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Ce qu’une prestation fixe vaut à la quinzième année

Par José Salloum, conseiller en sécurité financière | Septembre 2026

Divulgation importante: Portée des conseils

Cet article est de l'éducation financière générale sur l'assurance vie temporaire et permanente. Ce n'est pas une recommandation, ni un conseil fiscal ou juridique. Le bon type et le bon montant d'assurance vie pour vous dépendent de votre situation personnelle et ne peuvent être déterminés que par une analyse des besoins individuelle avec un professionnel d'assurance autorisé. Les aspects fiscaux et successoraux devraient être confirmés avec un fiscaliste qualifié et un avocat ou un notaire. Cet article est éducatif seulement.

En langage clair: ceci est de l'éducation générale, non une recommandation. Ce qui vous convient dépend d'une situation que nous n'avons pas vue, et c'est précisément à cela que sert une première conversation.


Points clés

  • En composant les taux annuels publiés par l’agence nationale de 2011 à 2025, on obtient un facteur d’environ un virgule quarante et un. Les prix ont monté d’environ deux cinquièmes en quinze ans.
  • Un montant fixé il y a quinze ans achète donc environ sept dixièmes de ce qu’il achetait alors. Trois dixièmes de la promesse sont partis sans que personne ne modifie le contrat.
  • Pour égaler ce que mille dollars achetaient en 2010, il fallait environ mille quatre cent dix dollars en 2025.
  • C’est reproductible. La même méthode sur cinq ans donne vingt pour cent contre le dix neuf virgule neuf publié par l’agence, une différence d’arrondi, et c’est ainsi qu’on sait que la méthode est bonne.
  • Ce ne fut pas régulier. Quatre années sous un pour cent. Une année près de sept. Un ménage qui budgète sur une moyenne ne vit pas une moyenne.
  • La banque centrale cible le point milieu de deux pour cent d’une fourchette de un à trois pour cent, mesurée sur l’indice d’ensemble, et ce depuis 1991. Deux pour cent est la cible, pas une promesse, et deux pour cent composé divise encore de moitié un montant fixe sur une vie de travail.
  • Ce n’est pas un argument voulant qu’une prestation fixe soit une erreur. C’est un argument voulant qu’elle soit une décision dont la direction est connue, et que l’honnête est de savoir de quel côté elle penche.

Une prestation est choisie une fois, à un moment où les chiffres paraissent grands, puis elle reste exactement là où on l’a mise pendant que tout le reste bouge. Personne n’envoie de lettre à ce sujet. Le contrat ne change pas. Ce qui change, c’est ce que le chiffre achète, et l’agence statistique nationale publie exactement de combien.

L’arithmétique, et vous pouvez la vérifier

L’agence publie la variation annuelle moyenne de l’indice des prix à la consommation, année par année. De 2011 à 2025, les chiffres sont, dans l’ordre: deux virgule neuf, un virgule cinq, zéro virgule neuf, deux virgule zéro, un virgule un, un virgule quatre, un virgule six, deux virgule trois, un virgule neuf, zéro virgule sept, trois virgule quatre, six virgule huit, trois virgule neuf, deux virgule quatre, et deux virgule un.

Multipliez ces quinze taux, chacun sous la forme un plus le taux, et le facteur est d’environ un virgule quarante et un. Les prix ont monté d’environ deux cinquièmes sur les quinze ans.

Retournez la chose et vous avez la phrase qui compte pour un contrat. Un montant fixé au début de cette période achète environ sept dixièmes de ce qu’il achetait alors. Pour égaler ce que mille dollars achetaient en 2010, il fallait environ mille quatre cent dix dollars en 2025.

Voici la vérification, et elle vaut la peine parce qu’elle prouve la méthode plutôt que la conclusion. Faites le même calcul sur les cinq dernières années seulement et vous obtenez vingt pour cent. L’agence publie dix neuf virgule neuf pour cent pour cette période. La différence est l’arrondi des taux annuels, rien d’autre.

Rien sur cette page n’est donc une estimation ni une projection. Ce sont les taux publiés par l’agence, multipliés.

Ce ne fut pas régulier, et cela compte plus que la moyenne

La moyenne sur ces quinze ans n’a rien de remarquable. L’expérience, oui.

Quatre des années sont venues sous un pour cent, dont une à zéro virgule sept. Puis une année est arrivée à six virgule huit, et la suivante à trois virgule neuf.

Un ménage qui budgétait sur la moyenne de longue période a été à l’aise pendant dix ans puis a perdu du terrain vite, en deux ans, au moment où il avait le moins de raison de s’y attendre.

Ce schéma est la raison pour laquelle une prestation fixe est plus risquée que la moyenne ne le suggère. L’érosion n’arrive pas comme une pente douce que quelqu’un remarque et corrige. Elle arrive en deux ans, généralement pendant que le ménage subit les mêmes prix partout ailleurs dans sa vie, et une révision de la couverture n’est pas ce à quoi il pense.

Deux pour cent est une cible, pas une promesse, et cela divise encore

La banque centrale vise à maintenir l’inflation au point milieu de deux pour cent d’une fourchette de maîtrise de un à trois pour cent, mesurée par la variation sur douze mois de l’indice d’ensemble des prix à la consommation. Elle cible l’inflation depuis 1991.

Deux choses en découlent, et elles pointent dans des directions opposées.

La rassurante: le cadre tient depuis plus de trente ans, et l’année à six virgule huit a été suivie d’un retour vers la fourchette plutôt que d’un déplacement permanent.

L’autre: deux pour cent n’est pas rien. À deux pour cent composé, un montant fixe perd environ un cinquième de son pouvoir d’achat en dix ans et environ un tiers en vingt. Une personne qui achète un contrat temporaire de trente ans à montant fixe, dans un monde où la cible est atteinte parfaitement chaque année, arrive tout de même à la fin avec une promesse qui vaut nettement moins que celle qu’elle a achetée.

Que la cible fonctionne comme prévu n’est pas la même chose qu’une prestation qui garde sa valeur. Ce sont deux choses différentes et on les confond souvent.

Ce que cela veut dire vraiment pour un contrat

Prudence ici, parce que c’est le moment où une page comme celle-ci devient d’ordinaire un argument de vente, et la position honnête est plus mesurée.

Une prestation fixe n’est pas une erreur. C’est la façon la moins coûteuse de détenir un montant donné, et pour bien des usages une valeur réelle qui décline est exactement juste: un solde hypothécaire diminue, les enfants grandissent et partent, et l’obligation couverte rétrécit plus vite que la prestation. Un montant fixe contre un besoin qui baisse peut être plus que suffisant tout du long.

Les cas où cela tourne mal sont ceux où le besoin NE baisse PAS. Le remplacement du revenu d’un ménage qui devra toujours manger. Un montant de frais finaux choisi des décennies avant d’être utilisé. Une convention entre actionnaires sur une entreprise qui grandit. Une dette fiscale successorale qui monte avec la valeur de ce qui est imposé.

La question utile n’est donc pas de savoir si une prestation est fixe. C’est de savoir si la chose qu’elle devait couvrir monte ou descend.

Et le point pratique, qui ne coûte rien: quel que soit le montant choisi, il l’a été contre les prix de l’année où il a été choisi. Quiconque détient un contrat d’avant l’année à six virgule huit détient un chiffre fixé dans un autre monde.

Ce qu’on peut faire, et ce qu’on ne peut pas

Ce qu’on ne peut pas faire, c’est modifier un contrat déjà émis. Le montant est le montant.

Ce qu’on peut faire, c’est relire ce qu’on détient déjà, et il y a généralement plus de marge qu’on ne croit. Beaucoup de contrats portent des options payées au départ et jamais utilisées: un droit d’augmenter sans nouvelle preuve de santé lors de certains événements de vie, un droit de transformer, un droit d’ajouter. Ces droits ont des échéances et des âges, et ils expirent discrètement.

Ce qu’on peut faire aussi, c’est l’arithmétique, une fois, sur le montant qui compte le plus. Prenez la prestation qui ferait le travail le plus lourd, et demandez ce qu’elle achètera au moment où elle sera le plus probablement nécessaire plutôt qu’aujourd’hui.

C’est un exercice gratuit, il prend une soirée, et c’est la seule version honnête de cette conversation, parce qu’elle peut tout aussi bien conclure qu’il n’y a rien à faire.

Où lire cela à la source

La variation annuelle moyenne de l’indice des prix à la consommation de 2010 à 2024 est publiée par Statistique Canada dans le graphique accompagnant sa diffusion de janvier 2025. Le chiffre de 2025, l’indice annuel moyen de cent soixante quatre virgule deux, et l’énoncé voulant que les prix aient monté de dix neuf virgule neuf pour cent sur cinq ans sont dans sa diffusion de janvier 2026. La cible de maîtrise de l’inflation, la fourchette de un à trois pour cent, l’usage de l’indice d’ensemble et le début en 1991 sont publiés par la Banque du Canada, comme la formule de son calculateur.

Consulté le 30 septembre 2026, tout gratuit. La composition faite dans cet article est une arithmétique appliquée à ces taux publiés et n’est pas elle-même un chiffre officiel, et c’est pourquoi la vérification sur cinq ans contre le chiffre publié par l’agence apparaît plus haut: pour qu’un lecteur voie que la méthode reproduit ce que l’agence publie avant de s’y fier sur quinze ans.

Sources

  • Statistique Canada, variation annuelle moyenne de l’indice des prix à la consommation et de l’IPC excluant l’énergie, 2010 à 2024, graphique publié avec la diffusion du 21 janvier 2025, statcan.gc.ca, lu le 30 septembre 2026
  • Statistique Canada, revue annuelle de l’indice des prix à la consommation 2025, diffusée le 19 janvier 2026, statcan.gc.ca, lu le 30 septembre 2026
  • Banque du Canada, cible de maîtrise de l’inflation et politique monétaire, et le calculateur d’inflation, banqueducanada.ca, lu le 30 septembre 2026

Questions fréquentes

De combien les prix ont-ils monté au Canada en quinze ans?

En composant les taux annuels moyens publiés par l’agence nationale de 2011 à 2025, on obtient un facteur d’environ un virgule quarante et un, soit une hausse d’environ deux cinquièmes. La même méthode sur cinq ans donne vingt pour cent contre le dix neuf virgule neuf publié, ce qui est une différence d’arrondi.

Que vaut une prestation fixe après quinze ans?

Environ sept dixièmes de ce qu’elle aurait acheté au départ. Pour égaler ce que mille dollars achetaient en 2010, il fallait environ mille quatre cent dix dollars en 2025.

L’inflation a-t-elle été régulière sur cette période?

Non. Quatre des quinze années étaient sous un pour cent, dont une à zéro virgule sept. Une année était à six virgule huit et la suivante à trois virgule neuf. Un ménage qui budgète sur une moyenne ne vit pas une moyenne.

Quelle est la cible d’inflation du Canada?

La Banque du Canada vise le point milieu de deux pour cent d’une fourchette de maîtrise de un à trois pour cent, mesurée par la variation sur douze mois de l’indice d’ensemble des prix à la consommation. Elle cible l’inflation depuis 1991.

Une prestation fixe perd-elle de la valeur même si la cible est atteinte?

Oui. À deux pour cent composé, un montant fixe perd environ un cinquième de son pouvoir d’achat en dix ans et environ un tiers en vingt. Que la cible fonctionne n’est pas la même chose qu’une prestation qui garde sa valeur.

Une prestation fixe est-elle toujours un mauvais choix?

Non. C’est la façon la moins coûteuse de détenir un montant donné, et lorsque l’obligation couverte baisse plus vite que la prestation, comme un solde hypothécaire ou des enfants qui grandissent, un montant fixe peut être plus que suffisant. La question est de savoir si la chose couverte monte ou descend.

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À propos de l’auteur

José Salloum, conseiller en sécurité financière, en complet anthracite et cravate bordeaux rayée devant une fenêtre lumineuse

Jose Salloum est conseiller en sécurité financière, autorisé par l’Autorité des marchés financiers (AMF) au Québec, par la Financial Services Regulatory Authority of Ontario (FSRA) et par l’Insurance Council of British Columbia. Autorisé depuis 2001, il accompagne des familles, des propriétaires d’entreprise et des professionnels incorporés canadiens.

Il est le fondateur du Centre canadien de création de patrimoine Inc. (CWCC), cabinet inscrit auprès de l’AMF, et de sa branche éducative financierecbi.com. Il détient le titre Infinite Banking Concepts® Authorized Practitioner du Nelson Nash Institute, une certification privée et non un permis réglementaire.

CWCC n’est pas inscrit auprès de l’OCRI et n’offre pas de conseils en valeurs mobilières. Cette page est de l’éducation générale et non un conseil sur un dossier individuel.

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