Fiducies testamentaires au Canada : ce qu’elles sont et quand y recourir

Par Jose Salloum, Conseiller en sécurité financière  |  Juin 2026


Divulgation importante — Portée des conseils : Cet article est de l’information générale sur les fiducies testamentaires et n’est pas un conseil juridique, financier ou fiscal. Il ne recommande aucune structure ni aucun produit précis. Les fiducies sont des arrangements juridiques importants dont les règles, le traitement fiscal et la convenance varient selon la situation et l’administration, et les règles fiscales touchant les fiducies ont changé au fil du temps. Le fait qu’une fiducie testamentaire convienne à votre situation, et la façon dont elle devrait être structurée, ne peuvent être évalués qu’individuellement. Établissez toute fiducie avec un avocat ou, au Québec, un notaire, et faites appel à un fiscaliste qualifié lorsque les impôts sont un facteur.


Points clés

  • Une fiducie testamentaire est créée par votre testament et prend naissance à votre décès, détenant des biens au profit de vos bénéficiaires sous un fiduciaire que vous nommez.
  • Elle sert au contrôle et à la protection dans le temps — pourvoir aux besoins d’un conjoint tout en protégeant l’héritage des enfants, gérer l’argent pour une personne jeune ou vulnérable, ou soutenir un bénéficiaire ayant un handicap.
  • L’ancien avantage des taux progressifs a été considérablement restreint en 2016; la plupart des fiducies testamentaires sont maintenant imposées au taux le plus élevé, avec des exceptions limitées, alors les fiducies servent aujourd’hui surtout au contrôle et à la protection, non à une économie d’impôt générale.
  • Une fiducie testamentaire est établie par votre testament et devrait l’être avec un avocat ou un notaire, et un fiscaliste lorsque des impôts sont en jeu.

La plupart des gens pensent au testament comme à un instrument qui distribue les choses : ceci à mon conjoint, cela à mes enfants, le reste partagé entre eux. Et pour bien des familles, un testament simple qui donne les biens directement aux bénéficiaires est exactement ce qu’il faut. Mais il y a des situations où remettre un héritage purement et simplement n’est pas ce que vous voulez — où vous préféreriez pourvoir aux besoins de quelqu’un dans le temps, protéger un héritage contre la perte, ou vous assurer que ce que vous laissez atteigne ultimement les gens que vous visez, même après être passé d’abord entre les mains de quelqu’un d’autre. C’est là qu’entre en scène la fiducie testamentaire. C’est l’un des outils les plus utiles et les plus mal compris de la planification successorale : puissant dans la bonne situation, inutile dans bien d’autres, et entouré de suppositions désuètes quant à ce qu’il fait. Le mot « fiducie » peut sembler complexe ou réservé aux gens fortunés, mais l’idée sous-jacente est simple — au lieu de donner un héritage directement, vous le faites détenir et gérer au profit de vos bénéficiaires selon des règles que vous établissez. Cet article explique ce qu’est réellement une fiducie testamentaire, les principales raisons pour lesquelles les gens en utilisent une, un changement important dans leur imposition, et comment on en établit une — pour que vous puissiez comprendre si cet outil pourrait avoir une place dans votre propre plan. Loin d’être un privilège réservé à une élite, la fiducie est simplement une manière de donner en y attachant des conditions réfléchies.


Ce qu’est réellement une fiducie testamentaire

Commençons par le concept, car une fois l’idée de base claire, tout le reste suit naturellement. Une fiducie testamentaire est simplement une fiducie créée par votre testament et qui prend naissance lorsque vous décédez.

Une fiducie, à sa base, est un arrangement dans lequel une personne — le fiduciaire — détient et gère des biens au profit d’autres personnes — les bénéficiaires — selon un ensemble de règles. Dans le cas d’une fiducie testamentaire, ces règles sont les instructions que vous inscrivez dans votre testament, et la fiducie n’existe pas de votre vivant; elle prend vie à votre décès. Plutôt que de léguer des biens directement à un bénéficiaire, votre testament prévoit que certains biens soient placés dans la fiducie, et le fiduciaire que vous avez nommé gère alors ces biens et distribue le revenu ou le capital à vos bénéficiaires selon les instructions de votre testament. C’est ce qui la distingue d’une fiducie entre vifs, qui est une fiducie créée et fonctionnant de votre vivant. La caractéristique déterminante d’une fiducie testamentaire est qu’elle remplace un don direct et pur et simple par un arrangement géré. Au lieu qu’un bénéficiaire reçoive une somme forfaitaire dont il fait ce qu’il veut, les biens sont détenus et administrés selon vos volontés — peut-être en versant un revenu pendant une période, en libérant le capital à certains âges, ou en pourvoyant aux besoins d’une personne de son vivant avant de faire passer ce qui reste à d’autres. Vous décidez de la structure; le fiduciaire l’exécute; les bénéficiaires profitent selon les modalités. Comprendre cette forme de base — instructions du constituant, gestion du fiduciaire, profit des bénéficiaires — est le fondement pour voir pourquoi et quand une fiducie testamentaire mérite d’être envisagée. Ce n’est pas un dispositif exotique; c’est simplement une façon de donner avec une structure rattachée. Là où un legs direct remet tout en un instant, la fiducie étale et encadre; c’est toute la nuance entre remettre et accompagner.


Les principales raisons d’en utiliser une

Le concept en place, la question pratique est : quels problèmes une fiducie testamentaire résout-elle réellement? Plusieurs situations récurrentes montrent où elle gagne sa place, et elles partagent un thème commun.

L’une des plus courantes est de pourvoir aux besoins d’un conjoint tout en protégeant l’héritage éventuel des enfants. Une fiducie peut permettre à un conjoint survivant de profiter des biens de son vivant — en recevant un revenu, par exemple — tout en veillant à ce que ce qui reste passe ultimement aux enfants plutôt que d’être redirigé ailleurs. C’est un but fréquent dans bien des familles, et il peut être particulièrement pertinent lorsqu’il y a des enfants d’une relation antérieure, puisqu’il pourvoit au conjoint actuel sans déshériter involontairement les enfants. Un autre usage courant est de gérer un héritage pour un bénéficiaire jeune. Léguer une somme importante purement et simplement à une personne jeune peut être imprudent; une fiducie peut détenir les fonds et les libérer graduellement, ou aux âges et jalons que vous choisissez, pour que l’héritage soutienne le bénéficiaire dans le temps plutôt que d’arriver d’un seul coup avant qu’il ne soit prêt. Un troisième est de protéger un héritage pour un bénéficiaire vulnérable ou inexpérimenté financièrement, ou dont vous craignez qu’il perde l’argent — au profit de créanciers, par une rupture de relation, ou par de mauvaises décisions. Parce que les biens demeurent dans la fiducie plutôt qu’entre les mains du bénéficiaire, une fiducie peut offrir une mesure de protection qu’un don pur et simple ne peut offrir. Un quatrième, exigeant une conception spécialisée, est de soutenir un bénéficiaire ayant un handicap, au moyen d’une fiducie structurée pour fonctionner avec les règles et prestations qui s’appliquent à sa situation. Dans tous ces cas, le but unificateur est le contrôle et la protection prolongés dans le temps — la capacité de façonner comment, quand et à quelles conditions vos bénéficiaires profitent. C’est précisément ce qu’un don simple et direct ne peut fournir, et c’est la raison pour laquelle les fiducies testamentaires demeurent un outil de valeur malgré le changement fiscal dont nous parlons ensuite. Ce que la fiducie protège n’est pas d’abord de l’argent, mais une intention : que votre volonté se réalise dans le temps, à votre manière.


Un changement important dans leur imposition

Voici un point qui mérite une insistance particulière, car c’est là que l’information désuète fait le plus de tort : le traitement fiscal des fiducies testamentaires a changé de façon importante, et une grande partie de ce que les gens « savent » de leurs avantages fiscaux n’est plus exacte.

Pendant de nombreuses années, les fiducies testamentaires au Canada étaient imposées à des taux progressifs — le même genre de structure de taux par tranches qui s’applique à un particulier — plutôt qu’à un seul taux le plus élevé. Cela leur conférait un véritable avantage de fractionnement du revenu : le revenu gagné dans la fiducie pouvait être imposé dans la fiducie à des taux progressifs plus bas, créant en effet un contribuable additionnel. Pendant longtemps, cet avantage fiscal a été l’une des principales raisons pour lesquelles les gens établissaient des fiducies testamentaires. Cet avantage a été substantiellement retiré par des changements fiscaux entrés en vigueur en 2016. Depuis, la plupart des fiducies testamentaires sont imposées au taux marginal le plus élevé sur leur revenu, ce qui élimine l’avantage général de fractionnement du revenu qui les rendait attrayantes pour cette raison. Les taux progressifs ne s’appliquent maintenant que dans des circonstances limitées — notamment une succession assujettie à l’imposition à taux progressifs, une désignation offerte à une succession elle-même pour une période limitée après le décès, et une fiducie admissible pour personne handicapée pour un bénéficiaire qui satisfait aux critères. La conséquence pratique est importante : l’ancienne raison fiscale d’utiliser une fiducie testamentaire ne s’applique plus dans la plupart des situations. Cela ne signifie pas que les fiducies testamentaires sont obsolètes — loin de là. Cela signifie qu’on les choisit maintenant pour les bonnes raisons : les avantages de contrôle et de protection décrits ci-dessus, non un allègement fiscal général qui n’existe plus. Il peut tout de même y avoir des considérations fiscales, favorables ou défavorables, selon la fiducie et la situation précises, mais elles sont secondaires au but de planification. Quiconque se fait dire qu’une fiducie testamentaire « économisera de l’impôt » par le fractionnement du revenu travaille à partir d’une compréhension désuète, et le traitement fiscal actuel devrait toujours être confirmé auprès d’un fiscaliste qualifié. Bien faire les choses ici importe, car bâtir un plan autour d’un avantage qui n’existe plus n’aide personne. Mieux vaut choisir la fiducie pour ce qu’elle accomplit réellement aujourd’hui que pour une réputation fiscale qu’elle a perdue il y a des années.


Les fiducies et le contexte québécois

Un mot sur l’administration est utile ici, à la fois pour l’exactitude et parce que cela détermine avec qui vous devriez travailler. Les fiducies fonctionnent quelque peu différemment selon l’endroit où vous êtes au Canada, bien que — contrairement à certains outils successoraux — le concept de fiducie lui-même existe partout au pays.

Dans les provinces de common law, la fiducie est une caractéristique de longue date du système juridique, et les fiducies testamentaires sont un outil de planification familier assorti de règles bien développées. Le Québec, qui suit le droit civil, reconnaît aussi les fiducies — la fiducie est prévue au Code civil du Québec — alors une fiducie testamentaire est offerte aux résidents du Québec également; c’est différent de certaines autres stratégies successorales qui ne se transposent tout simplement pas dans le cadre du droit civil québécois. Cela dit, la façon dont les fiducies sont structurées et administrées au Québec a ses propres caractéristiques de droit civil, et la terminologie et les règles ne sont pas identiques à celles des provinces de common law. La personne qui administre une succession au Québec est le liquidateur, et la rédaction et l’administration d’une fiducie dans une succession québécoise sont bien traitées par un notaire ou un avocat du Québec familier avec le cadre du droit civil. Ailleurs au Canada, un avocat expérimenté en planification successorale est le professionnel approprié. Le point plus large est que, bien que l’outil de la fiducie soit offert partout au pays, les précisions — comment elle est créée, régie, imposée et administrée — dépendent de votre province et de votre situation particulière, ce qui est exactement pourquoi une fiducie testamentaire n’est pas quelque chose à assembler à partir d’information générale. Elle est bâtie avec un professionnel du droit qui travaille dans votre administration, et coordonnée avec un fiscaliste lorsque le traitement fiscal importe. Reconnaître que les fiducies existent partout mais fonctionnent différemment dans les détails fait partie de leur utilisation judicieuse. Ici comme ailleurs, le bon réflexe est de s’appuyer sur un professionnel de votre province plutôt que sur une règle générale qui pourrait ne pas s’appliquer chez vous.


Le choix du fiduciaire qui fait tout la différence

Un élément mérite une attention particulière, car il est souvent sous-estimé et pourtant il détermine en grande partie si une fiducie testamentaire réussit : le choix du fiduciaire. Une fiducie ne vaut que par la personne à qui l’on confie sa conduite.

Le fiduciaire est la personne qui entre dans le rôle que vous avez conçu — détenir les biens, suivre les règles que vous établissez, exercer le jugement que votre testament laisse à sa discrétion, et traiter équitablement avec les bénéficiaires, parfois pendant de nombreuses années. C’est une position de réelle responsabilité et de réel devoir. Le fiduciaire doit gérer les biens avec prudence, tenir des registres appropriés, produire les propres déclarations de revenus de la fiducie, traiter les bénéficiaires avec impartialité lorsque la fiducie en compte plus d’un, et agir en tout temps dans l’intérêt des bénéficiaires plutôt que le sien. Parce qu’une fiducie testamentaire peut durer longtemps — durant les années de croissance d’un enfant, ou durant toute la vie d’un conjoint survivant — le rôle du fiduciaire n’est pas une tâche brève mais un engagement continu. C’est pourquoi le choix importe tant. Un fiduciaire digne de confiance, organisé et capable de manier l’argent et les gens peut faire fonctionner une fiducie exactement comme prévu. Un fiduciaire inapte au rôle — dépassé, en conflit, ou simplement peu disposé — peut miner même une fiducie bien rédigée et créer des frictions parmi les gens mêmes que vous vouliez protéger. Certaines personnes nomment un membre de la famille de confiance; d’autres préfèrent un fiduciaire professionnel, comme une société de fiducie, particulièrement lorsque la fiducie est importante, complexe, ou censée durer de nombreuses années; et certaines utilisent une combinaison. Chaque approche comporte des compromis en matière de coût, d’expertise, de continuité et de touche personnelle. Il est aussi sage de nommer un remplaçant, au cas où le premier choix serait incapable ou peu disposé à servir le moment venu. Parce que le bon fiduciaire dépend de la taille et de la nature de la fiducie, des bénéficiaires, et des exigences que le rôle imposera à la personne, c’est une décision à travailler soigneusement avec votre avocat ou notaire dans le cadre de la conception de la fiducie. Bien choisir ici n’est pas un détail — c’est l’une des décisions les plus lourdes de conséquences de tout l’arrangement. On peut rédiger la fiducie la plus soignée qui soit; sans la bonne personne pour la porter, elle ne tiendra pas ses promesses.


Soupeser si une fiducie vous convient

Compte tenu à la fois des avantages et du changement dans le traitement fiscal, comment devriez-vous réfléchir à savoir si une fiducie testamentaire a sa place dans votre propre plan? La réponse honnête est que cela dépend, et qu’une fiducie est un outil à assortir à un besoin réel plutôt qu’à adopter pour lui-même.

Une fiducie testamentaire ajoute de la structure, et la structure a à la fois une valeur et un coût. Du côté de la valeur, elle offre le contrôle et la protection déjà décrits — la capacité de pourvoir à un conjoint tout en protégeant les enfants, de gérer l’argent pour quelqu’un de jeune ou de vulnérable, ou de soutenir un bénéficiaire ayant un handicap. Là où l’un de ces besoins est réel, une fiducie peut être véritablement importante, voire essentielle. Du côté du coût, une fiducie est plus complexe qu’un don direct : elle doit être rédigée soigneusement, elle exige un fiduciaire disposé et capable de servir, possiblement pendant de nombreuses années, et elle comporte une administration continue ainsi que sa propre production fiscale et son propre traitement. Pour une succession simple où les bénéficiaires sont des adultes capables et où vous êtes satisfait qu’ils reçoivent leur héritage purement et simplement, une fiducie peut ajouter de la complexité sans ajouter de valeur — et un testament simple est le meilleur choix. La question, alors, n’est pas de savoir si les fiducies sont bonnes ou mauvaises dans l’abstrait, mais si votre situation présente l’un des besoins qu’une fiducie est conçue pour combler. C’est un jugement qui dépend de votre famille, de vos bénéficiaires, de vos biens et de vos objectifs, et il est mieux rendu en conversation avec un avocat ou un notaire qui peut évaluer si les avantages justifient la structure ajoutée dans votre cas. Une fiducie utilisée là où elle convient est une protection puissante; une fiducie utilisée là où elle n’est pas nécessaire est une complication inutile. Assortir l’outil au besoin, c’est tout l’art de la chose. Ni réflexe automatique ni gadget à éviter : la fiducie est un moyen, jugé à l’aune de ce que votre famille a réellement besoin qu’il accomplisse.


Quoi faire de tout cela

Alors, où cela vous laisse-t-il? Une fiducie testamentaire est un outil de planification successorale précieux et souple — créé par votre testament, activé à votre décès, et utilisé pour détenir et gérer des biens au profit de vos bénéficiaires selon des règles que vous établissez — mais c’est un outil pour des buts précis, non un choix par défaut pour chaque succession.

Le point de départ utile est de vous demander si l’une des situations qu’une fiducie aborde s’applique à vous : pourvoir aux besoins d’un conjoint tout en protégeant l’héritage des enfants, gérer l’argent pour un bénéficiaire jeune ou vulnérable, protéger un héritage contre la perte, ou soutenir un bénéficiaire ayant un handicap. Si l’un de ces besoins résonne, une fiducie testamentaire peut valoir la peine d’être explorée. Si votre succession est plus simple et qu’un don direct servirait bien vos bénéficiaires, une fiducie peut être plus que ce dont vous avez besoin. Dans les deux cas, deux choses valent la peine d’être retenues. Premièrement, mettez de côté la notion désuète qu’une fiducie testamentaire est principalement un dispositif d’économie d’impôt — cet avantage général a largement pris fin en 2016, et aujourd’hui la fiducie gagne sa place par le contrôle et la protection, non le fractionnement du revenu. Deuxièmement, parce qu’une fiducie est un arrangement juridique important assorti d’obligations durables, d’une administration continue et d’un traitement fiscal technique, ce n’est pas quelque chose à bâtir à partir de lecture générale. Elle est établie par votre testament avec un avocat ou, au Québec, un notaire, et avec un fiscaliste qualifié lorsque les impôts sont un facteur. Utilisée avec discernement, pour les bonnes raisons et dans la bonne situation, une fiducie testamentaire peut protéger les gens que vous aimez longtemps après votre départ — ce qui est, au bout du compte, ce que la bonne planification successorale est censée faire. Bien pensée, elle prolonge votre soin au-delà de votre vie; c’est là sa plus belle utilité.

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Divulgation importante : Cet article est de l’information éducative générale et n’est pas un conseil juridique, financier ou fiscal. Il ne recommande aucune structure ni aucun produit précis. Les fiducies sont des arrangements juridiques importants dont les règles, le traitement fiscal et la convenance varient selon la situation et l’administration, et les règles fiscales touchant les fiducies ont changé au fil du temps. Établissez toute fiducie avec un avocat ou, au Québec, un notaire, et faites appel à un fiscaliste qualifié lorsque les impôts sont un facteur. La lecture de cet article ne crée pas de relation professionnelle-client.


Foire aux questions

Qu’est-ce qu’une fiducie testamentaire?
C’est une fiducie créée par votre testament qui prend naissance à votre décès. Plutôt que de léguer des biens directement à un bénéficiaire, votre testament prévoit que certains biens soient détenus dans une fiducie et gérés par une personne que vous nommez — le fiduciaire — au profit des bénéficiaires que vous choisissez. Le fiduciaire détient et gère les biens et distribue le revenu ou le capital selon vos instructions. Cela diffère d’une fiducie entre vifs, établie de votre vivant. Une fiducie testamentaire est utilisée lorsque vous voulez plus de structure et de contrôle sur la façon dont et le moment où les bénéficiaires reçoivent ce que vous leur laissez — pourvoir à un conjoint tout en protégeant l’héritage des enfants, gérer un héritage pour une personne jeune ou vulnérable, ou soutenir un bénéficiaire ayant un handicap. Parce qu’une fiducie est un arrangement juridique important dont les règles, le traitement fiscal et la convenance dépendent de votre situation et de l’administration, établissez-en une avec un avocat ou un notaire. Information générale, non un conseil juridique.

Pourquoi quelqu’un utiliserait-il une fiducie testamentaire?
Lorsqu’un don simple et direct n’atteindrait pas ce qu’il veut. Une fiducie peut pourvoir à un conjoint survivant de son vivant tout en veillant à ce que ce qui reste passe aux enfants — un but fréquent, y compris dans les familles recomposées. Elle peut gérer un héritage pour un bénéficiaire trop jeune pour manier une somme importante, en libérant les fonds graduellement ou aux âges choisis. Elle peut protéger un héritage pour un bénéficiaire vulnérable ou inexpérimenté financièrement, ou qui pourrait perdre l’argent au profit de créanciers ou par une rupture de relation, en gardant les biens dans la fiducie. Une fiducie spécialement conçue peut soutenir un bénéficiaire ayant un handicap avec les règles qui s’appliquent à sa situation. Le fil conducteur est le contrôle et la protection dans le temps — façonner comment, quand et à quelles conditions les bénéficiaires profitent, ce qu’un don pur et simple ne peut faire. Parce que la convenance et la structure dépendent de votre famille et de vos objectifs, décidez avec un avocat ou un notaire, et un fiscaliste lorsque des impôts sont en jeu. Information générale, non un conseil juridique.

Les fiducies testamentaires sont-elles encore avantageuses fiscalement au Canada?
C’est là qu’il importe de ne pas se fier à de l’information désuète. Pendant de nombreuses années, les fiducies testamentaires bénéficiaient de taux progressifs comme ceux d’un particulier, ce qui en faisait un outil de fractionnement du revenu. Cet avantage a été considérablement restreint par des changements entrés en vigueur en 2016. Depuis, la plupart des fiducies testamentaires sont imposées au taux marginal le plus élevé, non à des taux progressifs. Les taux progressifs ne continuent que dans des cas limités — notamment une succession assujettie à l’imposition à taux progressifs (offerte à une succession pour une période limitée après le décès) et une fiducie admissible pour personne handicapée pour un bénéficiaire qui se qualifie. Alors l’ancienne raison de fractionnement du revenu ne s’applique plus dans la plupart des situations; une fiducie testamentaire aujourd’hui sert surtout au contrôle, à la protection et à la planification, non à un avantage fiscal général. Des considérations fiscales peuvent tout de même exister, favorables ou non, selon la fiducie et la situation. Parce que le traitement fiscal est technique et a changé, confirmez-le auprès d’un fiscaliste qualifié. Information générale, non un conseil fiscal ou juridique.

Comment établit-on une fiducie testamentaire?
Elle est établie par votre testament, alors en créer une fait partie de la rédaction du testament plutôt que d’un document distinct de votre vivant. En travaillant avec un avocat ou, au Québec, un notaire, vous décidez des éléments essentiels : quels biens vont dans la fiducie; qui sont les bénéficiaires; qui agit comme fiduciaire (souvent avec un remplaçant); et les règles — comment le revenu et le capital sont distribués, à quelles conditions, à quels âges ou jalons, et quand la fiducie prend fin. Ces modalités sont inscrites dans votre testament, et la fiducie prend naissance à votre décès, lorsque le fiduciaire gère les biens selon vos instructions. Parce que le rôle de fiduciaire comporte de réelles obligations et dure aussi longtemps que la fiducie, choisir le bon fiduciaire importe, et les modalités doivent être rédigées avec précision. Compte tenu de la complexité juridique, des obligations durables et des considérations fiscales, établissez une fiducie testamentaire avec des conseils juridiques appropriés, et un fiscaliste lorsque les impôts sont un facteur. Information générale, non un conseil juridique.


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