RRQ et RPC, là où les deux régimes divergent
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Par José Salloum, conseiller en sécurité financière | Septembre 2026
Cet article est de l’information générale sur deux régimes publics de rentes, le Régime de rentes du Québec administré par Retraite Québec et le Régime de pensions du Canada administré par Service Canada. Ce n’est pas un conseil fiscal, ce n’est pas un avis juridique, et ce n’est pas une recommandation pour un ménage en particulier. Les règles décrites ici ont été lues sur les pages des autorités elles mêmes le 8 septembre 2026, et les deux régimes changent. Chaque montant, chaque plafond, chaque exemption et chaque facteur d’ajustement est fixé annuellement ou par règlement, est publié par l’autorité qui l’administre, et n’est volontairement pas imprimé ici. Le droit à une prestation est décidé par l’autorité selon le dossier individuel de cotisations. Éducatif seulement.
En clair: ceci est de l’information générale, pas une recommandation. Ce qui vous convient dépend de circonstances que nous n’avons pas vues, et c’est à cela que sert une première conversation.
À retenir
- Le travailleur dont l’emploi se trouve au Québec cotise au Régime de rentes du Québec et non au régime fédéral, et c’est le lieu où le travail est exécuté qui détermine le régime applicable, pas le lieu de résidence du travailleur.
- Les cotisations versées aux deux régimes ne sont jamais perdues et n’ont jamais à être transférées: le régime de la province de résidence au moment de la demande tient compte des deux dossiers et verse une seule rente.
- Les deux régimes versent une rente de retraite dès 60 ans, mais le régime fédéral applique un seul facteur de réduction mensuel à tout le monde alors que le facteur québécois varie selon la taille de la rente acquise, et le Québec permet de reporter jusqu’à 72 ans là où le fédéral s’arrête à 70 ans.
- De 60 à 64 ans, le Québec applique un critère d’invalidité différent, qui demande si l’état de santé empêche la personne d’exercer son travail habituel, alors que le régime fédéral demande à tout âge si un travail véritablement rémunérateur demeure possible.
- La prestation pour les enfants est l’écart le plus net: la rente d’orphelin québécoise cesse à 18 ans sans aucune prolongation pour l’enfant aux études, tandis que la prestation fédérale pour enfants se poursuit pour un étudiant jusqu’au milieu de la vingtaine.
- Le partage des gains inscrits au régime québécois est automatique lorsqu’un jugement de divorce est rendu au Québec, sauf renonciation expresse, alors qu’un partage de crédits fédéral doit toujours être demandé.
- La Sécurité de la vieillesse et le Supplément de revenu garanti sont fédéraux pour tous les Canadiens, y compris les résidents du Québec, et ne dépendent aucunement du régime qui a perçu les cotisations.
Presque tout ce qui s’écrit au Canada sur la rente publique traite un régime comme la norme nationale et mentionne l’autre entre parenthèses. Pour un lecteur québécois, c’est l’inverse qu’il faudrait faire. Le travailleur dont l’emploi se situe au Québec cotise au Régime de rentes du Québec, administré par Retraite Québec en vertu d’une loi provinciale, et ne verse rien du tout au régime fédéral. Les deux ont pourtant été conçus pour s’emboîter. Ils sont entrés en vigueur le même jour en 1966, ils partagent le même maximum des gains admissibles, ils ont été bonifiés en parallèle en 2019 puis de nouveau en 2024, et ni l’un ni l’autre ne peut laisser en plan une personne qui traverse une frontière provinciale. Il reste que ce sont deux lois appliquées par deux organismes distincts, et qu’en soixante ans les règles se sont éloignées l’une de l’autre précisément là où de l’argent réel se décide pour un ménage réel: ce qu’une demande d’invalidité doit démontrer à 62 ans, et combien de temps un enfant continue de toucher une prestation après le décès d’un parent. Cet article place les deux régimes côte à côte et nomme l’autorité pour chaque point.
Deux régimes, une seule vie active
Les deux régimes ont été conçus comme un seul système et, pour l’essentiel, ils se comportent encore ainsi. Le maximum des gains admissibles est le même chiffre des deux côtés de la rivière des Outaouais. La cotisation supplémentaire entrée en vigueur en 2019 et la seconde cotisation supplémentaire sur les gains situés au dessus du premier plafond, entrée en vigueur en 2024, ont été adoptées en parallèle, de sorte qu’une année de cotisation vaut la même chose dans un régime comme dans l’autre. Personne ne cotise aux deux régimes pour un même emploi. Sources: Retraite Québec, Régime de rentes du Québec, et Service Canada, Cotisations au Régime de pensions du Canada, consultées le 8 septembre 2026.
Le régime applicable est déterminé par le lieu où le travail est exécuté, et non par le lieu où le travailleur dort. Un résident du Québec qui se déplace chaque matin vers un employeur ontarien cotise au régime fédéral pour cet emploi. Un résident de l’Ontario qui se déplace vers un employeur montréalais cotise au régime québécois. Sur une carrière qui bouge, et pour bien des gens elle bouge plusieurs fois, le résultat est une vie active inscrite à deux endroits à la fois.
Ce qui arrive au dossier quand une personne déménage
Retraite Québec énonce la règle sans détour: lorsqu’une personne a cotisé aux deux régimes, elle tient compte des cotisations versées aux deux pour établir le droit à une prestation et pour en calculer le montant. Service Canada dit la même chose depuis l’autre rive et dirige vers Retraite Québec la personne qui a travaillé au Québec, ou qui a travaillé ailleurs tout en y résidant. Sources: Retraite Québec, Si vous avez travaillé ailleurs au Canada, et Service Canada, Régime de pensions du Canada, Êtes vous admissible, consultées le 8 septembre 2026.
La demande est faite au régime de la province de résidence au moment où elle est présentée. Une personne qui vit à l’extérieur du Canada s’adresse au régime de sa dernière province de résidence. Ainsi, une femme qui a passé vingt ans à Trois Rivières et vingt ans à Calgary et qui prend sa retraite à Calgary s’adresse à Service Canada, et ses années québécoises sont comptées. Un homme dont le dossier est entièrement fédéral et qui prend sa retraite en Gaspésie s’adresse à Retraite Québec, et ses années fédérales sont comptées. Une demande, un versement, un organisme au bout du fil. Il vaut la peine d’insister sur ce point parce qu’il est mal compris: ce n’est pas le régime auquel vous avez cotisé le plus longtemps qui décide, ni celui que vous préférez, mais uniquement l’endroit où vous habitez le jour où vous signez la demande. Une personne qui déménage six mois avant de demander sa rente change donc d’organisme payeur sans rien changer au montant calculé.
Les cotisations et la position du travailleur autonome
Les deux régimes prélèvent des cotisations sur les revenus de travail situés au dessus d’une exemption générale et jusqu’à un plafond, et dans les deux cas l’employé et l’employeur en paient chacun la moitié. Les cotisations québécoises sont perçues par Revenu Québec, les cotisations fédérales par l’Agence du revenu du Canada. Les taux diffèrent, et le taux québécois est depuis quelques années le plus élevé des deux, ce qui traduit un fait démographique sur le bassin de cotisants plutôt qu’un choix politique de générosité. Les taux sont refixés chaque année et cet article ne les imprime pas. Sources: Retraite Québec, Régime de rentes du Québec, et Service Canada, Cotisations au Régime de pensions du Canada, consultées le 8 septembre 2026.
Le travailleur autonome se trouve dans la même position sous l’un et l’autre régime, et c’est la position que la plupart des gens trouvent la plus ingrate. Il n’y a pas d’employeur, alors le travailleur paie la part patronale en plus de la part salariale sur la totalité de son revenu net d’entreprise compris entre l’exemption et le plafond. Une partie de ce qui est versé est déductible dans le calcul du revenu et une autre partie donne droit à un crédit, et le partage entre les deux a bougé au fil de la mise en place de la bonification. Savoir laquelle est laquelle pour une année donnée est une question pour un fiscaliste, pas pour un site web.
La rente de retraite et l’ajustement selon le moment
Les deux régimes versent une rente de retraite dès 60 ans, tous deux traitent 65 ans comme l’âge normal auquel la rente calculée est versée en entier, tous deux la réduisent pour chaque mois d’anticipation avant 65 ans et tous deux la majorent pour chaque mois de report après 65 ans. Jusque là, ce sont deux exemplaires du même instrument, et le raisonnement général sur la demande hâtive ou tardive vaut pour les deux. Notre page sur le moment de demander la rente publique expose ce raisonnement.
La première divergence tient au calcul de la réduction. Le régime fédéral applique un seul facteur mensuel à tout le monde. Retraite Québec applique un facteur qui varie selon la taille de la rente que le cotisant a réellement acquise, de sorte qu’une personne ayant droit à une petite rente est réduite de moins chaque mois qu’une personne ayant droit à une rente maximale. Deux cotisants du même âge, prenant la même décision le même jour, sont donc traités différemment par le régime québécois et identiquement par le régime fédéral. Source: Retraite Québec, Calcul de votre rente de retraite, consultée le 8 septembre 2026.
La seconde divergence se situe à l’autre extrémité. La rente fédérale peut être reportée jusqu’à 70 ans, pas au delà. Depuis le 1er janvier 2024, la rente québécoise peut être reportée jusqu’à 72 ans, et la période cotisable québécoise a été prolongée en conséquence. Le Québec compare de plus la position des gains moyens à 65 ans avec celle qui prévaut à la date de la demande et paie sur la plus avantageuse des deux, de sorte que des années de faibles gains ou sans gains après 65 ans ne peuvent plus tirer la rente vers le bas. Le cotisant québécois qui travaille après 65 ans dispose donc de deux années de report de plus et d’une protection que le régime fédéral n’offre pas. Source: Retraite Québec, Calcul de votre rente de retraite, consultée le 8 septembre 2026.
Travailler une fois la rente commencée
Les deux régimes permettent de toucher une rente de retraite et de continuer à travailler, et tous deux portent les cotisations additionnelles au crédit d’un montant viager supplémentaire. Le Québec l’appelle le supplément à la rente de retraite, l’ajoute sans aucune demande et l’indexe au coût de la vie pour la vie. Le régime fédéral appelle sa version la prestation après retraite. L’idée est identique: le travail exécuté après le début de la rente n’est pas perdu.
La différence porte sur le moment où un travailleur peut cesser de cotiser. Depuis le 1er janvier 2024, le travailleur québécois de 65 ans ou plus qui reçoit une rente de retraite de l’un ou l’autre régime peut choisir de cesser de cotiser, en déposant le choix auprès de son employeur et de Revenu Québec, et il peut revenir sur ce choix par la suite. Les cotisations cessent pour tout le monde le 1er janvier qui suit le soixante douzième anniversaire. Sous le régime fédéral, le choix équivalent existe dès 65 ans et les cotisations prennent fin à 70 ans. Sources: Retraite Québec, Choisir de cesser de cotiser au Régime de rentes du Québec, et Service Canada, Cotisations au Régime de pensions du Canada, consultées le 8 septembre 2026.
Le critère d’invalidité et les mots qui diffèrent
Les deux régimes versent une rente d’invalidité au cotisant qui ne peut plus travailler et qui a cotisé assez récemment, et tous deux utilisent un critère en deux volets. Les mots ne sont pas les mêmes. Le Québec exige que l’état soit grave et permanent: grave signifie qu’il empêche la personne d’exercer quelque travail que ce soit à temps plein, et permanent signifie qu’il est de durée indéfinie et sans possibilité d’amélioration. Le critère fédéral est grave et prolongé: grave signifie que la personne est régulièrement empêchée d’exercer un travail véritablement rémunérateur, et prolongé signifie de longue durée et de durée indéfinie, ou susceptible d’entraîner le décès. Sources: Retraite Québec, Rente d’invalidité, et Service Canada, Admissibilité à la prestation d’invalidité du RPC, consultées le 8 septembre 2026.
Les exigences de cotisation diffèrent également. Avant 60 ans, le critère québécois est rempli par des cotisations pendant deux des trois dernières années, ou cinq des dix dernières, ou la moitié de la période cotisable avec un minimum de deux ans. Le critère fédéral est de quatre des six dernières années, ou vingt cinq ans au total dont trois des six dernières. Les conditions québécoises sont plus faciles à satisfaire après un parcours de travail interrompu ou morcelé, ce qui est très exactement le parcours de nombreux demandeurs invalides.
La norme différente que le Québec applique de 60 à 64 ans
Voici la divergence que le travailleur québécois d’un métier physique a le plus besoin de connaître, et elle n’est presque jamais mentionnée dans la couverture pancanadienne. De 60 à 64 ans, Retraite Québec peut reconnaître invalide le cotisant dont l’état de santé l’empêche d’exercer son travail habituel, ou l’oblige à en réduire les heures, pour une période d’au moins trois mois, pourvu que ses revenus mensuels demeurent sous un plafond que Retraite Québec publie. La condition de cotisation dans cette tranche d’âge est d’avoir cotisé au moins trois des six dernières années de la période cotisable. Source: Retraite Québec, Rente d’invalidité, consultée le 8 septembre 2026.
Placez cela à côté du critère ordinaire et l’ampleur de la concession saute aux yeux. Le critère ordinaire demande si la personne peut encore exercer quelque travail que ce soit. Le critère de 60 à 64 ans demande si la personne peut encore exercer le travail qu’elle exerce effectivement. Un couvreur de 62 ans dont les épaules ont lâché peut échouer à la première question et réussir à la seconde sur le même dossier médical. La distinction n’est pas théorique. Elle décide chaque année du sort de demandes présentées par des soudeurs, des préposées aux bénéficiaires, des chauffeurs et des enseignantes qui ont encore la capacité d’occuper un poste adapté mais plus celle d’occuper le leur. Avant de conclure qu’une demande est sans espoir, il faut donc vérifier lequel des deux critères s’applique à l’âge du demandeur.
Le régime fédéral n’a pas d’équivalent. La même norme s’applique à 61 ans comme à 31 ans. Ce que le régime fédéral offre plutôt, c’est une prestation d’invalidité après retraite pour la personne de 60 à 65 ans qui reçoit déjà une rente de retraite et qui satisfait aux critères ordinaires d’invalidité, ce qui maintient la rente de retraite en paiement et y ajoute un montant. Le Québec prévoit un montant additionnel comparable pour le bénéficiaire d’une rente de retraite devenu invalide. Les deux méritent qu’on s’en informe; aucun des deux ne change la norme appliquée. Source: Service Canada, Admissibilité à la prestation d’invalidité du RPC, consultée le 8 septembre 2026.
La rente de conjoint survivant
Sous les deux régimes, une rente de conjoint survivant est payable lorsque la personne décédée a cotisé assez longtemps. Retraite Québec exige dix années de cotisations, ou au moins le tiers de la période cotisable avec un minimum de trois ans. Le régime fédéral utilise une période minimale d’admissibilité construite de la même manière. Source: Retraite Québec, Admissibilité aux prestations de survivants, consultée le 8 septembre 2026.
La définition du conjoint diffère. Le Québec reconnaît le conjoint marié, le conjoint uni civilement et le conjoint de fait, ce dernier après trois ans de vie commune, ou après un an lorsqu’un enfant est né de l’union ou a été adopté pendant celle ci. Le conjoint de fait ne peut pas être reconnu tant que la personne décédée était mariée à quelqu’un d’autre ou unie civilement à quelqu’un d’autre. Un nouveau mariage ne met pas fin à une rente déjà en paiement. Le régime fédéral reconnaît le conjoint légal et le conjoint de fait après un an de vie commune. Un couple de deux ans est donc un couple à Moncton et n’en est pas un à Rimouski, et c’est le genre de détail qui ne remonte à la surface qu’au pire moment possible. Sources: Retraite Québec, La rente de conjoint survivant, et Service Canada, Pension de survivant du RPC, consultées le 8 septembre 2026.
La construction des montants diffère aussi. Le montant fédéral bascule sur un seul seuil: le survivant de moins de 65 ans reçoit un montant forfaitaire plus une fraction de la rente de retraite du cotisant, et le survivant de 65 ans ou plus reçoit une fraction plus grande de cette rente et aucun montant forfaitaire. Le Québec établit le montant par tranche d’âge, et à l’intérieur de la tranche la plus jeune il distingue le survivant qui a des enfants à charge et le survivant invalide de celui qui n’est ni l’un ni l’autre. Dans les deux régimes, la rente de survivant peut se combiner à la rente de retraite ou d’invalidité du survivant lui même, et dans les deux le montant combiné est plafonné par la loi, de sorte que la seconde rente est rarement reçue en entier.
Le guide de référence
Commencez ici: toute la stratégie en une page
Ce que c’est, comment cela fonctionne au Canada, ce que cela coûte, ce que cela risque, combien de temps cela prend et à qui cela ne convient pas.
Lire le guideLa rente d’orphelin, le plus grand écart entre les deux régimes
La rente d’orphelin québécoise est payable pour l’enfant mineur d’un cotisant décédé, ou pour l’enfant qui a vécu avec la personne décédée pendant au moins un an et qui recevait d’elle des soins parentaux. Elle est versée à la personne qui subvient aux besoins de l’enfant, elle est imposable dans le revenu de l’enfant et non dans celui de cette personne, et elle cesse au 18e anniversaire. Il n’existe aucune prolongation pour l’enfant qui poursuit ses études. Source: Retraite Québec, Rente d’orphelin, consultée le 8 septembre 2026.
La prestation fédérale pour enfants, elle, ne s’arrête pas à 18 ans. Elle se poursuit pour l’enfant à charge qui fréquente l’école à temps plein jusqu’au milieu de la vingtaine, et depuis le 1er janvier 2025 l’étudiant à temps partiel de la même tranche d’âge reçoit la moitié du montant prévu pour l’étudiant à temps plein. Sources: Service Canada, Pension de survivant du RPC, et Emploi et Développement social Canada, communiqué de janvier 2025, consultés le 8 septembre 2026.
Mettez ces deux paragraphes côte à côte et l’ampleur de la différence devient évidente. Un parent meurt à Sherbrooke en laissant un enfant de 17 ans. L’enfant touche une prestation pendant une année encore. La même famille à Sudbury, avec l’enfant qui entre ensuite à l’université, touche une prestation pendant des années. Rien ne distingue les deux familles sauf la province où le parent travaillait. C’est le cas le plus limpide, sur tout ce site, d’un trou du régime public qu’il faut combler soi même, et en mesurer la taille est tout le sujet de combien de couverture un ménage a besoin.
La prestation de décès
Les deux régimes versent une somme forfaitaire unique au décès d’un cotisant, et pendant de longues années les deux montants étaient le même maximum fixe. La prestation québécoise va d’abord à la personne ou à l’organisme de charité qui a payé les frais funéraires, à condition que la demande soit déposée avec les pièces justificatives dans les 60 jours du décès. Passé ce délai, et jusqu’à cinq ans, elle va à celui qui présente une demande le premier parmi les héritiers, le liquidateur et les autres personnes admissibles. Elle est imposable dans le revenu de la succession, quel que soit le nom inscrit sur le chèque, ce qui surprend le proche qui a payé les funérailles de sa poche. Source: Retraite Québec, Prestation de décès du Régime de rentes du Québec, consultée le 8 septembre 2026.
L’ordre de priorité fédéral commence ailleurs: le liquidateur ou l’exécuteur de la succession présente la demande en premier, et ce n’est qu’en l’absence de succession, ou faute de demande de sa part, qu’elle passe à la personne qui a payé les frais funéraires, puis au conjoint survivant, puis au plus proche parent. Pour les décès survenus le 1er janvier 2025 ou après, le régime fédéral a ajouté un supplément, payable lorsque la personne décédée était admissible à la prestation de base, n’a jamais reçu de rente de retraite ni de rente d’invalidité de l’un ou l’autre régime, et ne laisse aucun conjoint admissible à une rente de survivant. Le Québec n’a pas d’ajout équivalent. Source: Service Canada, Prestation de décès, consultée le 8 septembre 2026.
Partager une rente ou partager les gains
Ce sont deux choses différentes aux noms trompeusement voisins, et les confondre est courant. Le partage de la rente est volontaire, il vise un couple qui vit ensemble, et il déplace du revenu imposable de la déclaration la plus élevée vers la moins élevée. Sous le régime québécois, les deux conjoints doivent avoir au moins 60 ans; lorsque les deux ont cotisé, les deux doivent recevoir une rente de retraite; la portion partagée reflète la période de vie commune plutôt que d’être une moitié pure et simple; et le partage prend fin au décès, à la séparation, ou sur demande conjointe. Source: Retraite Québec, Partage de la rente de retraite entre conjoints, consultée le 8 septembre 2026. Voir aussi le fractionnement du revenu.
Le partage des gains est ce qui se produit à la rupture, et là les deux régimes se comportent de façon opposée. Au Québec, le partage des gains de travail inscrits au régime est automatique lorsqu’un jugement de divorce, de séparation de corps ou de dissolution d’union civile est rendu au Québec, sauf si les ex conjoints y ont expressément renoncé. Renoncer au partage du patrimoine familial n’est pas le même acte et n’emporte pas cette renonciation. Les conjoints de fait ne sont pas visés automatiquement et doivent en faire la demande, dans les quatre ans de la séparation. Source: Retraite Québec, Partage des gains de travail entre conjoints, consultée le 8 septembre 2026.
Sous le régime fédéral, rien n’est automatique. L’un des ex conjoints doit présenter une demande, le partage une fois fait est définitif, il n’y a pas de délai lorsque le divorce est postérieur au début de 1987, et l’ancien conjoint de fait dispose de quarante huit mois à compter de la date où le couple a commencé à vivre séparément. Source: Service Canada, Divorce ou séparation, partage des crédits du Régime de pensions du Canada, consultée le 8 septembre 2026. Le piège vise le couple qui a accumulé ses gains au Québec, qui a déménagé, puis qui s’est séparé ailleurs en croyant que quelque chose allait se produire tout seul. Le réflexe utile, à la rupture comme au moment de la retraite, est de demander à chacun des deux organismes un relevé de participation à jour et de le lire avant de signer quoi que ce soit. Les deux relevés existent, les deux sont gratuits, et ils disent exactement ce que chaque régime a inscrit à votre nom.
Où faire la demande, et pour quoi
La règle est courte. Les demandes de rente de retraite, de rente d’invalidité et de prestations de survivants sont adressées au régime de la province de résidence au moment de la demande, quel que soit le régime qui a perçu les cotisations. La personne qui vit hors du Canada s’adresse au régime de sa dernière province de résidence. Les résidents du Québec s’adressent à Retraite Québec même lorsque tout le dossier est fédéral; tous les autres s’adressent à Service Canada même lorsque tout le dossier est québécois. Sources: Retraite Québec, Si vous avez travaillé ailleurs au Canada, et Service Canada, Régime de pensions du Canada, Êtes vous admissible, consultées le 8 septembre 2026.
Deux demandes méritent d’être isolées. La demande de survivant se fait sur le dossier de la personne décédée, de sorte que la résidence pertinente est celle du défunt. Et la prestation de décès se réclame du même régime que les prestations de survivants, sur le même formulaire, ce qui explique pourquoi la fenêtre de priorité de 60 jours au Québec importe tant à celui qui a signé le chèque au salon funéraire.
Questions fréquentes
J’ai travaillé des années au Québec puis j’ai déménagé dans l’Ouest. Ai je perdu ces cotisations?
Non. Retraite Québec et Service Canada conservent chacun le registre des cotisations qu’ils ont perçues, et le régime qui administre votre demande tient compte des deux registres pour établir votre droit et calculer le montant. Vous présentez une seule demande, au régime de la province où vous habitez au moment de la demande, et vous recevez une seule rente. Il n’y a rien à transférer et aucun formulaire qui déplace l’argent d’un régime à l’autre.
J’habite Gatineau et je travaille à Ottawa. À quel régime est ce que je cotise?
Au régime fédéral, parce que la cotisation suit le lieu de l’emploi et non le lieu de résidence. Votre relevé de paie montrera une retenue au titre du Régime de pensions du Canada et non du Régime de rentes du Québec. Si vous prenez votre retraite alors que vous habitez au Québec, vous vous adresserez tout de même à Retraite Québec, et votre dossier fédéral sera compté en entier. L’inverse vaut pour la personne qui habite en Ontario et travaille à Montréal.
Le critère d’invalidité est il vraiment plus souple au Québec à 62 ans?
Il est différent, et pour beaucoup de demandeurs il est plus souple. De 60 à 64 ans, Retraite Québec peut reconnaître invalide la personne dont l’état de santé l’empêche d’exercer son travail habituel, pendant au moins trois mois, avec des revenus sous un plafond publié et des cotisations pendant trois des six dernières années. Le régime fédéral applique à tout âge la même norme de toute occupation véritablement rémunératrice. Une demande qui échoue au fédéral peut être accueillie au Québec sur la même preuve médicale.
Mon enfant a 17 ans et je cotise au Québec. La rente d’orphelin le suivra t elle à l’université?
Non. La rente d’orphelin québécoise cesse à 18 ans, et il n’existe aucune prolongation pour les études, à temps plein ou à temps partiel. La prestation fédérale pour enfants, elle, se poursuit pour l’étudiant à charge jusqu’au milieu de la vingtaine, et depuis le début de 2025 l’étudiant à temps partiel en reçoit la moitié. Si votre ménage compte sur cette prolongation, vérifiez d’abord à quel régime vous cotisez réellement.
Nous vivons ensemble depuis deux ans sans être mariés. Mon conjoint est il un conjoint?
Sous le régime fédéral, oui, puisqu’une année de vie commune suffit à établir le conjoint de fait. Sous le régime québécois, pas encore: le conjoint de fait est reconnu après trois ans de vie commune, ou après un an lorsqu’un enfant est né de l’union ou a été adopté pendant celle ci. Le conjoint de fait ne peut pas non plus être reconnu tant que la personne décédée était mariée ou unie civilement à quelqu’un d’autre. Le Code civil du Québec n’accorde par ailleurs aucun droit patrimonial automatique aux conjoints de fait, ce qui mérite d’être réglé par écrit.
Quand puis je commencer, et jusqu’à quand puis je attendre?
Les deux régimes versent dès 60 ans et tous deux traitent 65 ans comme l’âge normal. La rente fédérale peut être reportée jusqu’à 70 ans. Depuis le 1er janvier 2024, la rente québécoise peut être reportée jusqu’à 72 ans, et le Québec compare de plus votre position à 65 ans avec votre position à la date de la demande pour payer sur la plus avantageuse des deux, de sorte que travailler à faible revenu après 65 ans ne peut pas faire baisser votre rente.
Le partage des gains se fait il automatiquement au divorce?
Au Québec, généralement oui. Le partage des gains de travail inscrits au régime se fait automatiquement lorsqu’un jugement de divorce, de séparation de corps ou de dissolution d’union civile est rendu au Québec, sauf renonciation expresse des ex conjoints, et renoncer au patrimoine familial est un acte distinct. Les conjoints de fait doivent en faire la demande, dans les quatre ans de la séparation. Sous le régime fédéral, rien n’est automatique: quelqu’un doit présenter une demande, et l’ancien conjoint de fait dispose de quarante huit mois depuis la séparation.
Ces prestations publiques sont elles imposables?
Oui, et entre des mains différentes selon la prestation. Les rentes de retraite, d’invalidité et de conjoint survivant sont imposables pour la personne qui les reçoit. La rente d’orphelin québécoise est imposable dans le revenu de l’enfant même si elle est versée à la personne qui subvient à ses besoins. La prestation de décès québécoise est imposable dans le revenu de la succession, quel que soit le nom sur le chèque. Rien de tout cela n’est décidé par l’organisme payeur: cela relève de la Loi de l’impôt sur le revenu et de la Loi sur les impôts du Québec, alors consultez un fiscaliste.
Une rencontre découverte de trente minutes
Une première conversation permet d’établir si cette approche vous convient. Aucune illustration n’est préparée et rien n’est mis en place.
Souvent, la réponse est non, et vous l’entendrez pendant l’appel plutôt que dans une proposition envoyée ensuite.
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Divulgations importantes
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Rien ici n’a été écrit avec votre dossier sous les yeux. Lisez pour comprendre le sujet, puis jugez-le selon votre propre situation, idéalement avec une personne autorisée là où vous vivez et qui a vu vos chiffres.
Le traitement fiscal dépend de votre situation. Le traitement fiscal décrit dépend du maintien du statut exonéré du contrat en vertu du Règlement de l’impôt sur le revenu et de la situation individuelle du lecteur. Un retrait, un rachat ou une avance sur police peut constituer une disposition au sens de la Loi de l’impôt sur le revenu, et les montants qui excèdent le coût de base rajusté peuvent être imposables l’année où ils surviennent. Les règles fiscales changent.
Le résultat fiscal n’est ni automatique ni inconditionnel. Il repose sur le maintien du contrat à l’intérieur des règles canadiennes et sur votre propre situation. Avant de vous y fier, parlez à un comptable qui a réellement travaillé avec ces contrats.
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