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Ce qui change quand vous quittez le Québec

Par José Salloum, conseiller en sécurité financière | Septembre 2026

Divulgation importante: portée du conseil

Cet article est de l’information générale sur ce qui change lorsqu’une personne quitte le Québec pour une autre province canadienne. Ce n’est pas un avis juridique, ce n’est pas un conseil fiscal, et ce n’est pas une recommandation destinée à un ménage en particulier. Le Code civil du Québec, la Loi canadienne sur la santé, le Règlement de l’impôt sur le revenu et les règles publiées par la Régie de l’assurance maladie du Québec, Revenu Québec et Retraite Québec sont cités tels que consultés le 8 septembre 2026, et le droit change. Un déménagement entre deux systèmes juridiques soulève des questions auxquelles répondent ensemble un avocat ou un notaire du Québec et un avocat de la province d’arrivée, à partir des faits du ménage. Éducatif seulement.

En clair: ceci est de l’information générale, pas une recommandation. Ce qui vous convient dépend de circonstances que nous n’avons pas vues, et c’est à cela que sert une première conversation.

À retenir

  • La couverture du régime québécois d’assurance maladie ne cesse pas le jour du départ: la Régie y met fin le premier jour du troisième mois qui suit votre arrivée dans la nouvelle province, précisément pour couvrir un délai de carence que l’article 11 de la Loi canadienne sur la santé ne laisse pas dépasser trois mois.
  • Pendant cet intervalle, la carte québécoise paie intégralement les services hospitaliers reçus ailleurs au Canada en vertu d’une entente interprovinciale, mais le médecin qui refuse la carte est payé par vous et la Régie ne rembourse qu’au tarif québécois.
  • Quitter le Québec met fin à l’admissibilité au régime public d’assurance médicaments et à l’obligation qui le sous-tend, et aucune autre province ne remplace cette obligation par la sienne.
  • Un testament valablement fait au Québec n’est pas annulé par le déménagement, mais le testament notarié qui n’exigeait aucune vérification au Québec rencontrera généralement une demande d’homologation en common law, avec un tarif que le Québec ne facturait pas.
  • Le régime matrimonial est fixé par l’article 3123 du Code civil du Québec au moment du mariage et ne change pas parce que l’adresse change, alors que le patrimoine familial est un effet du mariage et que l’article 3089 rattache ces effets au domicile.
  • Le mandat de protection est un instrument québécois qui exige une homologation judiciaire, alors qu’une province de common law travaille avec un document qui produit ses effets sans aucun tribunal, de sorte que les deux ne sont presque jamais interchangeables en pratique.
  • Les cotisations versées au Régime de rentes du Québec ne sont pas perdues par le déménagement, et la province où vous habitez le 31 décembre décide de la déclaration de revenus que vous produisez pour toute l’année.

Un déménagement du Québec vers l’Ontario, l’Alberta ou le Nouveau-Brunswick a l’air d’un changement d’adresse. C’est un changement de système juridique. Le Québec est une juridiction de droit civil dotée de son propre droit des successions, de ses propres règles de propriété entre époux, de son propre instrument d’inaptitude et de son propre régime public d’assurance médicaments, et aucun de ces éléments n’a de jumeau de l’autre côté de la ligne provinciale. Le ménage qui charge un camion sait généralement qu’il lui faudra un nouveau permis de conduire. Il ignore généralement que son testament se comporte désormais autrement, que son mandat de protection est peut-être un document que personne ne reconnaît dans la nouvelle province, et que sa carte d’assurance maladie est engagée dans un compte à rebours déjà commencé. Trois surprises arrivent dans le même déménagement, et elles arrivent en silence, parce que rien ne casse le jour de l’arrivée. Elles remontent plus tard, à une admission à l’hôpital, à une inaptitude ou à un décès. Cet article expose ce qui change réellement, ce qui vous suit, et dans quel ordre s’en occuper.

L’assurance maladie et le délai de carence

L’article 11 de la Loi canadienne sur la santé fixe la limite extérieure. Un régime provincial ne doit imposer aucune période minimale de résidence dans la province, ni délai de carence, supérieure à trois mois avant que les résidents de la province ne soient admissibles aux services de santé assurés. Source: Loi canadienne sur la santé, site Web de la législation (Justice), consultée le 8 septembre 2026. Chaque province fixe sa propre règle sous ce plafond, et plusieurs utilisent les trois mois au complet, de sorte que l’hypothèse de planification réaliste est un intervalle pouvant aller jusqu’à trois mois plutôt qu’aucun.

Le Québec est construit pour s’y accorder par l’autre bout. La Régie de l’assurance maladie du Québec met fin à la couverture du régime québécois d’assurance maladie le premier jour du troisième mois qui suit la date d’arrivée dans la nouvelle province. Une personne qui arrive le 10 juin demeure couverte par le Québec jusqu’au 1er septembre. Les deux règles sont censées s’emboîter, et dans le cas ordinaire elles s’emboîtent. Source: Régie de l’assurance maladie du Québec, Déménagement à l’extérieur du Québec, consultée le 8 septembre 2026.

L’emboîtement ne fonctionne que si le ménage fait deux choses immédiatement. Il doit informer la Régie de son départ et lui remettre la carte d’assurance maladie, et il doit s’inscrire au régime de la nouvelle province dès son arrivée plutôt qu’à la fin de l’été. Dans la plupart des provinces, le délai de carence court à compter de l’inscription et non de l’arrivée, de sorte qu’une famille qui attend six semaines pour s’inscrire fabrique un véritable trou de couverture à partir d’une règle conçue pour n’en laisser aucun.

Ce que la carte québécoise paie réellement dans l’intervalle

Pendant ces semaines, la carte québécoise demeure valide, et il vaut la peine de savoir exactement ce qu’elle fait. Les services hospitaliers reçus ailleurs au Canada sont payés intégralement par la Régie en vertu d’une entente interprovinciale qui vise ces services. Le titulaire de carte qui se présente à un hôpital d’une autre province ne se fait pas demander d’argent. Cette partie-là fonctionne.

Les services médicaux sont l’exception, et c’est la partie qui prend les gens de court. Le Québec ne participe pas à l’entente de réciprocité pour les services médicaux comme les autres provinces le font entre elles, de sorte qu’un médecin hors Québec peut refuser la carte. Dans ce cas, le patient paie les honoraires et demande un remboursement à la Régie, qui rembourse des montants n’excédant pas les tarifs québécois même si vous avez payé davantage. La différence n’est pas récupérable. Source: Régie de l’assurance maladie du Québec, Connaître les services couverts hors Québec, consultée le 8 septembre 2026.

C’est la raison de traiter cet intervalle comme un risque réel plutôt que comme une formalité. Une visite en clinique donne une facture modeste. Une série de soins spécialisés étalée sur une fenêtre de trois mois, non. Les ménages en transition achètent fréquemment une couverture de courte durée pour exactement cette période, et il vaut la peine de comprendre comment un tel contrat est rédigé avant de s’y fier. Notre page sur l’assurance voyage et hors province explique la mécanique générale, et la couverture de la première année traite du même problème de délai de carence dans l’autre sens.

L’assurance médicaments et la fin d’une obligation

Le Québec est une exception au Canada. Selon la Loi sur l’assurance médicaments, le régime général a pour objet d’assurer à l’ensemble des personnes au Québec un accès raisonnable et équitable aux médicaments requis par leur état de santé, et la loi bâtit cet objet sur une obligation plutôt que sur une offre. L’article 15 énumère les catégories que la Régie doit couvrir, et l’article 16 oblige la personne qui fait partie d’un groupe bénéficiant d’une couverture privée à adhérer au contrat collectif applicable. Source: Loi sur l’assurance médicaments, RLRQ c. A-29.01, LégisQuébec, consultée le 8 septembre 2026.

L’admissibilité au régime public prend fin au départ du Québec, et l’obligation prend fin avec elle. Aucune autre province n’a inscrit le même devoir dans sa loi. Le ménage qui arrive en Ontario ou en Alberta n’est pas tenu de détenir une assurance médicaments, ce qui ressemble à un soulagement et se révèle fréquemment un piège. Le ménage qui avait laissé tomber une couverture collective parce que le régime public existait n’a désormais ni l’une ni l’autre, et personne ne lui envoie d’avis.

La démarche concrète consiste à savoir, avant le déménagement, quel régime d’assurance médicaments portera la famille à partir de la date d’arrivée. Un régime d’employeur dans la nouvelle province est la réponse ordinaire. À défaut, un contrat individuel de soins de santé et dentaires joue ce rôle, et il est soumis à la sélection des risques, ce qui signifie que le moment de le mettre en place est avant un diagnostic plutôt qu’après. Notre page sur le départ d’un régime collectif explique la fenêtre de transformation, qui est courte et facile à manquer pendant un déménagement.

Une obligation québécoise survit à l’année civile. Revenu Québec exige une déclaration québécoise lorsqu’une prime est payable au régime québécois d’assurance médicaments parce que la personne était admissible au régime pendant une partie de l’année. Partir en mars n’efface pas la prime de janvier à mars. Source: Revenu Québec, Déménagement à l’extérieur du Québec, consultée le 8 septembre 2026.

Un testament québécois dans une province de common law

Commençons par la partie rassurante. Un testament valablement fait au Québec ne devient pas invalide à cause d’un déménagement. L’article 3109 du Code civil du Québec énonce le principe du côté québécois: la forme d’un acte juridique est régie par la loi du lieu où il est passé, et pour les dispositions testamentaires l’article accepte aussi la loi du domicile ou de la nationalité du testateur au moment de la disposition ou du décès. Les provinces de common law ont des règles équivalentes dans leur propre législation sur les testaments. Un testament québécois correctement fait ne devient pas du papier sans valeur à Moncton. Source: Code civil du Québec, LégisQuébec, consulté le 8 septembre 2026.

Voici maintenant la partie qui surprend. Le Québec reconnaît trois formes de testament, et le testament notarié est celle qu’ont utilisée la plupart des ménages québécois. L’article 716 prévoit que le testament notarié est reçu par un notaire, en minute, en présence d’un témoin ou, dans certains cas, de deux témoins. L’article 772 prévoit que le testament olographe ou le testament devant témoins est vérifié, à la demande de tout intéressé. Le testament notarié est absent de cette phrase, et son absence est justement le point: c’est un acte authentique et il n’exige aucune vérification.

C’est un véritable avantage québécois, et il ne voyage pas. Dans une province de common law, il n’existe ni testament notarié, ni greffe de minutes, ni registre du type de celui que le Québec tient. La succession d’une personne qui décède domiciliée en Ontario ou en Colombie-Britannique est liquidée par quelqu’un qu’un tribunal a nommé, et le tribunal voudra être convaincu que le document devant lui est le dernier testament et qu’il a été fait correctement. Un testament québécois peut satisfaire à cette exigence. Il doit simplement passer par une procédure qu’il avait été conçu pour éviter.

Vérification ici, homologation là-bas

Le vocabulaire change aussi, et c’est par le vocabulaire que la confusion commence. Le Québec appelle liquidateur de la succession la personne qui règle la succession. Les provinces de common law l’appellent exécuteur testamentaire, ou fiduciaire successoral, et sa nomination est confirmée par un jugement ou un certificat délivré par un tribunal. Le Québec appelle vérification la procédure judiciaire qui confirme un testament non notarié. Personne n’emploie le même mot, et les mots ne font pas le même travail. Voyez ce qu’est réellement l’homologation et le choix de la personne.

Le coût change avec le vocabulaire. Le Québec ne prélève aucune redevance en pourcentage sur la valeur d’une succession. Plusieurs provinces de common law facturent des frais calculés sur la valeur des biens qui transitent par la succession, et ces frais sont un chiffre bien réel dans un ménage propriétaire d’une maison. La famille québécoise qui n’avait jamais eu à penser au coût de l’homologation doit maintenant le faire, et les réponses de planification, détention conjointe, désignations de bénéficiaires, fiducies, entraînent leurs propres conséquences. Notre page sur les frais d’homologation par province expose comment chaque province calcule la charge.

Le second coût est administratif. Une succession qui touche deux provinces exigera souvent un juriste dans chacune, et lorsque le testament est notarié le liquidateur aura besoin d’une copie authentique délivrée par le notaire qui détient la minute plutôt que d’un original tiré d’un tiroir. Lorsque le liquidateur ou l’exécuteur habite une province et que les biens sont dans une autre, un ensemble de règles supplémentaires s’applique, et le liquidateur hors province en traite directement.

La réponse raisonnable est habituellement un nouveau testament fait selon la loi du nouveau domicile, rédigé de manière à couvrir les biens laissés au Québec. Ce n’est pas une critique du testament québécois. C’est la reconnaissance qu’un testament est lu par les tribunaux du lieu où le testateur était domicilié à son décès, et qu’un document rédigé pour ces tribunaux leur est plus facile à administrer. Les bases du testament sont le point de départ de cette conversation.

Le régime matrimonial suit le mariage, pas l’adresse

Les époux mariés au Québec sans contrat de mariage sont presque toujours sous la société d’acquêts. L’article 3123 du Code civil du Québec fixe le moment où cela s’est décidé: le régime matrimonial ou d’union civile des époux qui ne se sont pas donné de conventions matrimoniales ou d’union civile est régi par la loi de l’État où ils ont leur domicile au moment du mariage ou de l’union civile. Le verbe est au passé. Le régime s’est attaché au moment des noces, et un changement d’adresse ne l’en détache pas.

L’article 3124 complète l’idée. La validité de toute modification conventionnelle au régime matrimonial ou d’union civile est régie par la loi du domicile des époux au moment de cette modification. Un changement est possible, mais c’est un acte convenu, posé délibérément, sous la loi du lieu où le couple habite alors. Déménager n’est pas cet acte. Source: Code civil du Québec, LégisQuébec, consulté le 8 septembre 2026.

La conséquence pratique est qu’un couple peut se retrouver avec un régime québécois qui gouverne les biens accumulés comme époux et, en même temps, une loi provinciale de common law sur les biens familiaux qui réclame les mêmes biens pour d’autres motifs. Ces lois ne sont pas rédigées en pensant à un régime de droit civil qui arrive de l’extérieur. Lorsqu’un contrat de mariage existe, il continue habituellement de dire ce qu’il a toujours dit, mais savoir si le tribunal de la nouvelle province lui donnera le même effet est une autre question, et c’est une question de juriste.

Le patrimoine familial est un effet du mariage

Le patrimoine familial est une créature différente, et on le confond souvent avec le régime. L’article 414 prévoit que le mariage emporte constitution d’un patrimoine familial formé de certains biens des époux sans égard à celui des deux qui détient un droit de propriété sur ces biens. Il s’applique quel que soit le régime, on ne peut y renoncer à l’avance, et il constitue l’un des traits définitoires du droit de la famille québécois.

Sa règle de conflit n’est pas l’article 3123. L’article 3089 prévoit que les effets du mariage, notamment ceux qui s’imposent à tous les époux quel que soit leur régime matrimonial, sont soumis à la loi du domicile des époux. Le patrimoine familial est précisément un tel effet. Le régime est donc ancré au mariage pendant que le patrimoine familial est ancré au lieu où les époux vivent, et déménager change l’un des facteurs de rattachement et pas l’autre. Source: Code civil du Québec, LégisQuébec, consulté le 8 septembre 2026.

Ce que cela signifie pour les années déjà vécues au Québec est une question véritablement débattue, portée plus d’une fois devant les tribunaux, et cet article ne prétendra pas le contraire. C’est la raison la plus forte pour qu’un couple qui quitte le Québec consulte des juristes dans les deux provinces avant, plutôt qu’après, qu’une séparation ou un décès rende la question urgente. Les ménages comptant des enfants d’unions antérieures devraient lire en parallèle la planification en famille recomposée, parce que les deux problèmes se composent.

Jose Salloum, conseiller en sécurité financière

Le guide de référence

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Le mandat de protection en cas d’inaptitude

L’instrument québécois en matière d’inaptitude est le mandat de protection. L’article 2166 le décrit comme le mandat donné par une personne majeure en prévision de son inaptitude à prendre soin d’elle-même ou à administrer ses biens, fait par acte notarié en minute ou devant témoins, et il prévoit que son exécution est subordonnée à son homologation par le tribunal après des évaluations médicale et psychosociale. L’étape judiciaire n’est pas une formalité. C’est la conception même du mécanisme. Source: Code civil du Québec, LégisQuébec, consulté le 8 septembre 2026.

Les provinces de common law ont bâti la conception inverse. La procuration perpétuelle ou durable relative aux biens, et le document distinct pour les décisions personnelles ou de santé, produisent leurs effets sans aucune demande au tribunal dans le cas ordinaire. Le mandataire présente le document à l’institution et agit. Il n’y a pas d’homologation parce qu’il n’y a rien à homologuer.

Certaines provinces ont des dispositions de reconnaissance pour les documents signés ailleurs, et les détails varient d’une province à l’autre, ce qui est une façon polie de dire qu’une famille ne peut pas s’appuyer sur une règle générale. La réponse fiable est de signer de nouveaux documents selon la loi de la nouvelle province dès que le ménage est installé, de conserver le mandat québécois pour les biens québécois, et de dire aux personnes désignées où se trouvent les deux. La planification de l’inaptitude expose ce que fait chaque document et qui devrait le détenir.

Les cotisations de rente ne sont pas perdues

Voici la section rassurante. Les cotisations versées au Régime de rentes du Québec ne sont pas perdues par un déménagement. Les deux régimes publics sont coordonnés, et Retraite Québec affirme clairement que la personne conserve la totalité des prestations accumulées dans les deux régimes. Rien n’est bloqué en chemin. Source: Retraite Québec, Vous n’habitez plus au Québec, consultée le 8 septembre 2026.

Ce qui change, c’est l’adresse de la demande. La personne qui a cotisé aux deux régimes et qui habite maintenant ailleurs au Canada présente sa demande de rente en vertu du Régime de pensions du Canada. La personne qui n’a cotisé qu’au Québec et qui habite maintenant ailleurs au Canada présente sa demande à Retraite Québec. La personne qui a quitté le Canada s’adresse au régime de sa dernière province de résidence. Les règles ne sont pas difficiles, mais elles sont faciles à manquer à 65 ans, quand les années de cotisation sont loin derrière.

L’impôt provincial se décide au 31 décembre

La règle tient en une phrase et vaut la peine d’être retenue. Le paragraphe 2601(1) du Règlement de l’impôt sur le revenu prévoit que si un particulier réside dans une province donnée le dernier jour de l’année d’imposition et n’a pour l’année aucun revenu tiré d’une entreprise ayant un établissement stable hors de cette province, son revenu gagné dans l’année dans la province donnée est son revenu pour l’année. Revenu Québec énonce la même règle en langage simple: les particuliers déclarent leurs revenus et paient l’impôt de l’année dans la province où ils résident aux fins de l’impôt le 31 décembre. Sources: Règlement de l’impôt sur le revenu, site Web de la législation (Justice), et Revenu Québec, Départ du Québec, consultés le 8 septembre 2026.

La résidence fiscale est une question de liens plutôt qu’une question de dates inscrites sur un bail. Une maison conservée au Québec, un conjoint qui n’a pas encore déménagé, un permis de conduire jamais changé et un médecin de famille toujours à Montréal parlent tous de résidence, et ils parlent plus fort que la facture du déménageur. Lorsque le départ survient près de la fin d’une année, ou lorsque la famille se répartit sur deux provinces pendant une période, la position devrait être revue avec un fiscaliste avant la production de la déclaration plutôt qu’après l’arrivée d’un avis de cotisation.

La liste, dans l’ordre

Avant le départ du camion, faites trois choses. Confirmez quel régime d’assurance médicaments couvre la famille à partir de la date d’arrivée. Demandez à l’employeur ou à l’administrateur du régime ce qu’il advient de la couverture collective au moment du déménagement, parce qu’un contrat collectif peut être rédigé province par province. Prenez les deux rendez-vous juridiques, un au Québec et un dans la province d’arrivée, plutôt que de présumer qu’un seul juriste peut répondre aux deux moitiés de la question.

Dans le premier mois suivant l’arrivée, inscrivez-vous au régime de santé de la nouvelle province dès que vous le pouvez, informez la Régie de votre départ et remettez la carte d’assurance maladie, et inscrivez à l’agenda la date de fin de couverture pour que l’intervalle soit une fenêtre connue plutôt qu’une découverte. Changez le permis de conduire et l’immatriculation du véhicule dans le délai fixé par la nouvelle province, parce que ce sont aussi les documents qui feront la preuve de la résidence plus tard.

Dans les six premiers mois, faites le nouveau testament et les nouveaux documents d’inaptitude, revoyez chaque désignation de bénéficiaire, et revoyez le contrat de mariage s’il y en a un. Les désignations méritent une attention particulière dans un dossier québécois. L’article 2449 prévoit que la désignation du conjoint marié ou uni civilement comme bénéficiaire est irrévocable, sauf stipulation contraire, et une désignation irrévocable n’est pas défaite par un déménagement: la modifier exige le consentement du bénéficiaire. L’article 2457 accorde l’insaisissabilité lorsque le bénéficiaire désigné est le conjoint, un descendant ou un ascendant. Source: Code civil du Québec, LégisQuébec, consulté le 8 septembre 2026. Voyez les désignations de bénéficiaires et la désignation en assurance vie.

Deux éléments plus modestes ferment la liste. Les contrats d’assurance sur votre vie vous suivent et n’ont pas à être remplacés parce que vous avez déménagé, mais le représentant qui en assure le service doit détenir un permis là où vous habitez désormais: confirmez de qui il s’agit plutôt que de le découvrir au moment d’une réclamation. Et prévenez les personnes que vous avez désignées. Le liquidateur qui ignore qu’un mandat a été remplacé, ou l’exécuteur qui ignore qu’un notaire québécois détient la minute d’un testament antérieur, est la cause la plus fréquente de retard dans une succession par ailleurs bien planifiée. La liste de vérification successorale couvre le reste du dossier.

Questions fréquentes

Ma carte d’assurance maladie du Québec fonctionne-t-elle le lendemain du déménagement?

Oui, pendant une période définie. La Régie met fin à la couverture du régime québécois le premier jour du troisième mois qui suit votre arrivée dans la nouvelle province, de sorte qu’une personne arrivée le 10 juin demeure couverte jusqu’au 1er septembre. Cette période existe pour s’aligner sur le délai de carence de la nouvelle province, qui selon l’article 11 de la Loi canadienne sur la santé ne peut dépasser trois mois. Vous devez tout de même vous inscrire au nouveau régime immédiatement, car dans la plupart des provinces le délai court à compter de l’inscription et non de l’arrivée.

Un médecin de ma nouvelle province acceptera-t-il la carte québécoise?

Un hôpital, oui, parce que les services hospitaliers reçus ailleurs au Canada sont payés intégralement par la Régie en vertu d’une entente interprovinciale. Un médecin peut la refuser. Lorsque la carte est refusée, vous payez les honoraires et demandez le remboursement à la Régie, qui verse des montants n’excédant pas les tarifs québécois même si vous avez payé davantage. L’écart reste à votre charge. C’est pourquoi les mois de transition se traitent comme un risque réel et non comme une formalité.

Mon testament québécois est-il encore valide en Ontario ou en Alberta?

La validité est généralement préservée. L’article 3109 du Code civil du Québec régit la forme d’un acte par la loi du lieu où il a été passé, et les provinces de common law ont des règles équivalentes. Ce qui change, c’est l’administration. Le testament notarié n’exigeait aucune vérification au Québec selon l’article 772, mais une succession liquidée dans une province de common law est normalement réglée par une personne nommée par un tribunal, et cette demande est justement l’étape que le testament notarié permettait d’éviter.

Le déménagement change-t-il mon régime matrimonial?

Non. L’article 3123 du Code civil du Québec rattache le régime au domicile des époux au moment du mariage ou de l’union civile, et l’article 3124 traite le changement de régime comme un acte convenu délibérément, régi par la loi du domicile au moment de ce changement. Un déménagement n’est pas un tel acte. Le régime sous lequel vous vous êtes mariés demeure attaché au mariage jusqu’à ce que vous le changiez volontairement.

Qu’advient-il du patrimoine familial quand nous quittons le Québec?

La règle diffère de celle du régime. Le patrimoine familial de l’article 414 est un effet du mariage, et l’article 3089 soumet les effets du mariage à la loi du domicile des époux. Le facteur de rattachement est donc le lieu où vous habitez et non la date de votre mariage. Ce que cela emporte pour les années québécoises est débattu et a été porté devant les tribunaux, et c’est précisément pourquoi des juristes des deux provinces devraient l’examiner avant qu’une séparation ou un décès n’impose la question.

Mon mandat de protection est-il reconnu dans ma nouvelle province?

Ne le présumez pas. Le mandat de protection québécois de l’article 2166 ne produit ses effets qu’après homologation par le tribunal, alors qu’une procuration de common law agit sans tribunal. Certaines provinces prévoient la reconnaissance des documents faits ailleurs et les détails varient. La réponse fiable est de signer de nouveaux documents selon la loi de la nouvelle province, de conserver le mandat québécois pour les biens québécois, et de dire aux personnes désignées où se trouvent les deux documents.

Est-ce que je perds mes cotisations au Régime de rentes du Québec?

Non. Les deux régimes sont coordonnés et Retraite Québec confirme que vous conservez la totalité des prestations accumulées dans les deux. Ce qui change, c’est la destination de la demande. Si vous avez cotisé aux deux régimes et que vous habitez maintenant ailleurs au Canada, vous présentez votre demande en vertu du Régime de pensions du Canada. Si vous n’avez cotisé qu’au Québec, vous vous adressez toujours à Retraite Québec. Conservez vos relevés de participation, qui sont la preuve des années.

Dans quelle province est-ce que je produis ma déclaration pour l’année du déménagement?

Celle où vous résidiez le 31 décembre. Le paragraphe 2601(1) du Règlement de l’impôt sur le revenu énonce la règle et Revenu Québec la formule de la même manière. Une seule date gouverne toute l’année, de sorte qu’une famille qui quitte le Québec en février et qui est installée ailleurs à la fin de l’année produit comme résidente de la nouvelle province pour les douze mois. La résidence s’apprécie par les liens, pas par la date de la facture du déménageur.

Une rencontre découverte de trente minutes

Une première conversation permet d’établir si cette approche vous convient. Aucune illustration n’est préparée et rien n’est mis en place.

Souvent, la réponse est non, et vous l’entendrez pendant l’appel plutôt que dans une proposition envoyée ensuite.

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Nous ne vendons ni ne partageons votre adresse. Le consentement est exigé par la Loi canadienne anti-pourriel et n’est jamais présumé.

À propos de l’auteur

Jose Salloum, conseiller en sécurité financière

Jose Salloum est conseiller en sécurité financière, autorisé par l’Autorité des marchés financiers (AMF) au Québec, par la Financial Services Regulatory Authority of Ontario (FSRA) et par l’Insurance Council of British Columbia. Autorisé depuis 2001, il accompagne des familles, des propriétaires d’entreprise et des professionnels incorporés canadiens.

Il est le fondateur du Centre canadien de création de patrimoine Inc. (CWCC), cabinet inscrit auprès de l’AMF, et de sa branche éducative financierecbi.com. Il détient le titre Infinite Banking Concepts® Authorized Practitioner du Nelson Nash Institute, une certification privée et non un permis réglementaire.

CWCC n’est pas inscrit auprès de l’OCRI et n’offre pas de conseils en valeurs mobilières. Cette page est de l’éducation générale et non un conseil sur un dossier individuel.

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Divulgations importantes

  1. Cette page est de l’éducation, pas un conseil. Le contenu est de l’information générale préparée par le Centre canadien de création de patrimoine Inc. Il ne tient pas compte de votre situation et ne constitue pas une recommandation d’acheter, de conserver ou de résilier un contrat. CWCC n’est pas inscrit auprès de l’OCRI et n’offre pas de conseils en valeurs mobilières. Le cabinet place de l’assurance au Québec, en Ontario, en Alberta, en Colombie-Britannique, au Manitoba et au Nouveau-Brunswick; ailleurs, les clients sont servis par des conseillers autorisés dans leur province.

    Rien ici n’a été écrit avec votre dossier sous les yeux. Lisez pour comprendre le sujet, puis jugez-le selon votre propre situation, idéalement avec une personne autorisée là où vous vivez et qui a vu vos chiffres.

  2. Le traitement fiscal dépend de votre situation. Le traitement fiscal décrit dépend du maintien du statut exonéré du contrat en vertu du Règlement de l’impôt sur le revenu et de la situation individuelle du lecteur. Un retrait, un rachat ou une avance sur police peut constituer une disposition au sens de la Loi de l’impôt sur le revenu, et les montants qui excèdent le coût de base rajusté peuvent être imposables l’année où ils surviennent. Les règles fiscales changent.

    Le résultat fiscal n’est ni automatique ni inconditionnel. Il repose sur le maintien du contrat à l’intérieur des règles canadiennes et sur votre propre situation. Avant de vous y fier, parlez à un comptable qui a réellement travaillé avec ces contrats.

  3. Les garanties viennent de l’assureur, pas du gouvernement. Les valeurs garanties d’un contrat d’assurance vie sont des engagements contractuels de l’assureur émetteur et dépendent de sa solidité financière et de sa capacité à payer les prestations. Les participations d’un contrat avec participation ne sont pas garanties; elles sont déclarées à la discrétion de l’assureur et peuvent changer. La protection des titulaires de contrat au Canada est assurée par Assuris, dans les limites qu’elle publie; l’assurance-dépôts ne s’applique pas aux contrats d’assurance.

    Les garanties écrites dans un contrat sont réelles, et elles sont celles de l’assureur. La participation n’est pas une garantie; c’est ce que l’assureur décide de déclarer chaque année. Sachez quels chiffres sont lesquels avant de bâtir un plan dessus.

  4. Les illustrations et les projections ne sont pas des prédictions. Les chiffres, exemples ou valeurs illustrées sont hypothétiques, servent à expliquer un mécanisme et ne prévoient pas le rendement d’un contrat. Les valeurs réelles seront différentes et peuvent être inférieures à celles montrées. Les barèmes de participation passés ne prédisent pas les barèmes futurs.

    Un exemple montre comment les pièces bougent, pas ce que vous obtiendrez. Toute illustration réelle qu’on vous présente devrait d’abord être lue dans ses colonnes garanties.

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