dépend entièrement des circonstances de la famille et devrait être considéré comme une option parmi plusieurs avec des conseils appropriés. Traversant tout cela se trouve le choix du fiduciaire, dont l’importance ne peut être exagérée. Le fiduciaire exercera sa discrétion au nom d’une personne vulnérable, potentiellement pendant de nombreuses années ou décennies. Il doit être digne de confiance, capable de gérer les fonds avec prudence, prêt à assumer une responsabilité à long terme, et sensible aux besoins et à la dignité du bénéficiaire. Certaines familles choisissent une personne de confiance; certaines choisissent un fiduciaire professionnel ou institutionnel; certaines utilisent une combinaison. Il n’y a pas de réponse unique, mais la décision mérite une réflexion attentive, car la fiducie ne vaut que ce que vaut la personne qui l’administre. Le point primordial est que c’est une planification coordonnée et spécialisée — non un document unique mais un arrangement de pièces fonctionnant ensemble, adapté à l’individu et à sa province. C’est pourquoi elle doit être bâtie avec des professionnels qui font ce travail, afin que chaque pièce s’emboîte et que la protection tienne réellement. Un plan cohérent vaut infiniment mieux qu’une collection de bonnes idées qui se contredisent entre elles.


Une note sur le Québec et la variation provinciale

Parce qu’une si grande partie de ceci dépend des règles provinciales, un mot sur la variation en général, et sur le Québec en particulier, est essentiel — peut-être plus ici que dans presque tout autre domaine de la planification successorale.

Deux couches de variation provinciale importent. Premièrement, les programmes de prestations d’invalidité eux-mêmes sont provinciaux, et leurs règles de condition de ressources — y compris la façon dont ils traitent les fiducies, les héritages et les REEI — diffèrent d’une province à l’autre. Ce qui protège les prestations dans une province peut fonctionner différemment dans une autre, alors le plan doit être bâti autour des règles précises de la province où le bénéficiaire vit. Deuxièmement, le traitement juridique des outils varie : la reconnaissance et le maniement d’une fiducie Henson ne sont pas uniformes à travers le pays, ce qui est une autre raison pour laquelle la planification doit être propre à la province. Le Québec ajoute une dimension supplémentaire et importante, car il opère sous le droit civil plutôt que la common law. Le concept de fiducie existe au Québec — le Code civil le prévoit — mais le droit des fiducies du Québec, son cadre successoral, et ses programmes de soutien à l’invalidité suivent tous les propres règles du Québec, qui diffèrent des provinces de common law. Une structure ou stratégie de fiducie décrite pour le Canada de common law ne peut être présumée fonctionner de la même façon, ou dans la même forme, au Québec. Les résidents du Québec planifiant pour un membre de la famille ayant un handicap ont besoin de conseils ancrés spécifiquement dans le droit québécois — d’un notaire ou d’un avocat familier à la fois avec le cadre des fiducies et des successions du Québec et avec les programmes de soutien à l’invalidité du Québec. Le REEI, étant un régime fédéral, est offert à travers le pays y compris au Québec, mais la façon dont il interagit avec les soutiens provinciaux du Québec doit tout de même être confirmée localement. Le message essentiel est le même partout mais particulièrement pointu ici : c’est une planification spécialisée et propre à la juridiction, et les conseils généraux ne remplacent pas des conseils ancrés dans la propre province du bénéficiaire. Ce qui protège parfaitement dans une province peut échouer complètement dans une autre, et la nuance fait toute la différence.


Les erreurs courantes à éviter

Parce que c’est un territoire spécialisé où les bonnes intentions peuvent mal tourner, il est utile de nommer les erreurs que les familles font le plus souvent, afin qu’elles puissent être évitées. Chacune est compréhensible, et chacune peut défaire la protection même qu’une famille tente de fournir.

La première et la plus lourde de conséquences est simplement de laisser l’héritage directement — nommer le membre de la famille ayant un handicap directement dans le testament, comme on le ferait naturellement pour tout autre enfant. Comme nous l’avons vu, c’est précisément ce qui peut compromettre ses prestations établies sous condition de ressources, et c’est l’erreur que la planification adéquate existe pour prévenir. Une deuxième erreur, étonnamment courante, est l’arrangement informel : laisser l’argent à un frère, une sœur ou un autre parent avec l’entente qu’il « prendra soin » de la personne ayant un handicap. C’est semé de problèmes — l’argent appartient légalement au frère ou à la sœur, il est donc exposé aux propres créanciers de cette personne, à une rupture de mariage, ou à son décès; il n’y a aucune obligation légale de l’utiliser pour la personne visée; et cela peut mettre à rude épreuve les relations familiales. Ce qui semble une solution simple et confiante est en réalité l’une des plus risquées. Une troisième erreur est une fiducie mal rédigée — une fiducie qui ne donne pas au fiduciaire une véritable discrétion absolue, ou qui n’est pas structurée pour respecter les règles provinciales précises, peut échouer à protéger les prestations malgré les meilleurs efforts de la famille, c’est pourquoi la rédaction doit être faite correctement. Une quatrième est de nommer la personne directement comme bénéficiaire d’un régime enregistré ou d’une police d’assurance vie sans considérer les conséquences sur les prestations, puisque des sommes versées directement peuvent soulever le même problème qu’un héritage direct; là où une fiducie est utilisée, l’arrangement doit être coordonné afin que les actifs s’écoulent dans la fiducie plutôt qu’à la personne directement. Une cinquième est de ne pas garder le plan à jour, puisque les règles de prestations, les circonstances familiales et la situation du bénéficiaire peuvent toutes changer avec le temps. Aucune de ces erreurs n’est faite par autre chose que l’amour, ce qui est exactement pourquoi elles valent la peine d’être signalées — les bonnes intentions ne suffisent pas ici; la structure doit être juste. Éviter ces pièges est en grande partie une question de travailler avec quelqu’un qui fait cette planification régulièrement et sait où se trouvent les pièges. Cette expertise est ce qui transforme une intention aimante en un plan qui tient réellement. Le soin que vous portez à votre proche mérite d’être traduit dans une structure aussi solide que ce soin est sincère.


Quoi faire de tout cela

Alors, où cela laisse-t-il une famille qui souhaite pourvoir aux besoins d’un proche ayant un handicap? Dans un endroit plein d’espoir, car le message central est rassurant : ce problème est soluble, et les outils pour le résoudre sont bien établis. La clé est de planifier délibérément et avec la bonne aide.

La première chose à retenir est ce qu’il ne faut pas faire : ne laissez pas un héritage directement à un membre de la famille ayant un handicap qui dépend de prestations établies sous condition de ressources, car cela peut compromettre ces prestations et le laisser dans une pire situation. La deuxième est que vous n’avez pas à laisser moins — vous devez simplement le laisser dans la bonne structure. Avec une planification adéquate, vous pouvez pourvoir généreusement tout en gardant chaque prestation intacte. Les outils sont là : une fiducie correctement structurée, souvent une fiducie Henson avec discrétion absolue, pour détenir l’héritage; un REEI pour bâtir une épargne à long terme soutenue par le gouvernement; un choix attentif d’un fiduciaire qui servira bien le bénéficiaire à long terme; et la coordination de tout cela avec votre plan successoral global et les règles précises de votre province. Parce que c’est véritablement technique, varie selon la province, diffère au Québec, et comporte de réelles conséquences si mal fait, il est essentiel de travailler avec un avocat expérimenté spécifiquement dans la planification pour les bénéficiaires ayant un handicap — au Québec, un notaire — coordonné avec des conseils financiers et fiscaux. Ce n’est pas un domaine pour les raccourcis ou les modèles génériques; les enjeux pour votre proche sont trop élevés, et les règles trop particulières. Mais abordée correctement, elle offre quelque chose de profondément rassurant : la confiance que la personne que vous aimez sera prise en charge, ses prestations protégées et sa vie enrichie, longtemps après que vous ne puissiez plus être là vous-même. Cette tranquillité d’esprit vaut l’effort de bien la planifier.

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Divulgation importante : Cet article est de l’information éducative générale et n’est pas un conseil juridique, financier ou fiscal. L’interaction entre un héritage et les prestations provinciales d’invalidité établies sous condition de ressources est technique et varie selon la province, et le cadre du Québec diffère. Les fiducies Henson et les REEI doivent être établis et coordonnés correctement. Consultez un avocat expérimenté dans la planification pour les bénéficiaires ayant un handicap — au Québec, un notaire — avec des conseils financiers et fiscaux. La lecture de cet article ne crée pas de relation professionnelle-client.


Foire aux questions

Pourquoi léguer un héritage directement à une personne ayant un handicap peut-il causer des problèmes?
Parce que plusieurs soutiens provinciaux à l’invalidité sont établis sous condition de ressources — l’admissibilité dépend en partie des actifs et du revenu de la personne. Un héritage direct peut être compté comme un actif ou un revenu et peut réduire ou éliminer l’admissibilité, y compris non seulement le soutien du revenu mensuel mais aussi des soutiens liés comme certaines prestations médicales, de médicaments ou de logement rattachées au programme. Ainsi, un héritage bien intentionné laissé de la manière ordinaire peut laisser une personne ayant un handicap dans une pire situation globale, remplaçant des soutiens stables à vie par une somme forfaitaire qui finit par s’épuiser. C’est l’un des enjeux les plus importants et les moins compris de la planification successorale pour ces familles. La bonne nouvelle : le droit canadien prévoit des outils établis — une fiducie Henson correctement structurée et le REEI — qui laissent une famille pourvoir sans compromettre les prestations. Mais les règles sont techniques, varient selon la province, et doivent être établies correctement, alors des conseils juridiques spécialisés sont essentiels. Information générale, non un conseil juridique ou financier.

Qu’est-ce qu’une fiducie Henson?
Une fiducie utilisée pour bénéficier à une personne ayant un handicap sans la disqualifier des prestations provinciales établies sous condition de ressources. Sa caractéristique déterminante est que le fiduciaire a une discrétion absolue quant à savoir si et quand distribuer les fonds — le bénéficiaire n’a aucun droit automatique d’exiger l’argent. Parce que le bénéficiaire ne peut contraindre une distribution, les actifs de la fiducie ne sont généralement pas traités comme les siens aux fins de l’admissibilité, ce qui laisse la fiducie compléter sa qualité de vie sans déplacer les prestations. Les fonds peuvent être utilisés à la discrétion du fiduciaire pour des choses au-delà de ce que couvrent les prestations de base. Elle tire son nom d’une cause juridique canadienne; le concept est bien établi, mais le traitement n’est pas uniforme au pays — certaines provinces l’accommodent plus clairement que d’autres, et les règles précises comptent. L’établir correctement est essentiel, puisqu’une fiducie mal rédigée pourrait ne pas atteindre la protection. Établissez toujours une fiducie Henson avec un avocat expérimenté dans ce domaine. Information générale, non un conseil juridique.

Qu’est-ce que le REEI et comment aide-t-il?
Le Régime enregistré d’épargne-invalidité est un régime enregistré fédéral pour aider à bâtir une sécurité à long terme pour une personne admissible au crédit d’impôt pour personnes handicapées. Les cotisations croissent à l’abri de l’impôt de façon différée, et le régime peut attirer des subventions fédérales et, pour les situations à revenu plus faible, des bons — ce qui en fait un puissant outil d’épargne à long terme. Dans la plupart des provinces, les actifs et retraits du REEI sont traités favorablement et ne réduisent généralement pas les prestations provinciales d’invalidité, bien que le traitement exact puisse varier et devrait être confirmé provincialement. En planification successorale, le REEI est souvent utilisé aux côtés d’une fiducie Henson plutôt qu’à sa place : le REEI pour l’épargne à long terme soutenue par le gouvernement; la fiducie pour la flexibilité, une gamme plus large d’actifs, et des montants plus importants. Il y a des règles sur les cotisations, les subventions et bons, et les retraits, y compris des dispositions si les fonds sortent tôt. Parce que coordonner un REEI avec une fiducie et un plan global est technique, travaillez avec des professionnels qui comprennent à la fois le REEI et les règles provinciales de prestations. Information générale, non un conseil financier.

Comment devrais-je léguer de l’argent à un membre de ma famille ayant un handicap?
Il n’y a pas de réponse unique — cela dépend de la situation de la personne, de la province, des prestations, et des circonstances de la famille — mais le principe essentiel est clair : l’argent pour un membre de la famille ayant un handicap ne devrait généralement pas lui être laissé directement s’il dépend de prestations établies sous condition de ressources, car cela peut compromettre ces prestations. Les familles utilisent plutôt des outils conçus à cette fin. Une fiducie correctement structurée, souvent une fiducie Henson où le fiduciaire détient une discrétion absolue, peut détenir l’héritage et améliorer la vie de la personne sans compter comme son actif. Un REEI peut fournir une épargne à long terme soutenue par le gouvernement. Ceux-ci sont souvent utilisés ensemble, avec un choix attentif d’un fiduciaire pour bien le gérer pendant de nombreuses années. L’assurance vie est parfois utilisée pour financer une telle fiducie. La bonne combinaison dépend des circonstances individuelles et des règles provinciales, qui varient et sont techniques. Parce que bien faire les choses protège à la fois l’héritage et les prestations continues, planifiez toujours avec un avocat expérimenté dans la planification pour les bénéficiaires ayant un handicap, coordonné avec des conseils financiers et fiscaux. Information générale, non un conseil juridique, financier ou fiscal.


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