La première semaine non payée des prestations de maladie
Par José Salloum, conseiller en sécurité financière | Octobre 2026
Le présent article est de la formation générale portant sur ce que publient l’Autorité des marchés financiers et l’Agence de la consommation en matière financière du Canada, lus sur leurs propres sites en septembre 2026. Ce n’est pas un conseil, cela ne décrit aucun contrat, et aucun montant ni aucune prime n’y est nommé. Ce que prévoit un contrat donné est écrit dans ce contrat.
En clair: ceci est de l’information générale, pas une recommandation. Ce qui vous convient dépend de circonstances que nous n’avons pas vues, et c’est à cela que sert une première conversation.
Points clés
- Les prestations de maladie de l'assurance-emploi versent cinquante-cinq pour cent de la rémunération assurable, jusqu'à un maximum de sept cent vingt-neuf dollars par semaine en 2026, pendant au plus vingt-six semaines. Vingt-six semaines, c'est tout ce qu'il y a.
- Un délai de carence d'une semaine non payée s'applique à toute demande qui débute le 1er janvier 2017 ou après. Il vaut pour les prestations de maladie comme pour les prestations régulières, de maternité, parentales, de compassion, de proche aidant et de pêcheur.
- Aucune des quatre pages sur les prestations de maladie ne mentionne cette semaine. Ni la page d'accueil, ni la page d'admissibilité, ni la page sur le montant, ni la page sur la demande. Le délai de carence n'apparaît que sur une page distincte qui lui est consacrée.
- Le maximum de la rémunération assurable pour 2026 est de soixante-huit mille neuf cents dollars, en hausse par rapport à soixante-cinq mille sept cents dollars en 2025. Les revenus au-delà de ce plafond n'augmentent pas la prestation, puisque le taux hebdomadaire est plafonné.
- Un certificat médical signé par un médecin ou un professionnel de la santé reconnu est exigé, et c'est le prestataire qui paie les frais s'il y en a. La rémunération hebdomadaire habituelle doit avoir diminué de plus de quarante pour cent.
- Le nombre d'heures requises dépend du taux de chômage de la région économique et de toute violation antérieure. Exemples publiés: sept cents heures à un taux régional de six pour cent, et cinq cent vingt-cinq heures lorsque le taux se situe entre dix virgule un et onze pour cent, dans les deux cas sans violation.
- Présenter la demande plus de quatre semaines après le dernier jour de travail peut faire perdre des prestations. La demande n'est pas une démarche à repousser le temps que le portrait médical se précise.
La plupart des travailleurs canadiens tiennent pour acquis que si la maladie les empêche de travailler, les prestations de maladie de l'assurance-emploi vont les rattraper. La prestation existe bel et bien, et pour beaucoup de ménages elle constitue la seule protection du revenu. Elle est aussi plus mince, plus courte et plus lente à démarrer que ce que laissent croire les pages grand public. Trois faits déterminent ce qui arrive réellement: la première semaine ne paie rien, la prestation remplace à peine la moitié d'un salaire moyen et elle est plafonnée, et vingt-six semaines constituent le maximum. Le premier de ces trois faits est celui que les pages sur la maladie ne mentionnent nulle part.
Ce que la prestation verse réellement
Les prestations de maladie de l'assurance-emploi versent cinquante-cinq pour cent de la rémunération assurable, jusqu'à un maximum hebdomadaire de sept cent vingt-neuf dollars en 2026, pendant au plus vingt-six semaines. Ce maximum est passé de six cent quatre-vingt-quinze dollars en 2025, parce que le maximum de la rémunération assurable est passé de soixante-cinq mille sept cents dollars à soixante-huit mille neuf cents dollars. Le taux de remplacement, lui, n'a pas changé. Cinquante-cinq pour cent, en 2025 comme en 2026.
Deux conditions se trouvent sous le montant. La rémunération hebdomadaire habituelle doit avoir diminué de plus de quarante pour cent, et un certificat médical signé par un médecin ou un professionnel de la santé reconnu est exigé. Les pages publiées sont claires: c'est le prestataire qui paie les frais réclamés pour ce certificat. Rien dans les pages consultées n'indique un remboursement, et une personne déjà privée de revenu paie ces frais avant le premier dollar de prestation.
Le montant hebdomadaire est calculé sur les meilleures semaines de rémunération, de quatorze à vingt-deux, selon le taux de chômage de la région économique où habite le prestataire. Une région où le chômage est plus élevé en utilise moins. Deux personnes dont les talons de paie sont identiques peuvent donc être évaluées différemment, en raison de leur lieu de résidence.
La première semaine ne paie rien
Un délai de carence d'une semaine non payée s'applique aux demandes qui débutent le 1er janvier 2017 ou après. Ce n'est pas une règle propre à la maladie. Elle vaut autant pour les prestations régulières que pour les prestations de maladie, de maternité, parentales, de compassion, de proche aidant et de pêcheur. C'est une semaine purgée et non une semaine payée, et elle vient en premier.
Le délai de carence était auparavant de deux semaines. Son passage à une semaine n'a pas modifié le nombre maximal de semaines payables, ce que la page publiée énonce sans détour. Cela vaut une deuxième lecture, car l'arithmétique est sans pitié: vingt-six semaines de prestations de maladie suivent toujours une semaine à zéro. Une maladie qui éloigne une personne du travail pendant vingt-sept semaines produit vingt-six semaines de versements et une semaine de rien.
Pour un ménage qui vit près de son revenu, cette semaine est tout le problème. Le loyer, le paiement hypothécaire et l'épicerie ne s'arrêtent pas pendant un délai de carence. Cette semaine doit être portée par une épargne, une marge de crédit, la famille, ou un contrat privé dont le délai commence plus tôt. Rien dans les pages officielles consultées ne dit comment un ménage est censé la couvrir.
Où se trouve le délai de carence, et où il ne se trouve pas
Le délai de carence figure sur une page qui lui est propre, consacrée aux délais de carence. Il ne figure pas sur la page d'accueil des prestations de maladie. Il ne figure pas sur la page d'admissibilité. Il ne figure pas sur la page qui explique le montant. Il ne figure pas sur la page de la demande. Ces quatre pages sont précisément celles qu'une personne malade consulte.
Il s'agit ici d'un constat sur quatre pages publiées, consultées le 1er octobre 2026, et de rien de plus. Aucune accusation, aucune hypothèse sur les raisons de cette rédaction. La conséquence, en revanche, est concrète et facile à énoncer: une personne qui lit uniquement les pages sur la maladie, du début à la fin, puis présente sa demande, n'apprendrait pas que la première semaine ne paie rien. Elle l'apprendrait au premier versement.
Une seconde omission est plus modeste mais tout aussi réelle. La page d'admissibilité ne mentionne pas le maximum de vingt-six semaines que porte la page d'accueil. Un lecteur qui arrive sur la page d'admissibilité par une recherche, se convainc qu'il se qualifie et passe directement à la demande n'apprend pas de cette page combien de temps la prestation peut durer. Lorsqu'une source officielle est muette, ce silence fait partie de ce qu'un lecteur doit savoir.
Les heures, la région et le compte à rebours de quatre semaines
Les heures requises ne forment pas un chiffre national unique. Elles varient selon le taux de chômage de la région économique et selon toute violation antérieure au dossier du prestataire. Les exemples publiés en donnent la forme: sept cents heures lorsque le taux régional est de six pour cent et qu'il n'y a aucune violation, et cinq cent vingt-cinq heures lorsque le taux se situe entre dix virgule un et onze pour cent, là encore sans violation. Neuf tranches de taux de chômage et cinq catégories de violation sont présentées en tableau.
Lisons ce tableau à l'envers. Un chômage régional plus élevé signifie moins d'heures exigées; une violation au dossier en exige davantage. Une personne qui n'a jamais regardé ce tableau n'a aucun moyen de savoir dans quelle case elle se trouve, et c'est la case qui détermine s'il y a une demande possible ou non.
Il y a aussi une horloge. Présenter la demande plus de quatre semaines après le dernier jour de travail peut faire perdre des prestations, et quatre semaines, c'est court quand un ménage encaisse un diagnostic, un séjour hospitalier et une série de rendez-vous. Le certificat peut suivre, mais le dépôt de la demande ne doit pas être repoussé.
Cinquante-cinq pour cent, puis le plafond
Prenons des chiffres ronds pour rendre l'arithmétique visible. Une personne qui gagne mille dollars par semaine a une rémunération assurable de cinquante-deux mille dollars par année, sous le plafond. Cinquante-cinq pour cent de mille dollars donne cinq cent cinquante dollars par semaine. Voilà ce qui entre, dans un ménage organisé autour de mille dollars par semaine.
Prenons maintenant le plafond lui-même. Le maximum de la rémunération assurable pour 2026, soixante-huit mille neuf cents dollars, réparti sur cinquante-deux semaines, donne mille trois cent vingt-cinq dollars par semaine. Cinquante-cinq pour cent de ce montant donne sept cent vingt-huit dollars et soixante-quinze cents, qui s'arrondit au maximum publié de sept cent vingt-neuf dollars. Voilà tout ce qu'est le plafond: cinquante-cinq pour cent du maximum assurable, et rien au-delà.
Ainsi une personne qui gagne deux mille dollars par semaine et une personne qui gagne mille trois cent vingt-cinq dollars par semaine reçoivent les mêmes sept cent vingt-neuf dollars. Pour la première, le remplacement tourne autour de trente-six pour cent du salaire, et non de cinquante-cinq. Et dans les deux cas, la première de ces semaines ne paie rien. Vingt-six semaines au maximum représentent dix-huit mille neuf cent cinquante-quatre dollars en tout, reçus sur une absence de vingt-sept semaines.
Une semaine calculée, avec des chiffres inventés
Prenons une travailleuse inventée dont le salaire est de quatre-vingt-onze mille dollars par année, soit mille sept cent cinquante dollars par semaine. La rémunération assurable s'arrête au plafond de 2026, soixante-huit mille neuf cents dollars, de sorte que la prestation est plafonnée à sept cent vingt-neuf dollars par semaine, soit environ quarante-deux pour cent de son salaire réel. La demande débute, et la première semaine est le délai de carence: rien n'est versé pour elle. Les versements courent ensuite pendant au plus vingt-six semaines. Si la maladie dure les vingt-six semaines complètes de prestations, le ménage a été sans salaire pendant vingt-sept semaines et a reçu dix-huit mille neuf cent cinquante-quatre dollars en tout, contre un salaire d'environ quarante-sept mille dollars sur la même période. Le certificat médical a été payé de sa poche. Et cette première semaine ne figurait sur aucune des quatre pages sur les prestations de maladie qu'elle avait lues avant de présenter sa demande.
Un repère vers les prestations pour proches aidants
Les prestations pour proches aidants forment une famille distincte et méritent leur propre lecture, mais deux choses valent d'être nommées ici. Elles durent trente-cinq, quinze et vingt-six semaines, selon celle qui s'applique. L'admissibilité exige six cents heures assurables dans les cinquante-deux semaines précédant la demande ou depuis la dernière demande, et une baisse de plus de quarante pour cent de la rémunération hebdomadaire habituelle pendant au moins une semaine.
La page d'accueil des prestations pour proches aidants ne porte aucun taux, aucun maximum hebdomadaire, aucune heure requise et aucune mention d'un délai de carence. Une personne qui lit cette seule page apprend à quoi servent ces prestations et non ce qu'elles versent. Un seul délai de carence est purgé par membre de la famille gravement malade par fenêtre de cinquante-deux semaines, une règle qu'un lecteur voudrait connaître et qu'il ne trouvera pas là.
Pour les prestations de compassion, vingt-six semaines désignent deux choses à la fois: le nombre maximal de semaines payables, et l'horizon de l'attestation du risque important de décès. La page grand public ne distingue pas clairement les deux, et un même nombre qui porte deux idées est le genre de recoupement qui produit un malentendu que personne n'a voulu.
Comment cela s'articule avec un contrat privé
Le site traite déjà le volet du ménage dans le délai de carence et le budget du ménage, et les contrats privés eux-mêmes dans les pages sur l'assurance invalidité. Un contrat privé a son propre délai de carence, fixé dans ce contrat, et sa durée est une clause que l'on choisit ou que l'on reçoit.
La question qu'un ménage qui dispose des deux doit poser est celle de leur articulation. Rien ne garantit qu'un délai privé commence là où le délai public se termine, ni que deux définitions de l'incapacité de travailler concordent, ni que vingt-six semaines de prestation publique soient suivies de quoi que ce soit. Ce sont des questions à porter aux documents. Cet article n'avance rien sur ce que fait un contrat donné.
Ce que les règles publiques établissent, c'est la forme du trou: une semaine à zéro, puis au plus vingt-six semaines à cinquante-cinq pour cent jusqu'à un plafond de sept cent vingt-neuf dollars, puis plus rien de cette prestation. Ce qui couvre le reste, si quelque chose le couvre, doit être connu avant la maladie et non après.
Sources
- Gouvernement du Canada, Prestations de maladie de l'assurance-emploi: ce que ces prestations offrent, consulté le 1er octobre 2026, https://www.canada.ca/en/services/benefits/ei/ei-sickness.html
- Gouvernement du Canada, Prestations de maladie de l'assurance-emploi: êtes-vous admissible, consulté le 1er octobre 2026, https://www.canada.ca/en/services/benefits/ei/ei-sickness/eligibility.html
- Gouvernement du Canada, Prestations de maladie de l'assurance-emploi: combien pourriez-vous recevoir, consulté le 1er octobre 2026, https://www.canada.ca/en/services/benefits/ei/ei-sickness/benefit-amount.html
- Gouvernement du Canada, Prestations de maladie de l'assurance-emploi: présenter une demande, consulté le 1er octobre 2026, https://www.canada.ca/en/services/benefits/ei/ei-sickness/apply.html
- Gouvernement du Canada, L'assurance-emploi et le délai de carence, consulté le 1er octobre 2026, https://www.canada.ca/en/services/benefits/ei/waiting-period.html
- Gouvernement du Canada, Assurance-emploi, maximum de la rémunération assurable et taux de cotisation pour 2026, consulté le 1er octobre 2026, https://www.canada.ca/en/employment-social-development/programs/ei/ei-list/ei-employers/premium-reduction-program/2026-maximum-insurable-earnings.html
- Gouvernement du Canada, Prestations et congés pour proches aidants de l'assurance-emploi, consulté le 1er octobre 2026, https://www.canada.ca/en/services/benefits/ei/caregiving.html
- Gouvernement du Canada, Prestations pour proches aidants de l'assurance-emploi: renseignements pour les professionnels de la santé, consulté le 1er octobre 2026, https://www.canada.ca/en/services/benefits/ei/caregiving/individuals-medical-professionals.html
Questions fréquentes
La première semaine des prestations de maladie est-elle vraiment non payée?
Oui. Un délai de carence d'une semaine non payée s'applique aux demandes qui débutent le 1er janvier 2017 ou après, et il couvre les prestations de maladie comme les prestations régulières, de maternité, parentales, de compassion, de proche aidant et de pêcheur. Il est passé de deux semaines à une, et cette réduction n'a pas augmenté le nombre maximal de semaines payables. Il est énoncé sur la page du délai de carence, non sur les pages sur la maladie.
Combien vais-je réellement recevoir?
Cinquante-cinq pour cent de la rémunération assurable, jusqu'à un maximum de sept cent vingt-neuf dollars par semaine en 2026. Le montant hebdomadaire est calculé sur vos meilleures semaines, de quatorze à vingt-deux selon le taux de chômage de votre région économique. Les revenus au-delà du plafond de 2026, soixante-huit mille neuf cents dollars, n'augmentent pas le versement, puisque le taux hebdomadaire est plafonné.
Combien de temps les prestations de maladie peuvent-elles durer?
Au plus vingt-six semaines. Ce maximum figure sur la page d'accueil. Il ne figure pas sur la page d'admissibilité, de sorte qu'un lecteur qui commence par celle-là n'apprend pas combien de temps la prestation peut durer. Les vingt-six semaines de versements suivent la semaine de carence, donc une absence de vingt-sept semaines donne vingt-six semaines d'argent.
Combien d'heures faut-il pour se qualifier?
Cela dépend du taux de chômage de votre région économique et de toute violation antérieure à votre dossier. Neuf tranches de taux de chômage et cinq catégories de violation sont présentées en tableau. Deux exemples publiés: sept cents heures lorsque le taux régional est de six pour cent sans violation, et cinq cent vingt-cinq heures lorsque le taux se situe entre dix virgule un et onze pour cent sans violation.
Qui paie le certificat médical?
Vous. Un certificat médical signé par un médecin ou un professionnel de la santé reconnu est exigé, et les pages publiées précisent que c'est le prestataire qui paie les frais réclamés. Rien dans les pages consultées n'indique un remboursement. C'est une dépense personnelle engagée avant le versement de toute prestation.
Pourquoi le taux de cotisation est-il plus bas au Québec?
En raison du régime provincial d'assurance parentale, qui couvre les prestations de maternité et les prestations parentales des travailleurs québécois. En 2026, le taux du salarié au Québec est de un dollar et trente cents par cent dollars, pour un maximum annuel de huit cent quatre-vingt-quinze dollars et soixante-dix cents; ailleurs, un dollar et soixante-trois cents, pour un maximum de mille cent vingt-trois dollars et sept cents. La prestation de maladie, elle, est identique.
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