Ce que l'OLHI peut et ne peut pas faire
Par José Salloum, conseiller en sécurité financière | Octobre 2026
Le présent article est de la formation générale portant sur ce que publient l’Agence de la consommation en matière financière du Canada et l’Autorité des marchés financiers, lus en septembre 2026. Ce n’est pas un conseil et cela ne décrit le processus d’aucun assureur. Aucun délai de paiement n’y est énoncé, pour la raison exposée dans l’article.
En clair: ceci est de l’information générale, pas une recommandation. Ce qui vous convient dépend de circonstances que nous n’avons pas vues, et c’est à cela que sert une première conversation.
Points clés
- L'OLHI, l'ombudservice de l'assurance vie et maladie, examine les plaintes en assurance vie et maladie sans frais pour les consommateurs partout au Canada, en français et en anglais. Son adresse est olhi-oap.ca; l'ancienne adresse olhi.ca y redirige.
- L'OLHI n'ouvre rien avant que le consommateur ait utilisé le processus interne de plainte de l'assureur et obtenu sa position finale écrite. Lorsque l'assureur n'a pas répondu dans un délai de quatre-vingt-dix jours, ce silence est la seconde porte d'entrée, et l'OLHI communiquera avec l'assureur.
- Quatre étapes: l'évaluation initiale par un examinateur, un analyste des plaintes qui obtient le dossier, un agent de l'ombudservice qui peut négocier ou émettre une recommandation de règlement, puis un agent décisionnel principal si l'assureur la rejette.
- La recommandation de règlement n'est expressément pas contraignante et un assureur peut la refuser. L'OLHI ne peut pas ordonner le paiement d'une réclamation. Le lecteur qui arrive en attendant une ordonnance se prépare pour la mauvaise chose.
- Deux délais publiés: une cible de quarante-cinq jours à l'étape de la recommandation de règlement, et un objectif de conclure la plupart des plaintes dans les cent vingt jours suivant l'accusé de réception écrit.
- La conduite du conseiller est exclue de l'OLHI, avec les régimes de services administratifs seulement, les produits non canadiens, les affaires devant un tribunal, les plaintes d'entreprises, les règlements déjà acceptés et les différends sur le paiement d'un professionnel de la santé. La conduite relève de l'AMF au Québec, de la FSRA en Ontario, ou de l'Insurance Council of British Columbia.
La plupart des gens s'adressent à un ombudservice en croyant qu'il obligera l'assureur à payer. Il ne le fera pas. L'OLHI peut obtenir le dossier, lire le contrat, négocier et émettre une recommandation de règlement, et cette recommandation n'est expressément pas contraignante pour l'assureur. Ce fait publié devrait changer la façon dont une plainte se prépare, parce que préparer un dossier pour convaincre quelqu'un n'est pas la même chose que préparer un dossier pour faire exécuter une ordonnance. La seconde démarche n'a nulle part où aboutir ici. Savoir ce que chaque organisme ne peut pas faire, c'est la moitié utile de la carte.
Ce qu'est l'OLHI, et ce qu'il couvre
L'OLHI est l'ombudservice de l'assurance vie et maladie. Son site indique que ses services sont gratuits pour les consommateurs partout au Canada, qu'il travaille en français et en anglais, et qu'il couvre uniquement l'assurance vie et l'assurance maladie. L'assurance de dommages, l'assurance automobile et tout ce qui se situe hors de l'assurance vie et maladie relèvent d'autres organismes.
Une précision pratique d'abord. L'adresse olhi.ca redirige maintenant vers olhi-oap.ca. Les anciennes lettres et les anciens signets portent encore la première adresse et vous mèneront au bon endroit, mais l'adresse à citer est olhi-oap.ca, consultée le 1 octobre 2026.
L'OLHI n'est pas un organisme de réglementation. Il ne délivre aucun permis, ne sanctionne personne et n'écrit aucune règle pour les assureurs. Il examine un désaccord entre un consommateur et un assureur portant sur une question d'assurance vie ou maladie, et il travaille à un règlement. Voilà tout son mandat, et les exclusions décrites plus loin en marquent les bords.
Rien ne commence avant que l'assureur ait fini
L'OLHI indique que le consommateur doit d'abord utiliser le processus interne de plainte de l'assureur et obtenir sa position finale écrite. Ce document est la clé de la porte. L'étape un est une vérification d'admissibilité faite au regard de la lettre de position finale, de sorte qu'une plainte qui arrive sans cette lettre n'a rien à quoi être comparée.
Il existe une seconde voie d'entrée. L'OLHI indique qu'un consommateur peut s'adresser à lui après quatre-vingt-dix jours sans réponse de l'assureur, et qu'il communiquera avec l'assureur qui n'a pas répondu dans ce délai. Les deux déclencheurs sont donc une position finale dont le consommateur est insatisfait, ou un silence qui a dépassé quatre-vingt-dix jours.
Le Québec se distingue, et la différence mérite d'être nommée. L'AMF publie qu'une entreprise ayant des activités au Québec doit une réponse finale écrite dans les soixante jours, en vertu d'un règlement en vigueur depuis le 1 juillet 2025. C'est plus court que les quatre-vingt-dix jours que l'OLHI applique à l'échelle nationale. Le lecteur québécois dispose de l'échéance la plus rapprochée pour tenir l'entreprise, tandis que le délai de quatre-vingt-dix jours gouverne la voie nationale vers l'OLHI.
Les quatre étapes, dans l'ordre
L'étape un est une évaluation initiale par un examinateur, qui vérifie l'admissibilité au regard de la lettre de position finale de l'assureur et peut demander au consommateur une autorisation pour obtenir des documents auprès de l'assureur. Cette autorisation est courante, et c'est par elle que le dossier avance.
L'étape deux confie l'affaire à un analyste des plaintes, qui obtient le dossier de l'assureur, examine le contrat et les documents, puis tente une négociation informelle ou fait monter l'affaire d'un cran. C'est là que le libellé du contrat est lu en regard de ce que l'assureur a décidé.
L'étape trois fait intervenir un agent de l'ombudservice, qui peut négocier ou émettre une recommandation de règlement; l'OLHI annonce à cette étape une cible de quarante-cinq jours. L'étape quatre existe pour une seule raison: si l'assureur rejette la recommandation, un agent décisionnel principal peut poursuivre l'enquête et la négociation. Pour l'ensemble du processus, l'OLHI annonce un objectif d'examiner et de conclure la plupart des plaintes dans les cent vingt jours suivant la date à laquelle il accuse réception de la plainte par écrit.
La recommandation n'est pas contraignante, et c'est le coeur de la question
L'OLHI indique expressément que sa recommandation n'est pas contraignante et qu'un assureur peut la refuser. L'étape quatre est la réponse publiée à une recommandation refusée: plus d'enquête, plus de négociation, par un agent plus expérimenté. Ce n'est pas un appel devant un organisme ayant le pouvoir de contraindre, puisqu'aucun tel pouvoir n'apparaît dans le processus publié.
Pour la préparation, cela est très concret. La persuasion est le seul instrument. Le dossier, le libellé du contrat, les dates, les documents médicaux ou financiers et un récit écrit clair des événements sont ce dont dispose un agent, et c'est de cela qu'une recommandation sera faite. Un discours sur l'équité n'actionne aucun levier.
L'OLHI ne publie pas la fréquence à laquelle les assureurs acceptent ses recommandations, ni ce qu'il advient d'une plainte lorsque l'assureur refuse après l'étape quatre. Ce silence est en soi un constat. Le lecteur qui pèse l'énergie à investir, ou qui se demande s'il doit consulter un avocat au sujet d'un recours judiciaire, décide sans ce chiffre, parce que ce chiffre n'est pas publié.
Une situation travaillée: deux plaintes nées d'une seule expérience
Dominique, qui habite Laval, détient un contrat d'assurance maladie et voit une réclamation de traitement refusée. Elle se plaint à l'assureur, attend, et reçoit une position finale écrite qui maintient la décision. Elle est insatisfaite, elle détient donc le document que la première étape de l'OLHI vérifie. Sa plainte contient aussi un second élément: elle croit que la personne qui lui a vendu le contrat lui a dit que le traitement était couvert et ne lui a jamais montré l'exclusion.
Ce sont deux affaires. La lecture du contrat est le sujet de l'OLHI; elle peut l'y porter sans frais, autoriser l'OLHI à obtenir son dossier et attendre selon les cibles publiées. Ce qu'elle ne peut pas obtenir de l'OLHI, c'est une ordonnance. Le second élément, ce qu'elle dit s'être fait dire, relève de la conduite du conseiller, que l'OLHI exclut: au Québec cela va à l'AMF, en Ontario à la FSRA après la lettre de position finale, en Colombie-Britannique à l'Insurance Council of British Columbia, par écrit, avec les deux noms complets, une chronologie et ses documents. Aucun de ces organismes ne peut payer sa réclamation. Savoir si un recours judiciaire lui est ouvert est une question pour un avocat. Il s'agit d'une situation travaillée, non d'un client, et aucun résultat n'est promis.
Ce que l'OLHI n'examinera pas
Les exclusions publiées sont précises. L'OLHI n'examine pas les régimes de services administratifs seulement, les produits non canadiens, la conduite du conseiller, les affaires devant un tribunal, les plaintes d'entreprises, les règlements que le consommateur a déjà acceptés, ni les différends portant sur le paiement d'un professionnel de la santé.
Deux de ces exclusions méritent un second regard. Un règlement déjà accepté est clos: signer une acceptation ferme la voie de l'OLHI, quoi que le lecteur conclue plus tard sur le montant. Et une affaire devant un tribunal est exclue, ce qui veut dire que le consommateur qui entame une procédure judiciaire a quitté ce chemin plutôt que d'en ajouter un second.
L'exclusion dont la portée est la plus large est celle de la conduite du conseiller. Si la plainte porte sur un assureur qui a mal lu un contrat, c'est le sujet de l'OLHI. Si elle porte sur la personne qui a vendu le contrat et qui aurait dit une chose fausse, présenté un produit de manière trompeuse ou omis de divulguer sa rémunération, il s'agit de conduite, et cela relève d'un organisme de réglementation. Beaucoup de lecteurs décrivent une seule mauvaise expérience qui contient les deux, et une telle affaire doit être envoyée à deux endroits.
Où va la conduite, et ce que chaque organisme ne peut pas faire
La FSRA, l'autorité de réglementation des services financiers de l'Ontario, publie pour cette province une voie en trois étapes: l'agent des plaintes de l'assureur, qui aboutit à une lettre de position finale; ensuite l'OLHI; ensuite la FSRA, qui exige cette lettre avant d'agir. La FSRA publie ses propres normes de service: une évaluation initiale dans les trois jours ouvrables, un contact d'un agent de conformité dans les dix jours ouvrables, et un objectif de terminer l'examen de quatre-vingts pour cent des plaintes dans les quatre-vingt-dix jours. Elle ne publie aucune norme pour les plaintes restantes. Elle dit aussi sans détour ce qu'elle ne peut pas faire: elle ne peut pas régler un désaccord portant sur un contrat, ni accorder un remboursement, ni obtenir une indemnisation.
En Colombie-Britannique, l'Insurance Council of British Columbia enquête sur les représentants, vendeurs, experts en sinistres, agences et cabinets titulaires d'un permis, et les sanctionne en cas de manquement aux règles du Council, au code de conduite ou à la Financial Institutions Act. Sa propre liste de ce qu'il ne peut pas faire est longue: il ne peut pas ordonner le paiement d'une réclamation, rembourser des primes ou des frais, accorder une restitution, traiter un litige de réclamation, ni interpréter un contrat. Il n'encadre pas les compagnies d'assurance, qui relèvent de la BC Financial Services Authority. Une plainte doit être faite par écrit, avec les deux noms complets, une chronologie des événements et les documents à l'appui, et le Council ne publie aucun délai de prescription pour la déposer, de sorte qu'un lecteur ne peut compter sur aucune fenêtre particulière, ni ouverte ni fermée.
Lus ensemble, les trois dessinent une forme nette. L'OLHI peut obtenir un dossier, lire un contrat et recommander un règlement, et il ne peut pas l'imposer. La FSRA peut évaluer, assigner un agent de conformité et agir sur la conduite, et elle ne peut pas interpréter un contrat, rembourser ni indemniser. Le Council peut enquêter et sanctionner un titulaire de permis, et il ne peut pas toucher à l'argent. Au Québec, c'est l'AMF qui reçoit la plainte de conduite, et une entreprise ayant des activités au Québec doit sa réponse finale écrite dans les soixante jours. Aucun des quatre ne peut ordonner le paiement d'une réclamation. Un tribunal peut le faire, et cela est une question pour un avocat, non pour ce cabinet.
Sources
- OLHI (ombudservice de l'assurance vie et maladie), Notre processus, consulté le 1 octobre 2026, https://olhi-oap.ca/en/complaints/our-process/
- OLHI (ombudservice de l'assurance vie et maladie), page d'accueil, consulté le 1 octobre 2026, https://olhi-oap.ca/en/
- OLHI (ombudservice de l'assurance vie et maladie), Plaintes, consulté le 1 octobre 2026, https://olhi-oap.ca/en/complaints/
- Autorité de réglementation des services financiers de l'Ontario (FSRA), How to resolve a life and health insurance complaint, consulté le 1 octobre 2026, https://www.fsrao.ca/consumers/life-and-health-insurance/how-resolve-life-and-health-insurance-complaint
- Insurance Council of British Columbia, Making a Complaint, consulté le 1 octobre 2026, https://www.insurancecouncilofbc.com/consumer-information/making-a-complaint/
- Autorité des marchés financiers (AMF), Traitement des plaintes par une entreprise, consulté le 1 octobre 2026, https://lautorite.qc.ca/en/professionals/obligations-and-administrative-procedures/complaint-examination/complaint-processing-by-a-business
Questions fréquentes
L'OLHI peut il obliger un assureur à payer ma réclamation?
Non. L'OLHI indique que sa recommandation de règlement n'est pas contraignante et qu'un assureur peut la refuser. Lorsque l'assureur la rejette, un agent décisionnel principal peut poursuivre l'enquête et la négociation, ce qui constitue la fin publiée du processus. Le tribunal est l'instance qui détient le pouvoir d'ordonner un paiement, et savoir si un recours judiciaire convient à une situation est une question pour un avocat.
Combien de temps prend l'OLHI?
L'OLHI publie deux délais. À l'étape où un agent de l'ombudservice peut négocier ou émettre une recommandation de règlement, la cible annoncée est de quarante-cinq jours. Pour l'ensemble de l'affaire, l'OLHI annonce un objectif d'examiner et de conclure la plupart des plaintes dans les cent vingt jours suivant la date à laquelle il accuse réception de la plainte par écrit. Ce sont des cibles publiées, non des garanties.
Et si l'assureur ne me répond jamais?
L'OLHI indique qu'un consommateur peut s'adresser à lui après quatre-vingt-dix jours sans réponse, et qu'il communiquera avec l'assureur qui n'a pas répondu dans ce délai. Au Québec, l'AMF publie une obligation plus courte: une entreprise ayant des activités au Québec doit une réponse finale écrite dans les soixante jours, en vertu d'un règlement en vigueur depuis le 1 juillet 2025.
Ma plainte porte sur la personne qui m'a vendu le contrat. L'OLHI s'en occupe il?
Non. La conduite du conseiller figure sur la liste publiée des exclusions de l'OLHI, avec les régimes de services administratifs seulement, les produits non canadiens, les affaires devant un tribunal, les plaintes d'entreprises, les règlements déjà acceptés et les différends sur le paiement d'un professionnel de la santé. La conduite va à un organisme de réglementation: l'AMF au Québec, la FSRA en Ontario, l'Insurance Council of British Columbia pour les titulaires de permis de cette province.
Existe t il un délai pour se plaindre à l'Insurance Council of British Columbia?
Le Council n'en publie aucun. Sa page expose ce sur quoi il enquête, ce qu'il ne peut pas faire et ce qu'une plainte écrite doit contenir, soit les deux noms complets, une chronologie des événements et les documents à l'appui. Elle n'énonce aucun délai de prescription. Comme aucun délai n'est publié, le lecteur ne doit présumer ni qu'une fenêtre est ouverte, ni qu'elle est fermée.
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