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Ce que la rente de conjoint survivant du RRQ et du RPC verse réellement

Par José Salloum, conseiller en sécurité financière | Septembre 2026

Divulgation importante: portée du conseil

Cet article est de l’information générale sur deux régimes publics de rentes. Ce n’est pas un avis juridique, ce n’est pas un conseil fiscal, et ce n’est pas une recommandation d’acheter ou de conserver quoi que ce soit. Le droit à une prestation est déterminé par Retraite Québec ou par Service Canada selon les faits propres à chaque dossier, et seules ces autorités peuvent confirmer ce qu’un ménage donné recevra. Les règles ont été lues le 8 septembre 2026 et la législation change. Aucun montant en dollars n’apparaît dans cet article, parce que chaque montant des deux régimes est ajusté annuellement et qu’un chiffre imprimé ici serait faux en quelques mois. Les autorités publient les montants courants et demeurent l’endroit où les lire.

En clair: ceci est de l’information générale, pas une recommandation. Ce qui vous convient dépend de circonstances que nous n’avons pas vues, et c’est à cela que sert une première conversation.

À retenir

  • Un même décès peut donner lieu à trois prestations distinctes: une rente mensuelle au conjoint survivant, une prestation de décès versée une seule fois, et une rente mensuelle pour un enfant à charge. Chacune se demande séparément et se décide séparément.
  • Au régime fédéral, le conjoint survivant de 65 ans ou plus reçoit 60 pour cent de la rente de retraite du cotisant s’il ne touche aucune autre prestation du RPC, et le survivant de moins de 65 ans reçoit une portion forfaitaire plus 37,5 pour cent de cette rente.
  • Le survivant qui touche déjà sa propre rente de retraite ne reçoit pas les deux rentes en entier. Elles sont combinées en un seul versement et le total combiné est plafonné, ce qui constitue l’élément le plus mal compris des deux régimes.
  • La prestation de décès est un montant forfaitaire fixe versé une seule fois, et non un pourcentage de quoi que ce soit. Dans la plupart des cas elle ne couvre pas le coût des funérailles.
  • Le régime québécois verse la rente d’orphelin jusqu’au dix-huitième anniversaire de l’enfant et s’arrête là, alors que le régime fédéral peut la maintenir jusqu’à 25 ans pour un étudiant, à la moitié du taux forfaitaire en fréquentation à temps partiel.
  • Rien n’est versé automatiquement. Une demande est obligatoire, la rétroactivité est limitée à environ un an dans les deux régimes, et le premier versement arrive des semaines ou des mois après le décès plutôt que des jours.

Au décès d’un conjoint, la rente de conjoint survivant du Régime de rentes du Québec ou du Régime de pensions du Canada figure parmi les premiers revenus auxquels on pense, et c’est presque toujours celui que l’on estime le plus mal. On suppose couramment que le survivant continue simplement de recevoir ce que la personne décédée recevait, ou quelque chose d’approchant. Ni l’un ni l’autre des deux régimes ne fonctionne ainsi. Ce que le survivant reçoit est une fraction calculée de la rente de retraite du cotisant décédé, établie selon l’âge du survivant, réduite de nouveau lorsque celui-ci touche déjà une rente à son nom, et contenue par un maximum combiné dont la plupart des ménages découvrent l’existence seulement lorsqu’ils s’y heurtent. S’ajoutent une somme versée une seule fois au décès et un montant mensuel pour un enfant à charge, et les deux régimes publics traitent ces deux volets différemment l’un de l’autre. Cet article expose comment chaque prestation est établie dans les deux régimes, ce qui en détermine réellement le montant, et pourquoi la somme qui finit par arriver est nettement inférieure à ce que le budget du ménage avait tenu pour acquis.

Trois prestations distinctes, et non une seule

Un seul décès peut donner naissance à trois versements différents, et ils sont décidés indépendamment les uns des autres. La rente de conjoint survivant est un montant mensuel versé au conjoint ou à la conjointe de fait tant que les conditions demeurent remplies. La prestation de décès est une somme versée une seule fois. La rente pour enfant est un montant mensuel versé pour le compte d’un enfant à charge, ou directement à cet enfant. Être admissible à l’une des trois ne dit strictement rien de l’admissibilité aux deux autres, et chacune exige sa propre demande.

Le régime qui paie dépend de l’endroit où la personne décédée a cotisé, et non de l’endroit où le survivant habite aujourd’hui. Une personne qui a travaillé au Québec a cotisé au Régime de rentes du Québec, administré par Retraite Québec. Une personne qui a travaillé ailleurs au Canada a cotisé au Régime de pensions du Canada, administré par Service Canada. Celle dont la vie active a couvert les deux territoires a des cotisations inscrites dans les deux régimes, et un seul régime paie pour le compte des deux, de sorte que rien n’est compté deux fois et que rien n’est perdu.

Les deux régimes ont été bâtis en même temps sur la même architecture, ce qui explique qu’on en parle habituellement comme d’une seule chose. Sur les prestations de survivant, ils se sont éloignés l’un de l’autre, et les écarts ne sont pas cosmétiques. Une famille québécoise qui lit la documentation fédérale, ou une famille ontarienne qui lit les règles québécoises, arrivera à une conclusion fausse et pourtant assurée au sujet des enfants, de la forme de la rente et du délai pour réclamer la prestation de décès.

Un point commun mérite d’être posé avant tout le reste: les trois prestations sont contributives. Elles ne sont pas universelles et elles ne dépendent ni du besoin du survivant, ni de la valeur de la succession, ni du revenu du ménage. Elles dépendent de ce que la personne décédée a versé au régime pendant sa vie active. Une personne qui a peu cotisé, parce qu’elle a travaillé peu d’années, parce qu’elle a gagné peu, ou parce qu’une grande partie de sa carrière s’est déroulée à l’extérieur du Canada, laisse derrière elle des prestations réduites même si le ménage qui lui survit se trouve dans une situation difficile. C’est la logique d’un régime de rentes et non celle d’un programme d’aide, et c’est la première raison pour laquelle les montants déçoivent.

Qui est reconnu comme conjoint survivant

Au régime fédéral, le survivant est la personne qui était légalement mariée au cotisant, ou le conjoint de fait qui a vécu avec lui dans une relation conjugale pendant au moins un an. La rente se poursuit même si le survivant se remarie. Lorsqu’une personne devient veuve plus d’une fois et serait admissible deux fois, une seule rente de survivant est versée, soit la plus élevée des deux.

Un conjoint légalement séparé peut encore être admissible au régime fédéral lorsque la personne décédée n’avait pas de conjoint de fait au moment du décès. Une exception importante s’y ajoute maintenant. Lorsqu’une demande de partage des crédits de rente a été reçue et approuvée en janvier 2025 ou plus tard à l’égard du même cotisant décédé, le conjoint séparé n’est plus admissible à la rente de survivant, à moins que le couple ne se soit réuni et n’ait vécu ensemble pendant au moins douze mois avant le décès. La séparation emporte donc deux conséquences différentes, et elles peuvent pointer dans des directions opposées.

Retraite Québec définit le conjoint autrement. Le conjoint marié ou uni civilement est admissible en l’absence de séparation légale. Le conjoint de fait l’est après trois ans de vie commune, délai réduit à un an lorsqu’un enfant est né ou est à naître de l’union, ou lorsqu’un enfant a été adopté. Le conjoint de fait ne peut pas réclamer lorsque la personne décédée était encore mariée à une autre personne ou unie civilement à une autre personne. Pour les conjoints de même sexe, le droit s’applique aux décès survenus le 4 avril 1985 ou après cette date.

Ni l’un ni l’autre des régimes ne verse de rente de survivant à un ex-conjoint divorcé. Le mécanisme qui reconnaît l’ancien conjoint est le partage des cotisations accumulées pendant l’union, appelé partage des crédits au fédéral et partage des gains inscrits au Québec, et ce partage se règle à la fin de la relation plutôt qu’au décès. La personne qui tenait pour acquis qu’une rente d’ex-conjoint existe planifie autour de quelque chose qui n’existe pas.

La rente de survivant du régime fédéral

Service Canada applique deux calculs, choisis selon l’âge du survivant. Le survivant de 65 ans ou plus reçoit 60 pour cent de la rente de retraite du cotisant, à condition de ne toucher aucune autre prestation du régime. Le survivant de moins de 65 ans reçoit une portion forfaitaire à laquelle s’ajoutent 37,5 pour cent de la rente de retraite du cotisant, à la même condition. Ces deux pourcentages constituent toute la formule apparente, et ils s’appliquent à un montant qui, lui, n’a rien d’évident.

La rente de retraite du cotisant, dans cette formule, est un montant calculé et non le chèque que la personne décédée touchait réellement. C’est la rente à laquelle le cotisant aurait eu droit à 65 ans, établie à partir de sa période cotisable et de ses gains à l’intérieur de celle-ci. Le cotisant qui avait demandé sa rente tôt, à un taux réduit de façon permanente, ne diminue pas le calcul du survivant en agissant ainsi, et celui qui avait reporté sa rente pour toucher un montant bonifié ne l’augmente pas davantage.

Ce qui détermine réellement le montant, c’est l’ensemble de la vie active de la personne décédée. Combien d’années de cotisations, à quel niveau de gains, et combien d’années de gains faibles ou nuls le régime peut retrancher de la moyenne. Les interruptions de carrière, les années consacrées aux enfants, les années de travail autonome avec des gains déclarés modestes et les années passées à l’étranger réduisent toutes le résultat. Deux ménages dont le revenu était identique l’année précédant le décès peuvent produire des rentes de survivant sensiblement différentes.

Une fois en paiement, la rente de survivant est ajustée annuellement au coût de la vie et constitue un revenu imposable entre les mains du survivant. Ce n’est pas un montant libre d’impôt, et il n’arrive pas net d’impôt à moins que le survivant ne demande une retenue à la source.

La rente de conjoint survivant du régime québécois

Retraite Québec n’utilise pas un pourcentage unique. Elle établit la rente à l’intérieur de tranches d’âge, chacune ayant son propre maximum publié et ajusté chaque année. Les tranches sont les suivantes: moins de 45 ans sans enfant à charge, moins de 45 ans avec enfant à charge, moins de 45 ans et invalide, de 45 à 64 ans, et 65 ans ou plus lorsque le survivant ne touche pas déjà une rente de retraite. Passer d’une tranche à l’autre change le montant de façon marquée, et le changement n’a rien de graduel.

À l’intérieur d’une tranche, le montant dépend encore de ce que la personne décédée a cotisé et pendant combien de temps, exactement comme au régime fédéral. Il dépend aussi de la situation propre du survivant au moment du décès: son âge, la présence d’enfants à charge, son propre état d’invalidité, et le fait qu’il touche déjà ou non une rente de retraite ou une rente d’invalidité à son nom.

La rente québécoise est versée à vie, à compter du mois qui suit le décès, et elle se poursuit si le survivant se remarie ou contracte une nouvelle union civile. Elle est imposable au même titre que la rente fédérale, et elle est combinée à toute autre rente de Retraite Québec en un seul dépôt mensuel plutôt que versée séparément.

La conséquence pratique de cette structure par tranches mérite d’être dite simplement. Le survivant de moins de 45 ans, sans enfant à charge et sans invalidité, se trouve dans la tranche la plus basse de toutes. C’est souvent le ménage qui porte l’hypothèque la plus lourde, qui a accumulé le moins d’épargne et à qui il reste la plus longue vie active, autrement dit le ménage le moins en mesure d’absorber la perte d’un revenu.

Il faut aussi souligner une particularité québécoise que les familles découvrent tard. Les montants maximaux de chaque tranche sont publiés par Retraite Québec et révisés chaque année, et ce sont des maximums et non des montants garantis. Le maximum ne s’obtient que si la personne décédée avait cotisé au maximum admissible pendant l’essentiel de sa période cotisable, ce qui est loin d’être la situation habituelle. Le chiffre que l’on trouve en ligne est donc le plafond d’une tranche, pas la somme que le dossier recevra. Le relevé de participation, que Retraite Québec transmet sur demande et que l’on peut consulter dans son espace sécurisé, est le seul document qui rattache ce plafond au dossier réel d’un ménage donné.

Ce qui se produit lorsque le survivant a sa propre rente

Aucun des deux régimes ne verse deux rentes complètes à une même personne. Lorsque le survivant touche déjà une rente de retraite ou une rente d’invalidité, ou qu’il en commence une plus tard, les deux droits sont combinés en un seul versement mensuel et le total combiné est soumis à un maximum. Service Canada décrit ce total comme rajusté selon l’âge du survivant et selon les autres prestations reçues, et le montant combiné ne peut pas dépasser le maximum applicable à la plus élevée des deux catégories de prestations.

L’effet se voit le plus clairement au sommet. Le survivant qui touche déjà une rente de retraite égale ou proche du maximum à son propre nom peut ne recevoir que très peu d’argent supplémentaire, voire aucun, d’un droit de survivant qui paraissait généreux sur papier. Le droit existe bel et bien. C’est le versement qui est plafonné.

Il s’agit de l’élément le plus mal compris des deux régimes, et le malentendu va toujours dans la même direction. Le ménage qui additionne la rente de la personne décédée et la rente propre du survivant, puis traite la somme comme un revenu de retraite, ne fait pas preuve de prudence. Il utilise un chiffre qui ne peut pas se produire. L’erreur est la plus grande précisément là où les deux conjoints ont eu de longues carrières bien rémunérées, parce que ce sont ces deux rentes qui risquent le plus de heurter le plafond.

Le régime québécois applique le même principe par ses tranches d’âge. Le maximum publié pour le survivant de 65 ans ou plus est exprimé en supposant que celui-ci ne touche pas déjà une rente de retraite. Lorsqu’il en touche une, Retraite Québec effectue la combinaison, et le résultat est un chiffre unique plus petit que la somme arithmétique des deux montants.

La prestation de décès est versée une seule fois

La prestation de décès n’est un pourcentage de rien du tout. C’est une somme forfaitaire fixe, versée une seule fois, lorsque la personne décédée a suffisamment cotisé au régime. Au fédéral, elle est versée à la succession ou, en l’absence de succession ou lorsque celle-ci n’a pas fait de demande, selon un ordre de priorité qui commence par la personne ayant payé les frais funéraires, puis le conjoint survivant ou conjoint de fait, puis le plus proche parent. Service Canada demande au liquidateur ou à l’exécuteur de présenter la demande dans les 60 jours suivant la date du décès.

Depuis le 1er janvier 2025, la prestation fédérale comporte un second volet. Un supplément s’ajoute au montant de base, mais uniquement lorsque la personne décédée n’a jamais reçu de rente de retraite, de prestation d’invalidité ou de prestation d’après-retraite d’invalidité de l’un ou l’autre des deux régimes publics, et uniquement lorsqu’il n’y a pas de conjoint survivant ou de conjoint de fait admissible. Il vise un ensemble de situations très étroit. La plupart des décès n’y donneront pas droit, et aucun ménage ne devrait planifier en supposant le contraire.

Le Québec suit une séquence différente. Pendant les 60 premiers jours suivant le décès, la priorité appartient à la personne ou à l’organisme de bienfaisance qui a payé les frais funéraires, sur demande accompagnée d’une preuve de paiement. Après 60 jours, si personne n’a fait de demande, la prestation est versée au premier demandeur, qu’il s’agisse du payeur des frais funéraires, d’un héritier qui n’a pas renoncé à la succession ou du liquidateur. Une demande peut être présentée jusqu’à cinq ans après le décès, ce qui est une fenêtre bien plus longue que l’attente fédérale de 60 jours et une source fréquente de confusion dans les familles à cheval sur deux provinces.

Elle est imposable dans les deux régimes. Retraite Québec précise expressément que le montant est déclaré dans le revenu de la succession, peu importe le nom inscrit sur le chèque. Elle demeure aussi, dans la plupart des cas, bien en deçà du coût réel de funérailles. Les familles qui la traitent comme le financement des arrangements funéraires découvrent l’écart au pire moment possible, et le comblent habituellement avec une carte de crédit. Cette prestation publique n’a rien à voir avec le capital-décès d’un contrat d’assurance vie, qui obéit à des règles entièrement différentes.

Au Québec, la prestation entre par ailleurs dans une administration régie par le droit civil. C’est le liquidateur de la succession, et non un exécuteur testamentaire au sens de la common law, qui répond de la reddition de compte, et c’est lui qui devra justifier l’encaissement d’une somme déclarée dans le revenu de la succession. Lorsqu’un proche a payé les funérailles de sa poche et a réclamé la prestation à ce titre pendant la période de priorité de 60 jours, il vaut mieux que la pièce justificative soit conservée et remise au liquidateur, faute de quoi la même somme sera discutée deux fois, une première devant Retraite Québec et une seconde entre les héritiers eux-mêmes.

La rente pour enfant, et le plus grand écart entre les régimes

Le régime fédéral verse une prestation pour les enfants de moins de 25 ans. C’est un taux forfaitaire ajusté annuellement plutôt qu’une proportion des gains du parent, et il est payable pour l’enfant à charge du cotisant décédé qui a moins de 18 ans, ou qui a entre 18 et 25 ans et fréquente à temps plein ou à temps partiel une école ou une université reconnue. La fréquentation à temps partiel donne droit à la moitié du taux forfaitaire. Le versement cesse le mois suivant le dix-huitième anniversaire si la fréquentation ne se poursuit pas, et il cesse à 25 ans dans tous les cas.

Tant que l’enfant a moins de 18 ans, la prestation est versée à la personne ou à l’organisme qui exerce la responsabilité décisionnelle à son égard. De 18 à 25 ans, elle est versée directement à l’étudiant, et une preuve de fréquentation doit être déposée chaque année ou chaque session. Un enfant peut recevoir au maximum deux prestations pour enfants, ce qui importe lorsque les deux parents étaient cotisants et sont tous deux décédés.

Le régime québécois verse plutôt une rente d’orphelin. C’est un montant mensuel fixe pour chaque enfant, versé à la personne qui subvient aux besoins de l’enfant, et il est imposable. Il prend fin lorsque l’enfant atteint 18 ans. Il n’existe aucune prolongation pour un étudiant, à quelque niveau que ce soit et selon quelque rythme de fréquentation que ce soit.

C’est le plus grand écart entre les deux régimes, et il frappe précisément les ménages les moins outillés pour le remarquer d’avance. Une famille québécoise dont l’enfant entreprend un long programme d’études ne reçoit plus rien du régime après le dix-huitième anniversaire, soit exactement au moment où le coût de ces études commence. La même famille établie au Nouveau-Brunswick pourrait continuer de recevoir un soutien pendant sept années de plus.

Jose Salloum, conseiller en sécurité financière

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La demande, et le délai avant que quoi que ce soit arrive

Rien n’est versé automatiquement dans l’un ou l’autre des régimes. Enregistrer le décès ne déclenche aucun paiement. Une demande doit être déposée, avec les pièces justificatives, pour chacune des trois prestations séparément, et tant qu’elle ne l’est pas, le dossier n’existe pas.

La fenêtre est limitée. Service Canada peut verser des paiements rétroactifs pour un maximum de 12 mois, qu’il décrit comme 11 mois plus le mois de la demande. Retraite Québec verse la rétroactivité pour un maximum de 11 mois à compter de la date de réception de la demande. Tout ce qui précède cette période n’est pas de l’argent retardé, c’est de l’argent qui ne sera jamais versé, et il se perd en silence parce que personne n’envoie d’avis au sujet d’une prestation que personne n’a réclamée.

Vient ensuite le traitement. Service Canada prévoit environ six à douze semaines pour verser une prestation de décès une fois la demande complète reçue, et la rente de survivant suit son propre calendrier. La forme concrète des premiers mois après un décès est donc la suivante: des funérailles à payer, un ménage qui a perdu un revenu, et des prestations publiques qui n’ont pas commencé. Cet écart est financé par autre chose, et déterminer ce que sera cette autre chose est justement une décision de planification qui ne peut se prendre qu’à l’avance.

Réunissez les documents tôt. Les deux régimes demandent une preuve de décès, les numéros d’assurance sociale de la personne décédée et du survivant, une preuve du lien conjugal, et les coordonnées du compte pour le dépôt direct. Les demandes fondées sur une union de fait prennent plus de temps que celles fondées sur un certificat de mariage, parce que la période de vie commune doit être prouvée et non simplement affirmée. Les couples dans cette situation devraient savoir d’avance ce qui établirait leur preuve.

Pourquoi le montant est nettement inférieur aux attentes

Additionnons les trois éléments. Une fraction d’une rente calculée, plafonnée contre ce que le survivant touche déjà. Une somme versée une seule fois qui, dans la plupart des cas, ne couvre pas des funérailles. Un montant mensuel fixe pour un enfant qui s’arrête à 18 ans au Québec et à 25 ans ailleurs. Voilà tout ce que les régimes publics font au décès, et cela a été conçu comme un plancher plutôt que comme un remplacement.

De l’autre côté du registre, les dépenses du ménage ne baissent pas du tout dans la proportion de ce que la personne décédée consommait. Le versement hypothécaire est inchangé. L’impôt foncier aussi, comme l’assurance de la maison, le chauffage, le véhicule et le coût de maintenir les enfants dans l’école qu’ils fréquentent. L’épicerie diminue. Bien peu d’autres choses diminuent, et une ou deux dépenses, la garde des enfants au premier chef, peuvent augmenter fortement parce que la personne qui les absorbait n’est plus là.

L’arithmétique qui en découle ne pardonne pas. Deux revenus deviennent un seul, le remplacement public du revenu manquant est une fraction d’une fraction calculée, et les charges fixes ne bougent pas. L’écart n’est pas une erreur d’arrondi que l’on absorbe en économisant. C’est fréquemment la différence entre demeurer dans la maison familiale et la vendre dans la première année.

Rien de tout cela ne constitue une critique des régimes. Ils accomplissent ce pour quoi ils ont été bâtis, soit prévenir le dénuement plutôt que maintenir un niveau de vie. Le problème n’est pas la conception. Le problème est que la plupart des ménages ont un chiffre en tête pour cette situation, et que ce chiffre est beaucoup trop élevé.

Il existe une manière simple de vérifier l’ampleur du malentendu dans son propre ménage. Demandez à votre conjoint, sans préparation, combien il ou elle croit recevoir chaque mois des régimes publics si vous mouriez demain. Puis demandez la même chose à l’envers. Les deux réponses sont presque toujours plus élevées que la réalité, et elles sont souvent plus élevées que la rente de retraite de la personne décédée elle-même, ce qui est impossible dans les deux régimes. L’écart entre ces deux réponses et le chiffre réel est exactement la somme sur laquelle le ménage a planifié sans le savoir, et c’est aussi la somme qu’il faudra remplacer autrement.

Ce que change le fait de connaître le vrai chiffre

L’exercice utile est une arithmétique faite d’avance plutôt que découverte après coup. Deux chiffres sont nécessaires. Le premier est ce que le survivant recevrait réellement, c’est-à-dire la rente de survivant une fois le maximum combiné appliqué, plus toute rente pour enfant, et non les deux rentes additionnées. Le second est ce que le ménage dépense réellement en une année. Les deux autorités fournissent un relevé de participation, et ce relevé est la matière première du premier chiffre.

L’écart entre ces deux chiffres est la véritable question. Il a une taille et il a une durée, et les deux comptent. Un écart qui dure quatre ans, jusqu’à la fin des études d’un enfant, n’est pas le même problème qu’un écart qui dure trente ans, jusqu’au début de la rente de retraite du survivant. Ce qui le comble doit être dimensionné en fonction de la durée, et pas seulement du manque annuel.

Les moyens de le combler sont en nombre fini et chacun a son propre calendrier. Le revenu d’emploi que le survivant peut gagner, l’épargne enregistrée dans laquelle il peut puiser avec les conséquences fiscales qui suivent, une option de conjoint survivant dans un régime de retraite d’employeur lorsqu’elle a été choisie, la succession elle-même une fois réglée, et le produit d’une assurance vie. Le calendrier les sépare nettement. Les prestations publiques arrivent des semaines ou des mois après le décès et une succession peut prendre bien plus longtemps, tandis qu’une réclamation sur un contrat comportant une désignation de bénéficiaire valide se règle généralement hors succession et bien plus tôt. C’est la raison pour laquelle la liquidité successorale se traite comme un sujet distinct de la valeur totale d’une succession.

Rien dans cet article ne désigne un produit particulier ni un montant particulier de quoi que ce soit. Le propos est plus étroit et plus utile que cela. Le chiffre public est connaissable dès aujourd’hui, sans frais, auprès de l’autorité qui finira par le verser, et un plan familial bâti sur une supposition à son sujet repose sur un montant presque toujours trop généreux.

Questions fréquentes

Le survivant continue-t-il simplement de toucher la rente de la personne décédée?

Non, et c’est la supposition qui cause le plus de tort. La rente de la personne décédée cesse. Une rente de survivant distincte est calculée à partir de celle-ci: 60 pour cent de la rente de retraite du cotisant lorsque le survivant a 65 ans ou plus et ne touche aucune autre prestation du RPC, ou une portion forfaitaire plus 37,5 pour cent lorsqu’il a moins de 65 ans. Retraite Québec établit plutôt son montant par tranche d’âge. Dans les deux cas le résultat est une fraction, et elle est réduite de nouveau si le survivant a une rente à son nom.

Puis-je toucher une rente de survivant et ma propre rente de retraite en même temps?

Vous pouvez avoir droit aux deux, mais vous ne les recevrez pas en entier. Les deux sont combinées en un seul versement mensuel et le total combiné est soumis à un maximum, rajusté selon votre âge et selon les autres prestations que vous touchez. Le survivant déjà proche du maximum de la rente de retraite à son propre nom peut ne voir presque rien s’ajouter. Une planification qui additionne les deux droits produit un chiffre qui ne peut pas être versé.

La rente de survivant est-elle imposable?

Oui. La rente de survivant est un revenu imposable entre les mains de la personne qui la reçoit, dans les deux régimes, et elle s’ajoute à ses autres revenus de l’année. Aucun impôt n’est retenu à la source à moins que le survivant ne le demande, de sorte que celui qui ne fait rien peut se retrouver avec un solde à payer au moment de produire sa déclaration. La rente pour enfant est imposable entre les mains de l’enfant, et la prestation de décès l’est pour la succession ou pour la personne qui la reçoit.

Combien de temps ai-je pour faire la demande?

Faites-la immédiatement. Service Canada verse des paiements rétroactifs pour un maximum de 12 mois, qu’il décrit comme 11 mois plus le mois de la demande. Retraite Québec verse la rétroactivité jusqu’à 11 mois à compter de la réception de la demande. La prestation de décès québécoise peut être réclamée pendant cinq ans, mais pas la rente de survivant. Le droit antérieur à la période rétroactive n’est pas retardé, il est perdu.

Les conjoints de fait sont-ils admissibles?

Oui, mais selon des tests différents. Le régime fédéral exige que vous ayez vécu avec le cotisant dans une relation conjugale pendant au moins un an. Retraite Québec exige trois ans de vie commune, réduits à un an lorsqu’un enfant est né ou est à naître de l’union ou qu’un enfant a été adopté, et le conjoint de fait ne peut rien réclamer lorsque la personne décédée était mariée à une autre personne ou unie civilement à une autre personne. Attendez-vous à devoir prouver la période de vie commune par des documents.

Que se passe-t-il si nous étions séparés sans être divorcés?

Au régime fédéral, le conjoint légalement séparé peut encore être admissible lorsque la personne décédée n’avait pas de conjoint de fait. Une exception s’y ajoute: lorsqu’une demande de partage des crédits a été reçue et approuvée en janvier 2025 ou plus tard à l’égard du même cotisant décédé, le conjoint séparé perd la rente de survivant, à moins que le couple ne se soit réuni et n’ait vécu ensemble au moins douze mois avant le décès. Au Québec, la séparation légale met fin au droit du conjoint marié ou uni civilement.

Un ex-conjoint divorcé reçoit-il quelque chose?

Pas de rente de survivant. Le divorce met fin au statut dont dépend cette rente. Ce que la loi prévoit plutôt pour l’ancien conjoint est le partage des cotisations faites pendant la relation, appelé partage des crédits au fédéral et partage des gains inscrits au Québec, et cela se règle à la fin de la relation plutôt qu’au décès. Cela modifie la future rente de retraite de l’ancien conjoint, et non un droit sur la personne décédée.

Mes enfants continueront-ils de recevoir quelque chose après 18 ans?

Cela dépend entièrement du régime qui paie. Au fédéral, l’enfant de 18 à 25 ans qui fréquente à temps plein une école ou une université reconnue continue de recevoir le taux forfaitaire, et celui qui fréquente à temps partiel en reçoit la moitié, le versement cessant à 25 ans. Au Québec, la rente d’orphelin prend fin lorsque l’enfant atteint 18 ans, sans prolongation pour les études. C’est l’écart le plus large entre les deux régimes.

La prestation de décès paiera-t-elle les funérailles?

Dans la plupart des cas, non. C’est un montant forfaitaire fixe versé une seule fois plutôt qu’une part de quoi que ce soit, et il n’a pas suivi le coût réel des funérailles. Traitez-le comme une contribution partielle. Notez aussi la différence de procédure: Service Canada demande une demande dans les 60 jours, alors que Retraite Québec accorde la priorité pendant 60 jours à la personne qui a payé les frais funéraires, puis ouvre la prestation au premier demandeur.

Et si la personne décédée avait cotisé aux deux régimes?

Les cotisations faites dans les deux régimes sont reconnues. Un seul régime administre la demande et paie pour le compte des deux, de sorte que la vie active est comptée une fois et que rien n’en est perdu. Vous faites une seule demande plutôt que deux. L’autorité qui traite le dossier est déterminée par les règles habituelles de résidence et de cotisation, et Retraite Québec ou Service Canada confirmera laquelle s’applique à un dossier donné.

Comment savoir ce que mon ménage recevrait réellement?

Demandez-le à l’autorité qui paierait. Retraite Québec et Service Canada fournissent chacune un relevé de participation qui montre les gains et les cotisations sur lesquels toute prestation sera calculée, et chacune publie les montants courants ainsi que les règles du maximum combiné. C’est la seule source fiable. Tout chiffre cité de mémoire, par un collègue ou tiré d’un article général, y compris celui-ci, est un point de départ et non une réponse.

Cela devrait-il changer ce qu’un ménage fait dès maintenant?

Cela devrait au moins changer ce que le ménage croit. Établissez le vrai chiffre du survivant, comparez-le aux dépenses annuelles, et regardez la taille et la durée de l’écart. Ce qui comble un écart de quatre ans n’est pas ce qui comble un écart de trente ans. Une fois l’écart mesuré, le choix entre le revenu d’emploi, l’épargne enregistrée, une option de régime d’employeur et l’assurance devient éclairé. Avant la mesure, chacun de ces choix est une supposition.

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Nous ne vendons ni ne partageons votre adresse. Le consentement est exigé par la Loi canadienne anti-pourriel et n’est jamais présumé.

À propos de l’auteur

Jose Salloum, conseiller en sécurité financière

Jose Salloum est conseiller en sécurité financière, autorisé par l’Autorité des marchés financiers (AMF) au Québec, par la Financial Services Regulatory Authority of Ontario (FSRA) et par l’Insurance Council of British Columbia. Autorisé depuis 2001, il accompagne des familles, des propriétaires d’entreprise et des professionnels incorporés canadiens.

Il est le fondateur du Centre canadien de création de patrimoine Inc. (CWCC), cabinet inscrit auprès de l’AMF, et de sa branche éducative financierecbi.com. Il détient le titre Infinite Banking Concepts® Authorized Practitioner du Nelson Nash Institute, une certification privée et non un permis réglementaire.

CWCC n’est pas inscrit auprès de l’OCRI et n’offre pas de conseils en valeurs mobilières. Cette page est de l’éducation générale et non un conseil sur un dossier individuel.

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Divulgations importantes

  1. Cette page est de l’éducation, pas un conseil. Le contenu est de l’information générale préparée par le Centre canadien de création de patrimoine Inc. Il ne tient pas compte de votre situation et ne constitue pas une recommandation d’acheter, de conserver ou de résilier un contrat. CWCC n’est pas inscrit auprès de l’OCRI et n’offre pas de conseils en valeurs mobilières. Le cabinet place de l’assurance au Québec, en Ontario, en Alberta, en Colombie-Britannique, au Manitoba et au Nouveau-Brunswick; ailleurs, les clients sont servis par des conseillers autorisés dans leur province.

    Rien ici n’a été écrit avec votre dossier sous les yeux. Lisez pour comprendre le sujet, puis jugez-le selon votre propre situation, idéalement avec une personne autorisée là où vous vivez et qui a vu vos chiffres.

  2. Le traitement fiscal dépend de votre situation. Le traitement fiscal décrit dépend du maintien du statut exonéré du contrat en vertu du Règlement de l’impôt sur le revenu et de la situation individuelle du lecteur. Un retrait, un rachat ou une avance sur police peut constituer une disposition au sens de la Loi de l’impôt sur le revenu, et les montants qui excèdent le coût de base rajusté peuvent être imposables l’année où ils surviennent. Les règles fiscales changent.

    Le résultat fiscal n’est ni automatique ni inconditionnel. Il repose sur le maintien du contrat à l’intérieur des règles canadiennes et sur votre propre situation. Avant de vous y fier, parlez à un comptable qui a réellement travaillé avec ces contrats.

  3. Les garanties viennent de l’assureur, pas du gouvernement. Les valeurs garanties d’un contrat d’assurance vie sont des engagements contractuels de l’assureur émetteur et dépendent de sa solidité financière et de sa capacité à payer les prestations. Les participations d’un contrat avec participation ne sont pas garanties; elles sont déclarées à la discrétion de l’assureur et peuvent changer. La protection des titulaires de contrat au Canada est assurée par Assuris, dans les limites qu’elle publie; l’assurance-dépôts ne s’applique pas aux contrats d’assurance.

    Les garanties écrites dans un contrat sont réelles, et elles sont celles de l’assureur. La participation n’est pas une garantie; c’est ce que l’assureur décide de déclarer chaque année. Sachez quels chiffres sont lesquels avant de bâtir un plan dessus.

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