Ce à quoi un conjoint de fait n’a pas droit au décès d’un partenaire
Par José Salloum, conseiller en sécurité financière | Septembre 2026
Cet article est de l'éducation financière générale sur les désignations de bénéficiaire d'assurance vie. Ce n'est pas un conseil juridique ou fiscal, ni une recommandation. Les désignations de bénéficiaire, les testaments, l'homologation, la protection contre les créanciers et la structuration successorale, y compris les particularités du Code civil du Québec, relèvent d'un avocat ou d'un notaire; les questions fiscales relèvent d'un fiscaliste qualifié. Un professionnel d'assurance autorisé coordonne la désignation sur la police avec ces conseillers. Cet article est éducatif seulement.
En langage clair: ceci est de l'éducation générale, non une recommandation. Ce qui vous convient dépend d'une situation que nous n'avons pas vue, et c'est précisément à cela que sert une première conversation.
Avant d’agir sur quoi que ce soit de fiscal dans cette page
Ce cabinet est titulaire d’un permis en assurance de personnes. Ce n’est pas un cabinet comptable, il ne produit pas de déclarations de revenus, et rien dans cette page ne constitue un conseil fiscal ni une opinion sur la situation fiscale de qui que ce soit.
- Parlez à un comptable avant d’agir. Pas après. Si la fiscalité entre pour quoi que ce soit dans une décision envisagée, c’est avec un comptable professionnel qui a vu le dossier réel qu’elle se décide, et cette page ne remplace pas cette conversation.
- Les règles bougent. Les règles fiscales, les seuils, les taux, les formulaires et les délais changent, la plupart au moins une fois l’an, et une règle décrite ici peut avoir été modifiée depuis la construction de cette page.
- L’autorité fiscale est l’autorité. Pour ce sur quoi un lecteur entend se fier, Revenu Québec et l’Agence du revenu du Canada publient eux-mêmes la règle en vigueur, gratuitement, et c’est là qu’elle doit être lue.
- Rien ici ne calcule l’impôt de qui que ce soit. Cette page décrit comment une règle est écrite. Elle ne détermine pas ce qu’un lecteur paiera, récupérera ou devra, parce que cela dépend d’une déclaration complète et de faits qu’aucune page ne peut voir.
- Sa lecture ne crée aucune relation professionnelle. Aucune confiance ne devrait y être placée, et rien de ce qui s’y trouve ne constitue non plus un avis juridique.
En clair: nous ne sommes pas comptables. Tout ce qui touche à la fiscalité ici est de l’information générale, cela change, et cela doit être vérifié auprès d’un comptable et sur la page de l’autorité fiscale avant que quiconque s’en serve.
Points clés
- Sans testament, un conjoint de fait au Québec n’hérite de rien. C’est encore la règle après la réforme de 2025, pour tout couple hors union parentale.
- L’exception est l’union parentale: un conjoint qui y est lié peut hériter du tiers de la succession, les deux tiers allant aux enfants.
- Sans testament et sans union parentale, s’il y a des enfants, toute la succession va aux enfants à parts égales. Le partenaire survivant ne reçoit rien.
- Avec un conjoint au sens légal et des enfants, les parts sont du tiers au conjoint et des deux tiers aux enfants. Avec un conjoint et sans enfant, deux tiers au conjoint et un tiers aux parents survivants.
- Une désignation de bénéficiaire d’assurance vie est la voie qui fonctionne, parce qu’un bénéficiaire désigné est payé directement plutôt que par la succession.
- Le Code civil rend une seule désignation automatiquement irrévocable: celle du conjoint MARIÉ ou UNI CIVILEMENT, sauf stipulation contraire. Un conjoint de fait n’est pas dans cet article.
- Ce qui veut dire qu’une désignation en faveur d’un conjoint de fait est révocable, et peut être changée sans qu’il le sache, sauf si le contrat la dit irrévocable.
On dit aux couples québécois, avec raison, que vivre ensemble crée peu de droits. Puis une réforme arrive, les manchettes disent que les conjoints de fait ont maintenant des droits, et beaucoup de gens en concluent une chose qui est fausse: qu’un partenaire héritera. Pour la plupart des couples, rien n’a changé du tout. Cette page porte sur qui est couvert, qui ne l’est pas, et ce qui fonctionne vraiment.
La règle, et elle n’a pas changé pour la plupart des couples
Les conjoints de fait n’héritent pas l’un de l’autre au décès, sauf si un testament en dispose autrement. Les notaires le disent clairement et cela demeure la position après la réforme.
Il n’y a aucune protection automatique du survivant. Un testament ou une désignation d’assurance vie est nécessaire.
La réforme du 30 juin 2025 a créé une exception, et elle est étroite: un conjoint survivant lié au défunt par une UNION PARENTALE est maintenant visé par les règles de la dévolution légale. Les notaires situent la part au tiers de la succession, les deux tiers allant aux enfants.
Une union parentale exige un enfant né ou adopté à compter de cette date, ou une adhésion volontaire. Un couple de vingt ans sans enfant, ou avec des enfants nés en 2019, est donc dans la même situation qu’avant: rien.
C’est la phrase à retenir. La réforme a aidé un groupe précis. Pour tous les autres, l’ancien conseil s’applique encore, et les manchettes ont rendu cela plus difficile à comprendre, pas plus facile.
Qui hérite à sa place, et dans quelles proportions
Sans testament, le Code civil décide, et l’ordre surprend.
Un conjoint de fait sans union parentale, lorsqu’il y a des enfants: toute la succession va aux enfants à parts égales. Le partenaire survivant ne reçoit rien du tout, quelle que soit la durée de la vie commune et qui que ce soit qui a payé la maison.
Des enfants et aucun conjoint au sens légal: tout aux enfants à parts égales.
Un conjoint au sens légal, soit marié, uni civilement, ou désormais en union parentale, avec des enfants: un tiers au conjoint et deux tiers aux enfants à parts égales.
Un conjoint au sens légal et aucun enfant: deux tiers au conjoint et un tiers aux parents survivants à parts égales.
Aucun conjoint et aucun enfant: la moitié aux parents à parts égales et la moitié aux frères et soeurs à parts égales.
Relisez la première. Un partenaire survivant dans une maison qu’il a aidé à payer, avec des enfants qui en héritent en entier, est un résultat courant et parfaitement légal au Québec.
La désignation, qui est la voie qui fonctionne
Le bénéficiaire d’une assurance vie est affaire de choix. Éducaloi énonce que le titulaire est libre de choisir la personne qui sera bénéficiaire, et ce peut être une personne ou un organisme.
Lorsqu’aucun bénéficiaire n’a été désigné, la personne qui a conclu le contrat, ou ses héritiers, peut recevoir la prestation. C’est tout le propos: un bénéficiaire désigné est payé, et lorsque personne n’est désigné l’argent retombe vers la succession et les règles de dévolution ci-dessus.
Les notaires nomment explicitement cette voie comme la façon de pourvoir à un partenaire de fait survivant.
Cette page ne vous dira pas qu’une désignation prévaut sur un testament, dans ces mots, parce que cette phrase n’a pas pu être vérifiée au niveau du texte de loi. Ce que la documentation appuie est plus étroit et suffisant: une désignation valide paie le bénéficiaire nommé, et une personne non nommée dépend des règles de dévolution, qui pour un conjoint de fait hors union parentale ne donnent rien.
La même prudence vaut pour les régimes enregistrés. Les règles québécoises sur la désignation d’un bénéficiaire de régime enregistré n’ont pas pu être vérifiées à partir d’une source officielle, alors aucune règle les concernant n’est énoncée ici. Posez la question à un notaire, parce que la réponse dépend du type de régime et de qui l’a émis.
La seule désignation que le Code rend irrévocable
Il y a dans le Code civil une disposition dont presque personne ne soupçonne l’existence jusqu’à ce qu’elle bloque quelque chose, et elle trace une ligne exactement là où cette page en trace une.
La désignation de la personne à laquelle le titulaire est MARIÉ ou UNI CIVILEMENT à titre de bénéficiaire est irrévocable, à moins de stipulation contraire.
Un conjoint marié désigné comme bénéficiaire ne peut donc pas simplement être retiré. Son consentement est nécessaire, parce que le Code a rendu la désignation irrévocable par défaut.
Un conjoint de fait n’est pas nommé dans cet article. Une désignation en faveur d’un partenaire de fait est donc révocable sauf si le contrat lui-même la dit irrévocable, ce qui veut dire qu’elle peut être changée, en tout temps, sans que le partenaire le sache.
Deux personnes dans des circonstances identiques, l’une mariée et l’autre non, ont une sécurité complètement différente dans le même document. Ce n’est pas un oubli de la loi. C’est sa distinction délibérée, et elle mérite d’être connue avant de se fier à une désignation comme si elle était permanente.
Une désignation peut aussi être changée par testament lorsque le bénéficiaire est révocable. Aviser l’assureur par écrit est l’autre voie. Lorsque le contrat est muet et qu’un couple veut la permanence, la chose à demander est une désignation irrévocable écrite dans le contrat.
Ce qu’un couple de fait peut faire
Sachez si vous êtes en union parentale. Cela dépend de la naissance ou de l’adoption d’un enfant à compter du trente juin 2025, ou d’une adhésion volontaire. Beaucoup de couples ne connaissent pas la réponse.
Si vous n’y êtes pas, et que rien d’autre n’est fait, comprenez ce qui arrive: le partenaire survivant n’hérite de rien selon les règles de dévolution.
Relisez les désignations de bénéficiaire que vous détenez déjà, sur chaque contrat et pas seulement le plus récent. Une désignation faite avant le début d’une relation, ou avant la fin de la précédente, est toujours en vigueur et paie toujours la personne qu’elle nomme.
Demandez si les désignations qui comptent sont révocables ou irrévocables, et si c’est la permanence que vous voulez, demandez-la dans le contrat.
Et voyez un notaire pour le testament, parce que rien de ce qui précède ne le remplace, et que l’acte notarié est là où le reste d’une succession se règle.
Rien sur cette page n’est un conseil juridique. Ce qui est à l’intérieur de ce cabinet est le volet assurance: relire les désignations qu’un ménage détient déjà, et dire ce qu’elles feront vraiment.
Où lire cela à la source
L’énoncé voulant que les conjoints de fait n’héritent pas l’un de l’autre, le droit successoral créé pour un conjoint en union parentale et la part du tiers, et l’identification de l’assurance vie comme la voie pour pourvoir à un partenaire survivant sont publiés par la Chambre des notaires du Québec. Les parts en l’absence de testament et la liberté de choisir un bénéficiaire sont publiées par Éducaloi. L’irrévocabilité de la désignation en faveur d’un conjoint marié ou uni civilement est l’article 2449 du Code civil du Québec, lu sur le site des lois de la province.
Consulté le 30 septembre 2026, gratuit. Deux choses sont absentes volontairement: toute règle sur la désignation d’un bénéficiaire de régime enregistré au Québec, et tout énoncé catégorique voulant qu’une désignation prévaut sur un testament. Ni l’un ni l’autre n’a pu être vérifié au niveau du texte de loi, et une règle énoncée de travers sur un capital-décès n’est pas une petite erreur.
Sources
- Chambre des notaires du Québec, les conjoints de fait sont-ils soumis aux mêmes règles que les conjoints mariés, et la foire aux questions sur la part reçue au décès en union parentale, cnq.org, lu le 30 septembre 2026
- Éducaloi, mourir sans testament, et l’assurance vie, educaloi.qc.ca, lu le 30 septembre 2026
- Code civil du Québec, article 2449, legisquebec.gouv.qc.ca, lu le 30 septembre 2026
Questions fréquentes
Un conjoint de fait hérite-t-il au Québec sans testament?
Non, sauf s’il y a une union parentale. Un conjoint en union parentale peut hériter du tiers de la succession, les deux tiers allant aux enfants. Tout autre conjoint de fait n’hérite de rien sans testament.
Qui hérite si un partenaire de fait meurt sans testament et qu’il y a des enfants?
Toute la succession va aux enfants à parts égales. Le partenaire de fait survivant ne reçoit rien, quelle que soit la durée de la vie commune.
Quelles sont les parts en l’absence de testament au Québec?
Un conjoint au sens légal avec des enfants: un tiers au conjoint, deux tiers aux enfants. Un conjoint sans enfant: deux tiers au conjoint, un tiers aux parents survivants. Aucun conjoint et aucun enfant: la moitié aux parents et la moitié aux frères et soeurs. Conjoint veut dire ici marié, uni civilement, ou en union parentale.
Un partenaire de fait peut-il être désigné bénéficiaire d’une assurance vie?
Oui. Le titulaire est libre de choisir le bénéficiaire, et les notaires nomment l’assurance vie comme la façon de pourvoir à un partenaire de fait survivant. Un bénéficiaire désigné est payé directement; lorsque personne n’est désigné la prestation retombe vers la succession.
Une désignation de bénéficiaire peut-elle être changée sans que le bénéficiaire le sache?
Pour un partenaire de fait, généralement oui, sauf si le contrat dit la désignation irrévocable. Le Code civil rend irrévocable par défaut la désignation d’un conjoint marié ou uni civilement, à moins de stipulation contraire. Un conjoint de fait n’est pas dans cette disposition.
La réforme de 2025 a-t-elle donné aux conjoints de fait le droit d’hériter?
Seulement à ceux en union parentale, ce qui exige un enfant né ou adopté à compter du trente juin 2025 ou une adhésion volontaire. Un couple sans enfant, ou avec des enfants nés plus tôt et sans adhésion volontaire, est dans la même situation qu’avant la réforme.
Une rencontre découverte de trente minutes
Une première conversation permet d’établir si cette approche vous convient. Aucune illustration n’est préparée et rien n’est mis en place.
Souvent, la réponse est non, et vous l’entendrez pendant l’appel plutôt que dans une proposition envoyée ensuite.
Le formulaire se trouve sur la page de la rencontre découverte et prend une minute. Il sert à organiser une conversation. Ce n’est pas un conseil, et rien n’y est vendu.
Écouter cette page
Lue à voix haute par votre propre navigateur. Rien n’est transmis.
Divulgations importantes
Cette page est de l’éducation, pas un conseil. Le contenu est de l’information générale préparée par le Centre canadien de création de patrimoine Inc. Il ne tient pas compte de votre situation et ne constitue pas une recommandation d’acheter, de conserver ou de résilier un contrat. CWCC n’est pas inscrit auprès de l’OCRI et n’offre pas de conseils en valeurs mobilières. Le cabinet place de l’assurance au Québec, en Ontario, en Alberta, en Colombie-Britannique, au Manitoba et au Nouveau-Brunswick; ailleurs, les clients sont servis par des conseillers autorisés dans leur province.
Rien ici n’a été écrit avec votre dossier sous les yeux. Lisez pour comprendre le sujet, puis jugez-le selon votre propre situation, idéalement avec une personne autorisée là où vous vivez et qui a vu vos chiffres.
Ceci n’est pas un conseil fiscal, et le traitement fiscal dépend de votre situation. Le traitement fiscal décrit dépend du maintien du statut exonéré du contrat en vertu du Règlement de l’impôt sur le revenu et de la situation individuelle du lecteur. Un retrait, un rachat ou une avance sur police peut constituer une disposition au sens de la Loi de l’impôt sur le revenu, et les montants qui excèdent le coût de base rajusté peuvent être imposables l’année où ils surviennent. Les règles fiscales changent. Le Centre canadien de création de patrimoine Inc. est titulaire d’un permis en assurance de personnes. Ce n’est pas un cabinet comptable, il ne produit pas de déclarations de revenus, et rien sur ce site ne constitue un conseil fiscal ni une opinion sur la situation fiscale d’un lecteur. Ce sur quoi un lecteur entend se fier doit être confirmé auprès d’un comptable professionnel et auprès de Revenu Québec et de l’Agence du revenu du Canada.
Le résultat fiscal n’est ni automatique ni inconditionnel. Il repose sur le maintien du contrat à l’intérieur des règles canadiennes et sur votre propre situation. Avant de vous y fier, parlez à un comptable qui a réellement travaillé avec ces contrats.