Détenir des actifs américains quand on est canadien
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Par José Salloum, conseiller en sécurité financière | Septembre 2026
Cet article est de l’information générale sur le traitement fiscal des biens américains détenus par un résident du Canada. Ce n’est pas un conseil fiscal, ce n’est pas un avis juridique, ce n’est pas un conseil en placement, et ce n’est pas une recommandation d’acheter ou de vendre quoi que ce soit. Le traitement transfrontalier dépend du dossier, du compte et de faits inconnus d’ici, et il doit être confirmé auprès d’un fiscaliste qualifié. Les références législatives et conventionnelles ont été lues le 8 septembre 2026 dans l’Internal Revenue Code, la convention fiscale entre le Canada et les États-Unis, la Loi de l’impôt sur le revenu et les publications de l’Agence du revenu du Canada, et toutes changent. Rien ici n’est une projection de rendement.
En clair: ceci est de l’information générale, pas une recommandation. Ce qui vous convient dépend de circonstances que nous n’avons pas vues, et c’est à cela que sert une première conversation.
À retenir
- Les actions d’une société américaine sont des biens américains peu importe où se trouve le certificat ou le compte de courtage, de sorte qu’un compte canadien ne fait pas disparaître les règles américaines.
- L’Internal Revenue Code impose 30 pour cent sur les dividendes de source américaine versés à un non-résident, perçus par retenue à la source. La convention entre le Canada et les États-Unis ramène ce taux à 15 pour cent pour les dividendes de portefeuille, et le formulaire W-8BEN est ce qui le réclame.
- Le paragraphe 2 de l’article XXI de la convention exonère un régime de retraite canadien de cette retenue sur les dividendes américains. Le CELI, le REEE et le CELIAPP ne sont pas des régimes de retraite à cette fin, de sorte que la retenue s’applique et qu’aucun crédit ne la récupère.
- Dans un compte non enregistré, l’impôt retenu est généralement admissible en crédit contre l’impôt canadien sur ce même revenu étranger, ce qui explique qu’un même placement donne des résultats nets différents selon le compte.
- Tout se déclare en dollars canadiens en vertu de l’article 261 de la Loi de l’impôt sur le revenu, de sorte que le taux de change à l’achat et celui à la vente entrent tous deux dans le gain en capital, et qu’un mouvement de devise peut à lui seul créer un gain imposable.
- L’exposition à la devise est une décision distincte de la décision de placement, et la couverture de change est un choix qui a un coût plutôt qu’une suppression gratuite du risque.
Le site traite déjà de ce qui arrive aux biens américains au décès d’un Canadien. Il n’a jamais traité de la question bien plus courante de ce qui arrive de son vivant, pendant qu’il les détient. Cette question n’a rien d’exotique. Tout Canadien qui possède une grande société technologique américaine, un fonds indiciel coté aux États-Unis, un condominium locatif en Floride ou quelques actions héritées d’un parent se trouve à l’intérieur d’un ensemble de règles écrites par deux pays et réconciliées par une convention entre eux. Ces règles déterminent quelle part d’un dividende arrive réellement, si le compte dans lequel il se trouve y change quelque chose, ce qui doit être déclaré à l’Agence du revenu du Canada et dans quelle monnaie, et si un formulaire dont la plupart des gens n’ont jamais entendu parler doit être produit. Sous tout cela se trouve une seconde décision, entièrement distincte du placement lui-même, portant sur la devise dans laquelle l’actif est libellé. Cet article passe chacun de ces éléments en revue.
Ce qui constitue un bien américain
La catégorie se définit par la source de l’actif et non par l’endroit où l’investisseur le conserve, et c’est précisément là que naissent la plupart des malentendus. Un immeuble situé aux États-Unis est un bien américain. Un bien meuble corporel physiquement situé là-bas est un bien américain. Surtout, pour l’investisseur ordinaire, les actions d’une société constituée aux États-Unis sont un bien américain en vertu de l’article 2103 de l’Internal Revenue Code combiné au règlement du Trésor 20.2104-1(a)(5), peu importe l’endroit où le certificat est détenu.
Cette dernière règle surprend ceux qui croient qu’un compte de courtage canadien constitue un bouclier. Il n’en est rien. Les actions d’une société américaine détenues dans un compte auprès d’une institution canadienne, libellées en dollars canadiens et achetées par un courtier canadien, demeurent des biens américains à ces fins. Le compte n’est que le contenant. L’action est la chose elle-même.
Certains éléments échappent à la catégorie. L’encaisse déposée auprès d’une institution financière américaine n’est généralement pas un bien américain aux fins successorales, en vertu de l’article 2105(b) du Code, lorsque le déposant est un non-résident qui n’y exploite pas d’entreprise. La plupart des intérêts obligataires américains versés à un non-résident échappent à la retenue grâce à l’exonération des intérêts de portefeuille prévue à l’article 871(h). Les actions d’une société canadienne sont des biens canadiens même lorsque la société tire la totalité de ses revenus des États-Unis.
L’exercice pratique consiste donc à regarder à travers le compte et à dresser la liste de ce qui est réellement détenu, selon la résidence de l’émetteur plutôt que selon la devise affichée sur le relevé ou l’adresse du courtier. Les investisseurs sont régulièrement surpris, dans un sens comme dans l’autre.
L’immeuble mérite une mention distincte, parce qu’il ajoute une obligation que les valeurs mobilières n’entraînent pas. Le Canadien qui loue un condominium en Floride ou en Arizona tire un revenu de source américaine d’un bien situé aux États-Unis, et ce revenu déclenche des obligations de retenue et de production du côté américain qui existent indépendamment de sa déclaration canadienne. Le même loyer sera ensuite déclaré au Canada, converti en dollars canadiens, avec un crédit pour l’impôt américain payé. C’est une double administration plutôt qu’une double imposition, mais c’est une administration réelle, et elle commence l’année où la première nuit est louée et non l’année où le bien est vendu.
La retenue sur les dividendes et le taux de la convention
L’article 871(a) de l’Internal Revenue Code impose un taux de 30 pour cent sur les dividendes de source américaine versés à un particulier étranger non-résident, et l’article 1441 en assure la perception en obligeant le payeur à retenir avant que l’argent ne quitte le pays. Il n’y a aucune déclaration à produire et aucun avis de cotisation à recevoir. Le dividende arrive simplement plus petit que le montant déclaré.
La convention fiscale entre le Canada et les États-Unis réduit ce taux. Le paragraphe 2(b) de l’article X le fixe à 15 pour cent du montant brut du dividende dans tous les cas autres que celui de la société admissible, ce qui correspond au cas de l’investisseur de portefeuille ordinaire. La réduction n’est pas automatique. C’est un avantage conventionnel, et le payeur ne l’applique que si le bénéficiaire effectif a attesté son statut.
Cette attestation est le formulaire W-8BEN, le certificat de statut étranger du bénéficiaire effectif aux fins de la retenue et de la déclaration aux États-Unis pour les particuliers. Les courtiers canadiens le recueillent normalement à l’ouverture du compte et le renouvellent selon un calendrier, ce qui explique que la plupart des investisseurs en aient signé un sans en retenir la portée. Il devient important lorsqu’il expire, lorsqu’un compte est transféré d’une institution à une autre, ou lorsque des actions sont détenues quelque part où personne ne l’a jamais demandé. Celui qui constate que le taux supérieur a été appliqué devrait d’abord vérifier si un formulaire à jour figure au dossier.
Lorsque la retenue a été prélevée à un taux supérieur à celui de la convention, l’excédent n’est pas une question fiscale canadienne et le Canada ne l’accordera pas en crédit. Le récupérer suppose de traiter avec l’autorité américaine, ce qui est lent, et le coût de la démarche dépasse fréquemment la somme en jeu. Garder le formulaire à jour est la forme de planification fiscale la moins coûteuse qui existe sur un placement américain.
Une précision s’impose sur la nature du formulaire, parce qu’elle inquiète inutilement. Le W-8BEN n’est pas une déclaration de revenus américaine et il ne crée aucune obligation fiscale aux États-Unis. Il atteste exactement le contraire: que le titulaire n’est pas une personne des États-Unis et qu’il réside dans un pays lié par une convention. Le formulaire équivalent pour une personne des États-Unis est le W-9, et c’est celui-là qui emporte des conséquences durables. Un Canadien qui aurait signé le mauvais formulaire, ou qui possède la citoyenneté américaine sans y avoir pensé, se trouve dans une situation entièrement différente de celle décrite ici et devrait consulter avant de faire quoi que ce soit d’autre.
Ce que le compte enregistré fait, et ne fait pas
C’est la partie qui surprend, et elle tient à une seule phrase de la convention. Le paragraphe 2 de l’article XXI exonère d’impôt dans l’autre pays les dividendes et les intérêts reçus par une fiducie, une société, un organisme ou un autre arrangement résident d’un pays, généralement exonéré d’impôt sur le revenu dans ce pays, et administré exclusivement aux fins d’administrer ou de fournir des prestations de pension, de retraite ou des avantages sociaux.
Le régime enregistré d’épargne-retraite et le fonds enregistré de revenu de retraite correspondent à cette description. Les dividendes américains versés dans l’un ou l’autre peuvent donc être reçus sans la retenue, ce qui constitue une économie véritable et permanente plutôt qu’un simple report.
Le compte d’épargne libre d’impôt ne correspond pas à cette description, parce qu’il n’est pas administré exclusivement pour fournir des prestations de retraite. Le régime enregistré d’épargne-études non plus, et le compte d’épargne libre d’impôt pour l’achat d’une première propriété non plus. Les dividendes américains versés dans l’un de ces comptes subissent la retenue au taux de la convention, et voici l’aiguillon: comme le Canada n’impose pas le revenu à l’intérieur de ces comptes, il n’existe aucun impôt canadien contre lequel réclamer un crédit pour l’impôt américain. La retenue est simplement perdue.
Il en résulte une conclusion que bien des investisseurs n’ont jamais entendue. La même action américaine versant un dividende est désavantagée dans un compte d’épargne libre d’impôt par rapport à un compte non enregistré, sur cette seule dimension. Cela ne signifie pas que le compte est le mauvais endroit une fois tout le reste pesé, mais c’est un coût réel et il appartient à la balance. Le sujet général est traité à la localisation des actifs, et les comptes eux-mêmes à les comptes enregistrés.
Là où l’exonération cesse de porter
L’exonération conventionnelle s’applique à l’arrangement qui reçoit le dividende. Lorsque l’investisseur détient directement une action américaine dans un régime de retraite, c’est le régime qui reçoit le dividende et l’exonération s’applique. Lorsque la même exposition est obtenue par l’entremise d’un fonds, une seconde couche apparaît, et l’exonération ne la traverse pas nécessairement.
Un fonds coté au Canada qui détient lui-même des actions américaines reçoit ces dividendes en son propre nom, et la retenue est appliquée au fonds. Ce qui parvient à l’investisseur est déjà net. Comme l’impôt a été payé par le fonds et non par le régime, l’exonération conventionnelle au niveau du régime n’a rien à quoi se rattacher. Détenir ce fonds dans un régime de retraite ne la récupère pas.
La structure du fonds compte donc autant que le compte dans lequel il se trouve, et le nombre de couches compte davantage que l’étiquette sur la page couverture. Un fonds canadien qui détient un fonds américain qui détient des actions américaines introduit un second point où l’impôt peut être prélevé. Rien de tout cela n’apparaît sur un relevé. Cela figure dans les documents du fonds, et c’est l’une des raisons de les lire. La comparaison générale des structures de fonds se trouve à fonds distincts, fonds négociés en bourse et fonds communs.
Rien de tout cela ne rend une structure bonne ou mauvaise. Cela rend la comparaison plus compliquée qu’un tableau de frais, ce qu’il vaut la peine de garder en tête chaque fois que deux fonds détenant des actifs apparemment identiques sont comparés sur le seul coût.
Le compte non enregistré et le crédit pour impôt étranger
Dans un compte non enregistré, le dividende américain est imposable au Canada à titre de revenu étranger. Il ne donne pas droit au crédit d’impôt pour dividendes canadien, réservé aux dividendes de sociétés canadiennes imposables, de sorte qu’il est imposé moins favorablement qu’un dividende canadien de même taille. C’est une différence structurelle qu’aucun choix de compte n’efface.
Contre cet impôt canadien, l’impôt américain déjà retenu peut généralement être réclamé à titre de crédit fédéral pour impôt étranger, déclaré à la ligne 40500 et calculé sur le formulaire T2209. L’Agence du revenu du Canada décrit ce crédit comme le moindre de l’impôt étranger payé et de l’impôt canadien autrement payable sur le revenu net provenant de ce pays, de sorte que le crédit soulage la double imposition sans transformer l’impôt étranger en remboursement.
C’est le montant brut, et non le montant net, qui figure dans la déclaration canadienne, la retenue étant réclamée séparément à titre de crédit. Ne déclarer que ce qui a été déposé dans le compte sous-estime le revenu et fait perdre le crédit du même coup. Le courtier canadien déclare généralement les deux chiffres sur le feuillet, et les deux doivent servir. La comparaison des différents types de revenus de placement une fois cela pris en compte se trouve à l’imposition des revenus de placement.
Tout se déclare en dollars canadiens
L’article 261 de la Loi de l’impôt sur le revenu exige que les montants pertinents au calcul de l’impôt canadien soient déclarés en monnaie canadienne, convertis au taux de change au comptant applicable au jour où le montant a pris naissance. L’Agence du revenu du Canada explique la mécanique dans le folio de l’impôt sur le revenu S5-F4-C1 et accepte le taux de la Banque du Canada, un taux moyen annuel étant admis pour les flux de revenus reçus régulièrement au cours de l’année.
La conséquence pour l’investisseur ordinaire est qu’aucun chiffre américain figurant sur un relevé n’est le chiffre qui va dans la déclaration. Un dividende reçu en dollars américains est converti au jour de sa réception. L’impôt retenu est converti de la même manière. Un achat est converti au taux du jour de l’achat et une vente au taux du jour de la vente, et ce sont deux taux différents.
Il s’agit de tenue de livres et non de stratégie, mais d’une tenue de livres qui doit se faire au fur et à mesure. Reconstituer après coup des années de conversions à partir de relevés qui n’affichent que des dollars américains est l’un des exercices comptables les plus coûteux qui soient, et la solution de rechange est un chiffrier mis à jour au moment de chaque opération.
Ce que la tenue de livres doit contenir est court et toujours le même. La date de chaque opération, le montant en dollars américains, le taux utilisé et sa source, et le montant converti en dollars canadiens. Pour un titre acheté en plusieurs fois, il faut aussi le coût moyen rajusté en dollars canadiens, recalculé à chaque achat, parce que le coût fiscal canadien d’un titre américain n’est pas la moyenne des prix américains convertie une seule fois à la fin. Les courtiers canadiens fournissent de plus en plus cette information, mais elle demeure la responsabilité du contribuable, et les relevés changent de format ou disparaissent lorsqu’un compte est transféré d’une institution à une autre.
Comment la devise entre dans le gain en capital
Parce que les deux extrémités de l’opération sont converties, le taux de change se trouve à l’intérieur du gain en capital, que l’investisseur l’ait voulu ou non. Le produit de disposition est le prix de vente américain converti au taux du jour de la vente. Le coût est le prix d’achat américain converti au taux du jour de l’achat. Le gain est la différence entre ces deux chiffres canadiens.
Le résultat peut être contre-intuitif dans les deux sens. Une action qui a baissé en dollars américains peut tout de même produire un gain en capital imposable au Canada si le dollar canadien s’est suffisamment affaibli pendant la période de détention. Une action qui a monté en dollars américains peut produire un gain plus petit que prévu, ou une perte, si le dollar canadien s’est raffermi. Ni l’un ni l’autre de ces résultats n’est une erreur. C’est ce que signifie déclarer en dollars canadiens.
La même logique vaut pour un solde de trésorerie détenu en dollars américains. Convertir des dollars américains en dollars canadiens constitue en soi une disposition de bien, et cela peut produire un gain ou une perte mesuré en dollars canadiens, même si une règle de minimis modeste écarte les petites opérations personnelles. L’inclusion d’un gain en capital dans le revenu est traitée à le taux d’inclusion du gain en capital.
Le formulaire de déclaration des biens étrangers
Le formulaire T1135, le bilan de vérification du revenu étranger, est un formulaire de déclaration et non un impôt. Il est exigé lorsqu’un résident du Canada a détenu des biens étrangers déterminés dont le coût total dépassait un seuil prescrit à un moment quelconque de l’année. Le seuil est indiqué sur le formulaire et sur la page que l’Agence du revenu du Canada lui consacre, et il est demeuré inchangé assez longtemps pour qu’on tienne pour acquis qu’il ne bougera jamais, ce qui est exactement la raison de le lire plutôt que de s’en souvenir.
Deux caractéristiques de la règle prennent les gens au dépourvu. Le critère porte sur le coût et non sur la valeur actuelle, de sorte qu’un actif qui a beaucoup progressé peut demeurer sous le seuil alors qu’un actif acheté récemment le franchit. Et le critère porte sur le total de tous les biens étrangers déterminés, et non sur un placement pris isolément, de sorte que plusieurs positions modestes peuvent franchir le seuil ensemble sans qu’aucune ne paraisse importante seule.
Les actions d’une société non-résidente sont des biens étrangers déterminés même lorsqu’elles sont détenues dans un compte auprès d’une institution canadienne, ce qui reprend le même principe de transparence que tout le reste de cet article. Les biens détenus dans un régime enregistré sont exclus, tout comme les biens à usage personnel, par exemple une résidence de vacances utilisée personnellement, et tout comme les biens utilisés dans l’exploitation d’une entreprise active. Un second seuil, plus élevé, sépare la méthode de déclaration simplifiée de la méthode détaillée.
Les pénalités pour défaut de production sont importantes et elles ne sont pas proportionnelles à l’impôt en jeu, puisqu’il n’y a fréquemment aucun impôt en jeu. C’est un formulaire dont la production ne coûte rien et dont l’oubli coûte beaucoup, et l’investisseur qui s’approche du seuil devrait simplement poser la question à son comptable chaque année plutôt que de trancher seul.
Le guide de référence
Commencez ici: toute la stratégie en une page
Ce que c’est, comment cela fonctionne au Canada, ce que cela coûte, ce que cela risque, combien de temps cela prend et à qui cela ne convient pas.
Lire le guideLa devise est une seconde décision, pas une partie de la première
Le Canadien qui achète une société américaine prend deux décisions à la fois, et n’en considère habituellement qu’une seule. La première est de savoir s’il veut posséder cette entreprise. La seconde est de savoir s’il veut porter une exposition au dollar américain contre le dollar canadien aussi longtemps que la position sera détenue. Ce sont des décisions indépendantes et elles peuvent être justes ou fausses dans n’importe quelle combinaison.
Sur une longue période de détention, l’apport de la devise n’est pas négligeable et il n’est pas systématiquement positif. Le dollar canadien a passé de longues périodes tantôt au-dessus, tantôt au-dessous de sa moyenne de longue durée face au dollar américain, et ces périodes se mesurent en années plutôt qu’en trimestres. L’investisseur qui achète après un long recul du dollar canadien achète cher son exposition américaine, celui qui achète après une longue progression fait l’inverse, et ni l’un ni l’autre ne peut le savoir d’avance avec précision.
Il existe une simplification honnête. Le ménage dont les dépenses futures seront en dollars canadiens a des engagements en dollars canadiens, et détenir des actifs en devise étrangère contre ces engagements crée un décalage qu’il faut justifier plutôt que présumer. Le ménage qui compte passer une partie de sa retraite aux États-Unis a une autre réponse, parce qu’une partie de ses dépenses futures est libellée dans la devise qu’il détient.
Il faut se méfier aussi d’un raccourci fréquent. Détenir un fonds libellé en dollars canadiens ne signifie pas être à l’abri du dollar américain. Si le fonds détient des actions américaines sans couverture, l’exposition à la devise est présente en entier, quelle que soit la monnaie affichée sur le relevé. L’inverse est vrai également: un fonds négocié en dollars américains peut être couvert et ne comporter presque aucune exposition nette. La devise de négociation d’une part de fonds et l’exposition économique de son contenu sont deux choses distinctes, et seule la seconde compte pour un ménage qui dépensera en dollars canadiens.
Exposition couverte et exposition non couverte
Un fonds à devise couverte détient les mêmes actifs sous-jacents et y ajoute des contrats destinés à neutraliser le mouvement de la devise étrangère face au dollar canadien. L’objectif annoncé est de laisser à l’investisseur le rendement du marché sous-jacent sans le mouvement de la devise. Un fonds non couvert détient les actifs et laisse la devise là où elle tombe.
La couverture n’est ni gratuite ni exacte. Les contrats coûtent quelque chose à maintenir, la couverture est rétablie périodiquement et ne peut pas suivre parfaitement une exposition qui bouge sans cesse, et l’écart entre le résultat couvert et le résultat du marché sous-jacent sur de longues périodes est réel. Le coût et l’écart de suivi sont le prix du retrait de la devise, et les deux appartiennent à la comparaison au même titre que les frais de gestion, sujet traité à les frais de placement expliqués.
Il existe aussi une interaction avec la devise elle-même que l’on oublie souvent. L’exposition en devise étrangère s’est historiquement comportée comme un coussin partiel pour l’investisseur canadien pendant les reculs des marchés boursiers mondiaux, parce que le dollar canadien s’est souvent affaibli lors de ces épisodes et que l’actif étranger valait donc davantage en dollars canadiens au pire moment. La couverture retire ce coussin en même temps que le reste du mouvement de devise. Savoir si l’échange est avantageux dépend du ménage et non du fonds.
La position raisonnable pour la plupart des gens n’est ni l’une ni l’autre des convictions fortes. Décider délibérément, appliquer la décision de façon cohérente à l’ensemble du portefeuille plutôt que fonds par fonds, et la revoir lorsque la raison qui la soutenait change plutôt que lorsque la devise bouge.
L’exposition successorale qui se trouve dessous
Tout ce qui précède concerne la détention du bien. Il existe une exposition distincte qui se manifeste au décès, et c’est la raison pour laquelle les biens américains constituent un sujet à part entière en planification canadienne plutôt qu’un actif ordinaire.
Les États-Unis prélèvent un impôt successoral sur les biens américains d’une personne qui n’était ni citoyenne ni domiciliée chez eux, ce qui atteint les immeubles américains et les actions de sociétés américaines selon les règles de situs décrites plus haut. L’article XXIX B de la convention fiscale entre le Canada et les États-Unis prévoit un allègement pour un résident du Canada, y compris un crédit unifié calculé au prorata, et la mécanique est exposée dans l’article consacré à les biens américains dans une succession canadienne.
Ce qu’il faut retenir ici est seulement que les deux questions sont liées. La décision de détenir des actions américaines directement plutôt que par l’entremise d’un fonds canadien change la position quant à la retenue, et elle change aussi la position successorale, en sens inverse. Une structure efficace sur l’une peut être moins bonne sur l’autre, ce qui explique précisément que le choix relève d’un fiscaliste transfrontalier plutôt que d’une règle empirique.
Réunir le tout
Quatre questions couvrent l’essentiel du terrain pour la plupart des ménages. Qu’est-ce qui est réellement détenu, selon la résidence de l’émetteur plutôt que selon la devise du relevé. Dans quel compte chaque placement se trouve, et si l’exonération conventionnelle l’atteint. Si l’attestation de statut au dossier est à jour. Et si le coût total des biens étrangers s’approche du seuil de déclaration.
Vient ensuite la cinquième question, d’une autre nature. Quelle exposition au dollar américain le ménage veut porter face à des dépenses futures qui seront presque certainement en dollars canadiens, et si cette exposition existe parce qu’elle a été choisie ou parce que personne n’a regardé. Les règles fiscales ne répondent aucunement à cette question.
Rien de tout cela ne plaide pour ou contre la détention d’actifs américains. Beaucoup de portefeuilles canadiens devraient en détenir et les raisons en sont ordinaires. Cela plaide pour le fait que cette détention fait entrer un second pays dans le dossier, et que le second pays n’envoie pas de rappel.
Questions fréquentes
Pourquoi de l’impôt est-il prélevé sur mes dividendes américains avant que je les reçoive?
L’article 871(a) de l’Internal Revenue Code impose à 30 pour cent les dividendes de source américaine versés à un non-résident, et l’article 1441 en assure la perception en obligeant le payeur à retenir à la source plutôt qu’en vous demandant de produire une déclaration. La convention entre le Canada et les États-Unis ramène le taux à 15 pour cent sur les dividendes de portefeuille au paragraphe 2(b) de l’article X, mais seulement si vous avez attesté votre statut sur le formulaire W-8BEN. Sans formulaire à jour, le taux supérieur s’applique.
Détenir des actions américaines dans un REER évite-t-il la retenue?
Généralement oui, lorsque les actions sont détenues directement. Le paragraphe 2 de l’article XXI de la convention exonère d’impôt dans l’autre pays, sur les dividendes et les intérêts, un arrangement canadien administré exclusivement aux fins d’administrer ou de fournir des prestations de pension ou de retraite, ce qui vise le REER et le FERR. L’exonération s’applique au régime qui reçoit le dividende, de sorte qu’elle ne traverse pas un fonds coté au Canada qui a lui-même reçu ce dividende.
Et le CELI?
Le compte d’épargne libre d’impôt n’est pas administré exclusivement pour fournir des prestations de retraite, il se situe donc hors du paragraphe 2 de l’article XXI et le taux de retenue de la convention s’applique aux dividendes américains qui y sont versés. Comme le Canada n’impose pas non plus ce revenu, il n’existe aucun impôt canadien contre lequel réclamer un crédit pour impôt étranger, de sorte que le montant retenu est un coût permanent. Le même raisonnement vaut pour le REEE et pour le CELIAPP.
Puis-je récupérer l’impôt américain dans un compte non enregistré?
Pas le récupérer, mais généralement l’obtenir en crédit. Dans un compte non enregistré, le dividende est imposable au Canada à titre de revenu étranger, et l’impôt américain retenu peut habituellement être réclamé comme crédit fédéral pour impôt étranger à la ligne 40500 au moyen du formulaire T2209. L’Agence du revenu du Canada limite le crédit au moindre de l’impôt étranger payé et de l’impôt canadien autrement payable sur le revenu provenant de ce pays, de sorte qu’il soulage la double imposition sans produire un remboursement.
Quel taux de change dois-je utiliser pour ma déclaration?
L’article 261 de la Loi de l’impôt sur le revenu exige une déclaration en monnaie canadienne au taux de change au comptant applicable au jour où le montant a pris naissance, et l’Agence du revenu du Canada explique la mécanique dans le folio S5-F4-C1 et accepte le taux de la Banque du Canada. Un taux moyen annuel peut servir pour un revenu reçu régulièrement au cours de l’année. Un achat et une vente utilisent chacun le taux de leur propre date.
Puis-je réaliser un gain imposable sur une action qui a baissé?
Oui, et ce n’est pas une erreur. Le gain se calcule en dollars canadiens: le produit de disposition utilise le taux du jour de la vente et le coût utilise celui du jour de l’achat. Si le dollar canadien s’est affaibli pendant la période de détention davantage que l’action n’a reculé en dollars américains, les chiffres canadiens produisent un gain. L’inverse peut aussi se produire et transformer un profit américain en gain plus petit ou en perte.
Qui doit produire le formulaire T1135?
Le résident du Canada qui a détenu des biens étrangers déterminés dont le coût total dépassait un seuil prescrit à un moment quelconque de l’année. Le critère porte sur le coût et non sur la valeur marchande, et il porte sur le total de tous ces biens plutôt que sur un placement isolé. Les biens détenus dans un régime enregistré, les biens à usage personnel et les biens utilisés dans une entreprise active sont exclus. Lisez le seuil sur la page de l’Agence du revenu du Canada plutôt que de vous fier à votre mémoire.
Un compte de courtage canadien soustrait-il mes actions aux règles sur les biens étrangers?
Non. Les actions d’une société non-résidente sont des biens étrangers déterminés même détenues dans un compte auprès d’une institution canadienne, et les actions d’une société américaine sont des biens américains aux fins successorales où que se trouve le certificat. Le compte est un contenant et non un changement de résidence pour l’actif. C’est le même principe de transparence qui traverse les règles de retenue comme les règles de situs.
Devrais-je choisir un fonds à devise couverte?
C’est un véritable choix plutôt qu’une réponse évidente. Le fonds couvert vise à vous donner le marché sous-jacent sans la devise, au prix du maintien des contrats et de l’acceptation que la couverture ne peut pas suivre parfaitement une exposition qui bouge. Le fonds non couvert laisse l’exposition en place, ce qui a historiquement amorti les reculs des marchés mondiaux pour l’investisseur canadien. Décidez une fois, appliquez la décision à tout le portefeuille, et revoyez-la quand votre situation change.
Détenir des actifs américains a-t-il un effet sur ma succession?
Cela peut en avoir un. Les États-Unis prélèvent un impôt successoral sur les biens américains détenus par une personne qui n’était ni citoyenne ni domiciliée chez eux, ce qui atteint les immeubles américains et les actions de sociétés américaines. L’article XXIX B de la convention prévoit un allègement pour un résident du Canada, dont un crédit unifié calculé au prorata. La mécanique, les seuils et les obligations de production sont exposés séparément à les biens américains dans une succession canadienne.
Les intérêts obligataires américains sont-ils imposés comme les dividendes américains?
Habituellement non. La plupart des intérêts de source américaine versés à un non-résident échappent à la retenue grâce à l’exonération des intérêts de portefeuille prévue à l’article 871(h) de l’Internal Revenue Code, de sorte que le montant arrive généralement entier. Il demeure pleinement imposable au Canada à titre de revenu étranger, il doit toujours être converti en dollars canadiens, et les obligations demeurent des biens étrangers déterminés aux fins de déclaration lorsque le seuil est franchi.
À qui devrais-je poser la question pour ma propre situation?
À un fiscaliste transfrontalier qualifié et, pour tout ce qui touche un immeuble américain ou une succession, à un juriste qui connaît les deux systèmes. Les règles interagissent d’une manière qui dépend du compte, de la structure, de la taille du placement et de votre situation personnelle, et le coût d’une seule consultation est généralement bien inférieur au coût d’une structure efficace sur une dimension et coûteuse sur une autre.
Une rencontre découverte de trente minutes
Une première conversation permet d’établir si cette approche vous convient. Aucune illustration n’est préparée et rien n’est mis en place.
Souvent, la réponse est non, et vous l’entendrez pendant l’appel plutôt que dans une proposition envoyée ensuite.
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Divulgations importantes
Cette page est de l’éducation, pas un conseil. Le contenu est de l’information générale préparée par le Centre canadien de création de patrimoine Inc. Il ne tient pas compte de votre situation et ne constitue pas une recommandation d’acheter, de conserver ou de résilier un contrat. CWCC n’est pas inscrit auprès de l’OCRI et n’offre pas de conseils en valeurs mobilières. Le cabinet place de l’assurance au Québec, en Ontario, en Alberta, en Colombie-Britannique, au Manitoba et au Nouveau-Brunswick; ailleurs, les clients sont servis par des conseillers autorisés dans leur province.
Rien ici n’a été écrit avec votre dossier sous les yeux. Lisez pour comprendre le sujet, puis jugez-le selon votre propre situation, idéalement avec une personne autorisée là où vous vivez et qui a vu vos chiffres.
Le traitement fiscal dépend de votre situation. Le traitement fiscal décrit dépend du maintien du statut exonéré du contrat en vertu du Règlement de l’impôt sur le revenu et de la situation individuelle du lecteur. Un retrait, un rachat ou une avance sur police peut constituer une disposition au sens de la Loi de l’impôt sur le revenu, et les montants qui excèdent le coût de base rajusté peuvent être imposables l’année où ils surviennent. Les règles fiscales changent.
Le résultat fiscal n’est ni automatique ni inconditionnel. Il repose sur le maintien du contrat à l’intérieur des règles canadiennes et sur votre propre situation. Avant de vous y fier, parlez à un comptable qui a réellement travaillé avec ces contrats.
Les illustrations et les projections ne sont pas des prédictions. Les chiffres, exemples ou valeurs illustrées sont hypothétiques, servent à expliquer un mécanisme et ne prévoient pas le rendement d’un contrat. Les valeurs réelles seront différentes et peuvent être inférieures à celles montrées. Les barèmes de participation passés ne prédisent pas les barèmes futurs.
Un exemple montre comment les pièces bougent, pas ce que vous obtiendrez. Toute illustration réelle qu’on vous présente devrait d’abord être lue dans ses colonnes garanties.
Les propos sur les placements sont généraux et comparatifs. Les références à des produits, comptes ou rendements de placement servent à comparer et à expliquer. CWCC ne vend pas de valeurs mobilières et n’est pas inscrit auprès de l’OCRI. Les fonds distincts sont des contrats d’assurance; leurs garanties sont celles de l’assureur et s’appliquent seulement aux dates et selon les conditions écrites au contrat. Les rendements ne sont pas garantis et le capital peut être perdu.
Quand ce site compare un contrat à un placement, il décrit le fonctionnement de chacun; il ne vous dit pas lequel acheter. Les questions sur les valeurs mobilières relèvent d’une personne inscrite pour y répondre.